Ok sur la dénonciation de la croissance, of course.
Je trouve ça un peu déplacé de parler, dans un programme, de pistes cyclables quand on sait l'urgence sociale actuelle. Et c'est vraiment pas risqué politiquement si on
parle pas du reste, de tout le reste. Vous en parlez bien un peu (logement, vidéo-surveillance...), mais c'est vraiment peu.
" Les étudiants grévistes devraient publiquement se désolidariser de ce type d'action. "
Voilà ce qu’a déclaré à chaud un professeur au journaliste de Lyon Capitale, suite au scandaleux pillage de quelques légumes par les étudiants mobilisés de Lyon 2, le 28 novembre. Par pitié, nous tairons le nom de cet universitaire : nous ne pratiquons pas la calomnie contre ce type de prof. Surtout, ce réflexe idéologique de désolidarisation n’est pas le fait d’une seule personne, il a déjà traversé bien des in-consciences. C’est pourquoi il semble nécessaire de faire quelques mises au point, mises au point qui paraîtront évidentes à ceux et celles qui n’ont pas sombré dans la confortable facilité, celles et ceux qui n’ont pas hurlé avec la meute au premier dérapage venu.
Juger et diviser
D’abord, il faut déconstruire l’illusion qui consiste à croire qu’on peut condamner telle action sans en condamner les auteur.e.s. C’est encore le discours de l’euphémisme qui sévit ici : il est évident que se désolidariser de l’action « supermarché gratuit », c’est se désolidariser de la cinquantaine de personnes qui l’a menée. Pire, ce type de propos invite plus ou moins à se désolidariser des inculpé.e.s. Au mieux, le prof sera solidaire des inculpé.e.s « innocent.e.s », mais il invite clairement à se désolidariser du copain qui a avoué en garde à vue avoir participé à cette action. On devrait donc abandonner ce jeune étudiant aux mains de la police-justice, parce qu’on trouve que cette action était immorale ou malvenue stratégiquement ?
> Solidarité avec tous les inculpé.e.s, même les innocent.e.s !
Autre vice idéologique typique du discours dominant (mais que l’on retrouve hélas dans le discours des opposant.e.s), la division. Ici elle est claire : il y aurait deux entités : les grévistes d’une part et les auteur.e.s de ce type d’action d’autre part. Faut-il rappeler que la cinquantaine de participant.e.s à cette action étaient des étudiant.e.s grévistes mobilisé.e.s contre la LRU et le gouvernement Sarkozy dans son ensemble ? Comment pourraient-ils se désolidariser d’eux-mêmes ? Exemple mémorable du travail de division, pendant les révoltes de 2005, Pascal Clément, Garde des Sceaux déclarait : « Je souhaite que nous puissions adresser un message clair aux Français d'une part, aux délinquants d'autre part. » (Le canard enchaîné, 9/11/2005.) La division par le discours s’exerce de façon quasi imperceptible, et il n’est même pas besoin de postuler que les auteurs de ces propos le font exprès… La logique est toujours la même, de bons français ne peuvent brûler des voitures, de bons étudiants grévistes ne peuvent commettre un acte aussi grave que voler en réunion des légumes. Et pourtant.
L’éternel mythe du complot
N’en déplaise aux donneurs de leçons du politiquement correct, cette action n’a pas été fomentée par les RG pour casser le mouvement, ni par des bandes anarchistes-extrémistes-nihilistes-**** (remplir avec d’autres mots qui font peur). Encore une fois, il faut rompre avec les pensées du complot. A chaque fois qu’il se produit un événement hors du triste commun, les gens ont du mal à l’admettre, et il se trouve toujours des génies pour recourir à des explications magiques. Non, les réseaux Foccart ou les services secrets n’ont pas organisé en sous-marin cette action du Leader Price pour piéger les étudiant.e.s et enterrer le mouvement, pas plus qu’ils n’organisent la venues de jeunes des quartiers populaires pour « dépouiller » des manifestant.e.s et faire éclater les cortèges. (Notons que ces mythes traduisent une ignorance totale des réalités sociales qu’elles prétendent expliquer…) Le recours paniqué à la théorie du complot traduit souvent une peur de voir la réalité en face. Oui, une certaine spontanéité, demeure chez les étudiants. La lutte est parfois enivrante et donne des ailes à la vie, une cinquantaine de personnes peut décider, sans manipulation, d’aller chercher à manger dans un grand supermarché, sans payer. Les normes et l’autocensure peuvent s’effondrer dans une situation – follement peut-être.
