Les dossiers Musique du mois de Mai

Publié le par Gauthier

Bonjour à tous.

Il s'est récemment posé la question de savoir si de la musique devait apparaître sur dissidence. Je pense au fond que non. Mais comme j'en ai envie quand-même je donne deux trois raisons qui me poussent à vous emmerder avec ces quelques lignes.
- D'abord il faut défendre l'idée d'une écoute nouvelle de la musique. C'est à dire ne pas tomber dans le piège du phénomène "nouveauté". C'est pas dissident pour moi de faire de la pub pour un album qui vient de sortir, surtout quand c'est pour un album à chier de la Rumeur (je suis pas méchant, même pas déçu, c'est pour les besoins de l'argumentation).
- Ensuite se défaire de nos préjugés dissidents, sinon on écoute plus de musique, et c'est loin d'être l'idée. Y'a quand même pas que Zappa et les Béruriers Noirs, même si Miller et Cassidy sont parfois un peu cons, c'est vrai. Mais musicalement, ils sont parfois vraiment ailleurs ces gens là, et l'art est dissident, décidément. J'ai du mal à l'expliquer, mais un solo de Jimmy Page, ça vaut trois fois une dithyrambe de Martin Luther King.
- Enfin c'est une démarche qui ne va vraiment pas de soi d'écouter certaines choses avec un regard neuf, mais non néophyte. Prendre du temps pour bien écouter un album, et ne faire que ça. La musique est l'art que l'on consomme le plus. Et on le voit bien, plus on la consomme moins elle est de l'art. Se saisir d'une nouvelle approche moins pressée et distraite, c'est politique ça, c'est redonner sa place à l'art.
LES DOSSIERS DU MOIS DE MAI.

Kenny Burrell et Jimmy Smith
 

Titre
 
Blue Bash!
Personnel
 
George Duvivier/Mel Lewis/Milt Hinton
Date
 
Eté 1963
Genre
 
Jazz
"Kenny Burrell est par dessus tout le meilleur guitariste du monde et celui que je préfère." - B.B. King
"Burrell est le grand maître de la guitare jazz." - Dizzy Gillespie
"il n'existe pas de guitariste plus fin que Kenny Burrell" - George Benson
"Kenny Burrell, c'est le son que je cherche." - Jimi Hendrix
"Kenny Burrell est un musicien de génie et sa musique a fait de moi ce que je suis aujourd'hui." - Stevie Wonder
"Kenny Burrell est un de mes guitaristes préférés" - Pat Metheny
Jimmy Smith et Kenny Burrell sont, pour les vraiment pommés, un organiciste et un guitariste. J.S. est mort en 2005 et K.B. est devenu une figure emblématique, vieux sage du jazz, passioné d'Ellington, à qui il a souvent rendu hommage. Il a été le premier homme au monde à donner un cours universitaire sur un géant noir du Jazz (le duke, toujours)... Les deux sont amis et ont déjà enregistré ensemble pour la première fois en 1957, je crois. Lors de l'été 63, les deux compères se retrouvent pour des séances de jams un peu informelles. Et là, tout y est : la couleur, le son, la sensibilité. Ils décident d'enregistrer. 3 jours, dans 3 studios différents dit-on. Comme quoi peu de temps suffit pour enregistrer un chef d'oeuvre.
Mais les deux sont appliqués, et très sereins. L'ensemble est vraiment intense, plein d'émoi et de feeling. On sent vivre la musique, putain, c'est beau, vraiment.  Burrell a ce son bluesy inatteignable et un "swing-grove" divin. Il joue aussi au doigt, d'un velouté brillant et mat à la fois. Les critiques font toujours cette même remarque : J.S. a un son de guitare, et K.B. un son d'orgue. On les confond, ils se confondent. C'est un disque vraiment à la limite de l'érotisme, tant ils s'entendent, s'écoutent. L'art sublimé car il y a de l'amour et du respect. On ne dira pas que c'est novateur, pas d'un point de vue technique, oh non, ni même sur le plan harmonique, ça reste très civilisé. Mais il ne faut pas s'étendre la dessus. Ce qu'il faut retenir c'est la quintessance de l'élégance et du style. Un rapport à la musique sacrément beau.  Bref, à expérimenter : l'ambiance de malade, des studios feutrés d'une ville américaine endormie, une chaude nuit d'été. Intense est le mot.
 

