A quoi sert la prison ?

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Rehan 15/01/2008 17:49

Sur le suicide en prison :http://www.acontresens.com/forum/read.php?id_forum=1&id_topic=8025

EUNOUS 09/12/2007 22:13

J'avais l'an dernier écris un petit texte sur la prison, dans le cadre du concours de nouvelles organisé par le CROUS. Ton article m'a donné l'idée de l'ajouter aux pages de mon site. Une amorce de réflexion sur la culpabilité des "enlevés" (prisonniers ; l'etymologie latine du mot 'prison' pointe toute la réalité de la chose qu'il désigne : son rôle est de saisir, de prendre, d'enlever de la société ceux qui y sont indésirés)...

"Quinze ans volés, c’est une vie, c’est un monde qui s’écroule, c’est quinze hectares de terre aride au milieu d’un océan de vanité… Coupable ou innocent, peu importe, car ce n’est pas l’homme qu’on condamne, c’est la faiblesse humaine. Une vie pour une vie, c’est la loi immuable du Talion, celle qui régit la nature, qui règle les conflits dans la jungle des hommes. On punit pour avoir failli, pas pour avoir commis. La prison, c’est l’expression de la faiblesse humaine, c’est la camisole de notre folie commune. Pour sanctionner la faute, on sanctionne la vie. Au milieu de nos villes, il y a ces îlots de désert, ces cubes gris qui contiennent notre mauvaise conscience. Derrière ces murs de pierre et ces fils de fer, ce n’est pas le crime que l’on sanctionne, c’est nos failles que l’on cache. Coupables, nous le sommes tous. Ces hommes que l’on ôte à la vie, ils sont notre alibi, autant que les témoins gênants de notre faillite sociale. On les punit pour avoir montré au grand jour ce que nous sommes tous : des coupables potentiels. Derrière chacun d’eux, il y a l’expression d’une vengeance, d’une revanche sur ce que la société nous inflige, sur ce que nous nous infligeons à nous-mêmes, de nos frustrations. Ce n’est pas le coupable qu’on punit, c’est avant tout l’aigreur des autres que l’on satisfait."
Epilogue de ma nouvelle publiée sur dissidence.over-blog.org