Grenoble. La manif sauvage réprimée.

Publié le par D i s s i d e n c e

Le désigné abstentionniste de la bande était dans la rue à Grenoble et s'est fait gazer la gueule hier dans la nuit. Dura de 21h à 1h du matin. Très bon travail des forces de l'ordre qui dès 20h45 virent "les anarchistes du siège de Carignon, le collabo local. Pourchassent les criminels jusque le plein centre où a lieu le grand rassemblement. Surprise les CRS et la BAC s'en vont. De là, on décide d'aller en banlieue "participer" aux émeutes. On se fait barrer la route par environ 300 CRS. Nous encerclent, nous gazent, sont partout. La BAC est survoltée. Vraiment nombreux, tabassent des types qui ont les mains dans les poches. Gros sentiment de révolte. Retour en plein centre par petits groupes, on parle à des RG, à des cons de flics au sourire narquois. L'un d'eux nous dit qu'on les fait bien rire depuis plus de deux heures, et qu'il n'aime pas les anarchistes. Un autre qu'il est en train de rater une série sur le cable, et qu'il aimerait bien aller se coucher. Après un moment ils nous cartonnent. Encerclé gazés, matraqués, il y en a pour tout le monde. Des arrêtés, il y en a. Et un mec qui s'est fait broyé les jambes, par une voiture de la BAC. On a croisé des gens choqués de voir comment ça partait. On a beaucoup parlé, avec des RG et des CRS, avec des anars, des socialistes, des sarkozystes... Des grosses têtes de flic. On a gueulé, etc.

 

Et puis soyez un peu tolérants. On croirait des socialistes putain ! Ca rime à quoi de culpabiliser les gens qui sont de votre côté ? QUI EST COUPABLE ? 

 

Et puis j'étais là, solidaire. On a parlé à des wesh, à des anars, et eux parlaient peu entre eux. Les wesh se foutaient de la gueule des anars. Y'a quand même des barrières de malade... Mais un peu d'espoir quand même parce qu'en s'y prenant bien, on parle aux wesh et hier c'est même eux qui m'ont tenu les "discours" les plus intéressants !

 

Après, je pense que les abstentionistes étaient au moins aussi légitimes que les votants. Nous, dès le départ on a pas accepté les règles du jeu, alors, on n'est pas des perdants. Ceux qui ont voté Ségolène ont accepté le jeu, ont joué, ont perdu. Ils ont joué à ce jeu démocratique, et on perdu légalement, légitimement. Il fallait être dupe pour croire que c'était possible.

 

Les votants SR qui étaient là hier sont de mauvais perdants. Mais je ne vous condamne pas, moi ! Merci d'être là, malgré tout, on est dans la même situation. On est unis, non ? Notre révolte était juste, c'était notre justification, face à celle du suffrage universel. Vous avez pensé que peut-être on pouvait le battre. Moi pas. Je ne pense pas hier qu'il y avait les abstentionnistes qui ont tout fait foiré et les autres qui se sont compromis dans le vote Royal, pour le bien des autres. Merde, il y a pas quelques voix de différence ! 2 600 000 voix, dit-on ! Et il fallait aller voter ?

 

Je pense que le débat ne tourne pas en la faveur des votants avec ce résultat. Il faudrait peut-être analyser comportements et conséquences. Un flic a dit que les anarchistes qui n'avaient pas voté étaient des cons parce qu'ils refusaient la démocratie, et que les autres étaient pas cons et qu'ils avaient cinq ans pour avaler "le suppositoire". Je crois que c'est équilibré, sur le fond ? On n'en pense pas moins, à dissidence?

Publié dans Agir

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Gauthier 08/05/2007 13:02

cap au pire !

Rehan 07/05/2007 17:41

Le post de Jeanne m'intéresse, c'est pourquoi je re-reviens...Entièrement d'accord sur l'idée qu'en ne votant pas tu résiste aussi. Je pense juste que c'est une résistance moins efficace dans certains contextes d'urgence."Sarko aurait bénéficié de ma légitimité. Et ça, même si ça ne vaut pas grand chose, ça compte énormément pour moi..."Voilà, je pense qu'il est là le noeud du problème. C'est que dans la réalité vécue par un ou une libertaire, c'est insupportable de voter. Or, moi j'ai tenté justement de dépasser ma réalité vécue, et j'ai constater que indépendemment de mon être, le coup de la légitimité ne change rien du tout, n'attaque presque pas le système. Cette flèche ne l'atteint pas, actuellement.D'ailleurs la question n'était pas ce jour là de contester un système d'organisation politique (démocratie de masse centralisée...) mais d'éviter qu'un dingue accède au pouvoir. Ce qui n'empêche pas de contester le Tout.Encore une fois, en 33, l'enjeu n'était pas de contester le système politique allemand. Il y avait un impératif d'urgence. Et je ne me verrais pas dire à des gens qui ont voté contre Hitler qu'ils ont été cons de lui donner leur légitimité. (ce que vous nous dîtes) ça avait beaucoup moins d'impact de s'abstenir que de voter contre lui.Si on est d'accord sur 33, alors on est d'accord sur le fait que la position abstentionniste doit être pensée en situation, et c'est l'essentiel. Après, pour 2007, c'est une différence d'appréciation de l'urgence, que je conçois très bien. On est d'accord théoriquement, mais on diverge dans la perception de la réalité, ce qui n'est pas un problème (un être/une perception/une réalité).Et j'ai jamais attaqué les personnes, et leur perception. Je débattais sur le terrain de la cohérence théorique.Ptet qu'en effet, nous autres votants, on s'est faits avoir par le spectacle anti-sarkoziste, etc. que la situation ne nécessitait pas le recours au vote. Moi je pense que des indicateurs concrets (le bras armé de l'Etat s'est musclé...) témoignent d'un effet nettement agravant de l'action de Sarkozy et de son courant, c'est pourquoi j'ai voté. Ptet que le recul me fera dire que j'm'ai krompé sur l'appréciation de 2007.En fait, je ne vois aucune différence avec le Non au TCE. J'avais voté contre, là j'ai voté contre le référundum "Voulez-vous de Sarkozy?". Pour moi c'est exactement pareil. Il y aurait eu Bayrou que ça n'aurait interféré en rien dans ma réflexion. En 2005 la plupart des anars que je connais ont voté "non". Si le "oui" était passé, des plus purs nous auraient dit "Vous avez donné votre légitimité à ce referundum truqué par les médias, maintenant assumez, vous avez joué, vous avez perdu". Eh bien je considère que ces gens sont dans l'erreur théorique, dans le purisme non-philosophique, indépendemment des résultats. Jamais les résultats chiffrés ne peuvent valider ou non le choix théorique, c'est la base d'une pensée rationnelle. Que le Oui ou le Non l'emporte on avait raison d'aller signer contre ce traité pourri.Pour moi c'est la même avec Sarkozy. Et là, avec lui justement, on aura plus la possibilité de dire non à un Referundum sur l'Europe...En tout cas, ces débats devaient avoir lieu, et j'ai vraiment le sentiment d'avoir progressé dans la pensée de la question électorale.Maintenant, cap sur la suite.