Question : pourquoi la police, comme les petits-chefs d’orgas politiques dépassées, ne peuvent admettre que ce genre d’actions apparaisse spontanément ? Peur de la vie qui se joue sans eux, et du signifiant politique exprimé ? Quand des révoltes éclatent dans les quartiers populaires, c’est Al Qaïda, bien sûr. Quand la fracture sociale entre les quartiers et un mouvement étudiant se révèle violemment dans une manif (« dépouillages »), ce sont les RG, bien sûr. Quand une très modeste tentative de réappropriation collective se joue dans un Leader Price, on a le choix : c’est peut-être les « totos » (réalité mystérieuse s’il en est…), ou bien la police. Drôle de grand écart explicatif, peu importe ! Il faut trouver des raisons, et vite.
La sacro-sainte image de notre lutte
En résistance, il faut soigner son apparence, savoir rester propre. Pas de gros mots en manifs, et soyez bien rasés avant d’intervenir en AG. Pas d’alcool dans l’occupation, ça fait mauvais genre. Quant aux joints, n’en parlons même pas. Et puis d’abord, c’est interdit. Pas de tags, ça fait sale, et puis surtout ça dégrade l’outil de travail (tout le monde sait qu’il est physiquement impossible de faire cours dans une salle où un tag crie « Pas de justice, pas de paix ! »). Quand la police charge pour disperser une manif, ne résistez pas, ne jetez rien sur les flics, sinon tout le monde dira qu’on n’est pas des acteurs politiques raisonnables. Quand un président ou un doyen se fout de votre gueule en disant « Sachez bien que je ne suis pas contre vous, seulement les cours doivent reprendre », ne lui crachez pas à la gueule, ne le mordez pas, ça se fait pas. Les caméras ? Ok, on les démonte pendant l’occupation, mais alors promis, on les remet à la fin du mouvement. Si jamais elles sont cassées, la fac devra payer le remboursement. Eh oui, c’est l’outil de travail, on ne peut pas faire cours sans caméra. Voler un Leader Price à cinquante, et avec le sourire ! Quoi de pire pour l’image du mouvement ?! Vous n’avez rien compris, l’heure n’est pas à l’action, il faut MA-SSI-FIER.
« Ce type d’action »
Quel est donc ce type d’action dont il faudrait se désolidariser ? L’action péage gratuit, déjà pratiquée à Lyon pendant ce mouvement, entre-t-elle dans ce type ? A priori, oui : c’est totalement illégal, et ça coûte très cher aux services d’autoroute, bien plus qu’une action Leader Price ! (Si en quelques dizaines de minutes les étudiant.e.s rapportent 300 euros, ça en coûte au moins 1 000 aux gérants du bitume, vu que les usager.e.s donnent par exemple 2€ à notre caisse de solidarité, quand leur péage coûte 8€.) En fait, la seule différence est que l’action péage gratuit n’a pas (encore) été réprimée, alors que l’action supermarché gratuit l’a été immédiatement, et dans la précipitation généralisée. On peut imaginer qu’en fin de mouvement, si une nouvelle action péage gratuit était entreprise, le pouvoir pourrait se faire un point d’honneur à la mater, et par exemple à faire des arrestations. Faudra-t-il se désolidariser de « ce type d’action » ? A l’inverse, quand une action supermarché gratuit réussit (ce fut le cas pendant le mouvement du CPE), quand des client.e.s et des manifestant.e.s quittent le magasin dans la bonne humeur, les bras chargés de nourriture, trouve-t-on des donneurs de leçons pour crier qu’il faut se désolidariser de ce genre d’actions, quand tout le monde se dit « ouah c’était génial ! » ?
On voit bien que la prescription moralisante dépend de la réaction du pouvoir à ces actions, et il est dommage qu’au sein des résistances des voix se fassent entendre pour dire « c’est mal », au même moment où les garant.e.s de la domination ont décidé que cette fois, ça ne passerait pas. De grâce un peu de cohérence dans votre désolidarisation, tout comme nous restons solidaires, que l’action soit un succès ou non.