Jeff Buckley

 
Titre
 
Born again from the Rythm
Personnel
 
Jeff Buckley et groupe (titres 1 et 2)
Date
 
Eté 1993
Genre
 
Rock, Folk

Vous savez tous (ou pas) ma passion pour J.B. Elle a connu un frein récemment lorsque je me suis rendu compte que j'avais tout entendu et lu de lui, officiel ou pas, et que même les quelques maxis de tournées rares et introuvables n'allaient plus m'étonner. Quand même c'est assez dur à admettre. On sait que Mary Guibert, sa mère, et Sony, ont encore quelques trucs à nous vendre mais ces enfoirés ont des stratégies pour faire monter la sauce, du genre, un film biographique, idée que Jeff aurait détesté. Pour le coup, Jeff était dissident, mais pas sa garce de mère qui amadoue les fans avec des newsletters puantes.
Je faisais un tour sur ebay quand je suis tombé sur un album non officiel baptisé "born again from the rythm" choix stupide "born again, font chier ouais" extrait  de Mojo Pin, qui n'est pas sur ce CD, de toute façon. Même les pirates sont des cons.
Le CD contenait, selon la description, des enregistrements non divulgués des sessions d'enregistrement de Grace, été 1993. Je croyais à une blague mais comme je suis fou, j'achetais. Trois mois après je le reçois, ouf ! (15 euros quand même, c'est 100 francs). Et là, la claque. Jeff seul au micro, qui se fait plaisir entre des séances plus sérieuses d'enregistrement, qui essaie, explore, tente des trucs. Un son de dingue, la telecaster étincelante, la voix suave et fragile, puissante et rageuse. Une claque donc, car même Hallelujah, que Jeff (et moi) méprisons un peu, prend une dimension dingue, et n'importe quelle personne aimant la version de l'album se doit d'écouter celle-là. Aucune de ces chansons n'a été publiée sur la version double (album + bonus) de Grace. Une aubaine donc, qu'il me faut diffuser à vous tous. C
LES DOSSIERS DU MOIS DE MAI CONTINUENT BIENTOT SUR LA GROSSE BLOGUE DE DISSIDENCE... ENCORE DEUX FOIS DEUX DOSSIERS ! A LA PROCHAINE !




Lire aussi :

Présentation du magistral album de Jeff Buckley,
Live at Sin'é


Publié dans Ecouter

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Pierrick 30/09/2009 09:32


A propos du Live At Sin-E, la reprise de The Way Young Lovers Do : "Another phenomenally high passage is in the jazz scat in " The Way Young Lovers Do" on Live at Sin-é. He actually gets into the
super-register, normally reserved for trumpets!" Wilkins, Kim "Mirko," 26 Oct 1998.


Pierrick 30/09/2009 09:28


http://www.jeffbuckley.com/rfuller/buckley/faq/07vocals.html un étudiant de l'Université de Queensland en musicaologie nommée Mirko a étudié la voix de Jeff. 4 octaves donc. ni plus ni moins, tout
est dit.


Pierrick 30/09/2009 09:16


La tessiture de Jeff Buckley parcourt bien 3,7 octaves, ce qui est rarissime dans la musique populaire. Je suis en musicologie et il n'y pas d'imosture à ce propos. Le live à l'Olympia est l'album
(live donc) le plus significatif à ce titre. Juste pour infirmer l'accusation de gonflage médiatique autour de l'album, il était dit qu'il avait 5 octaves, là oui c'est impossible


Pierrick 30/09/2009 09:13


mué


tidske 08/01/2008 22:46

Bonsoir gauthier
Je ne reviendrai pas sur la véracité et la sensibilité de ton discours sur le talent de jeff Buckley. Je veux juste pointer une bonne fois pour toute l'impossibilité pour être humain de chanter 4 octave. Les gens qui ont vendu Grace á l'époque ont tous insisté sur cette connerie. les sopranos et même les colatures n'ateigne pas 4 octave. Putain enfin pour faire 4 octave il pouvoir chanter le mi grave à vide de la corde mi de la guitare. E bien entendu le mi très égu de la 12 eme case de la corde mi egu. Jeff Buckley n'a jamais atteint le mi grave à vide de la guitare. Si oui donne nous la musique. En ce qui concerne le mi trés égu il a effleuré comme beaucoup de chanteur et ce n'est pas extraordinaire. En somme jeff buckley possède certes une voix haute mais il fait comme tout le monde 2 octaves. S'il atteint le troisiément c'est pendant un bref moment et non toute une chanson.
Alors lâcher avec ces sornettes sur des octaves de secoupe volantes.
Voila je me sent bien maintenant
chuis un fan inconditionnel de jeff de plus de 10 ans j'écoute les trois vrais album dont un pas tout à fait fini mais néanmoins sublime.