Rehan 07/05/2007 16:56

Ok c'est une phrase complètement con et pourrie, toutes mes confuses.(Et ne pas les accepter, mes confuses, ce serait de la mauvaise fois anti-dissidente, typique des querelles internet basées sur un refus de compréhension et de discussion.)J'essayais de dire qu'il y a de fait un choix de la politique du pire dans le refus d'agir contre l'accession de Sarkozy au pouvoir.Refuser d'essayer de mettre des brindilles, mêmes électorales, dans les roues de son rouleau compresseur, c'est dire qu'on est pas opposé au fait qu'il accède au pouvoir. C'est dire que lui ou un autre, c'est pareil, et puis que si c'est pire, c'est pas si grave. C'est de telles positions que je vous demande de défendre sérieusement.Par exemple un abstentionniste n'aurait pas pu en toute logique (mais la logique c'est juste pour le débat, après on s'en fou) être content si Sarkozy n'était pas passé. S'il avait ressenti le moindre soulagement en voyant "Royal élue avec 51%" il aurait été en totale incohérence. Il doit dire " je m'en fou complètement qu'il soit élu ou que ce soit l'autre conne."Par méthode philosophique, la position abstentionniste doit être poussée jusqu'au bout, pour voir si elle tient. Moi j'trouve qu'elle tient plus trop à la fin, et qu'elle relève plutôt d'une attitude par principe (anti-philosophique), mais qui n'est même pas en phase avec tout ce qu'on ressent (ex: être potentiellement  content si Royal était passée).Moi j'étais opposé à l'accès de Sarkozy au pouvoir au point d'utiliser ce bulletin déguelasse de la République. D'ailleurs je ne considère plus que la fin et les moyens soient totalement réductibles (ex: la violence peut être nécessaire), on pourra en débattre.(Je rappelle qu'en 2002 je n'aurais jamais voté, ni au premier ni au deuxième tour, que je considère la situation de 2007 comme atypique.)Sur ce, j'ai déjà expliqué pourquoi je pensais le vote royal comme la moins pire des alternatives, la plus proche du réel que nous combattons. Passons à autre chose.Par honnêté, ne me faites pas passer pour le moralisateur qui condamne les abstentionnistes, ce serait vraiment salaud. Ne cherchez pas d'ennemis de ce côté de la barricade, on est déjà pas très nombreux...

lucie 07/05/2007 16:53

Abstentionnistes ou pas, on s'en fout maintenant. Il s'agit de s'organiser concrètement!!!Je ne suis pas sûre à 100 % que le vote royal était la meilleure solution, même si j'ai voté. Peu importe maintenant : soutenons les interpellés d'hier, mobilisons les gens autour de nous, tissons des liens, inventons des résistances !!!

Jeanne 07/05/2007 16:48

Pour une fois, on va aller à l\\\'inverse du raisonnement habituel. Le "libertairement correct" serait de dire que dans l\\\'abstention tu ne te poses pas contre qqun ou qqch, mais contre le système en général, système qui a notamment permit d\\\'amener ce qqun ou ce qqch sur le devant de la scène. Ca marche dans l\\\'autre sens. En se positionnant contre le système dans sa gloabalité, les absentionnistes se sont nécessairement, logiquement, opposés à Sarko, personnification de ce système puant.
Alors est-ce que je me sens gênée de voir Sarko au pouvoir ? Certainement un peu, mais pas autant ou pas plus que si j\\\'avais voté Ségo. Non seulement, ça n\\\'aurait rien changé à l\\\'issue du scrutin. Donc pas d\\\'incidence sur le Tout. Mais en plus, Sarko aurait bénéficié de ma légitimité. Et ça, même si ça ne vaut pas grand chose, ça compte énormément pour moi...
J\\\'suis donc pas sûre de devoir avoir plus de regret, de honte, de gêne ou je ne sais quoi encore, qu\\\'un mec qui se serait résigné à voter Royal. J\\\'ai voté pour personne, j\\\'ai donc pas voté pour Sarko, je me suis donc opposé à lui. Ma position contre Sarko sera pas moins forte que mon voisin de manif résigné...
Et que les mobilisations continuent !