Il ne s’agissait pas ici d’attaquer violemment des personnes dont on peut comprendre, à défaut d’admettre, les doutes et les réflexes défensifs (« c’est pas nous, c’est eux ! »), mais bien de rappeler qu’au sein des dynamiques résistantes, nous ne pouvons nous payer de le luxe de nous diviser, de nous désolidariser. (Ce qui n'empêche pas, bien sûr, de réflechir sur le caractère naïf et peu organisé de cette action...) Résolument, quand des révolté.e.s brûlent des voitures (et aussi des écoles), nous sommes solidaires, quand des casseurs brisent des vitrines, nous sommes solidaires, quand des étudiants se lancent dans une action farfelue, nous sommes solidaires. Car de fait, aussi variés soient nos modes d’action ou expressions de révolte, nous sommes du même côté de la barricade.
Que nous ayons participé ou non à ce type d’action, qu’elle ait été pertinente ou non, évitons les fausses divisions et les condamnations grandiloquentes.
Car en face, ils resteront solidaires.
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Loi d’Autonomie des Universités ou loi d’inféodation de l’université à la société marchande ? et alors ?
Le sable des pavés n'a pas la mer à boire
Ça sent la marée calme dans les amphis troublés
Des portes de secours sont ouvertes là-bas
II suffit de pousser un peu plus, rien qu'un geste...
Soyons clairs, cette loi n’est pas le point qui doit fixer notre révolte, elle n’est que la conséquence logique du fonctionnement de l’université depuis des décennies. Que celleux qui pleurent sur la privatisation des universités se réveillent de leurs gémissements hypocrites ou au mieux naïfs : le système d’enseignement français a-t-il déjà été autre chose qu’un enseignement du système ? Les facs ont produit en série des petits bourgeois parés des artifices de la culture générale pour décorer leur domination, des étudiant-e-s d’école de commerce avec un « bagage » culturel fourre-tout, allant d’Horkheimer à Habermas, d’Althusser à Marx… sans oublier le cher Bourdieu.
Cette réforme de l’Université, d’adaptation encore accrue du formatage universitaire aux besoins du capitalisme est nécessaire, elle est tout à fait logique dans un système global de marchandisation de la vie quotidienne : connaissance, sexualité, loisirs, travail, rencontres...
Nous le proclamons haut et fort : nous n’avons rien d’autre à proposer et ne voulons même pas perdre notre temps dans cette tâche réformiste (que nous laissons aux réactionnaires de l’U.N.E.F. afin qu’ils masquent l’ennui qui suinte de leur « vie » ) car rien d’autre n’est pensable à l’intérieur de ce système.
Vous nous demandez alors d’un air supérieur, les poings sur les hanches comment faire pour que les étudiant-e-s qui sortent de la fac trouvent un emploi ? Nous répondons à vos questions par des questions et mettons les poings sur les cons : pourquoi diable faudrait-il qu’illes trouvent un emploi ? Et si on voulait vivre ? Nous savons que vous tenez beaucoup au travail (suivi de près par la famille et la patrie), mais que voulez-vous, l’exploitation capitaliste, l’aliénation de l’individu par un travail abrutissant nous ennuie profondément.
Comprendre, il faudrait toujours comprendre et être raisonnables… Nous préférons danser sur vos sens interdits et refuser les pauvretés auxquelles vous voulez nous contraindre pour arracher du bout des dents un petit lambeau de bonheur. Nous mordrons en plein cœur.
Ce qui doit surprendre, ce n’est pas tant que la jeunesse soit révoltée, mais que les « adultes » soient si résignés.
Rappel au désordre contre ceux qui désapprouvent des révoltes.
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Lire aussi :
> http://dissidence.over-blog.com/article-6630817.html
> http://dissidence.over-blog.com/article-6577652.html
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Sur chaque tract et affiche des candidats de la LRC aux législatives, on pouvait lire en bas "X, soutenu(e) par Olivier Besancenot." Avec en prime, sur les affiches, une photo du facteur en question. En quoi est-ce que le fait d’être soutenu ou non par Oliver Besancenot constitue un argument rationnel invitant au vote LCR ?
Ce type de mention - tampon label rouge - paraît pour le moins étrange, surtout quand on entend par ailleurs des militants de la Ligue expliquer qu’ils sont opposés à toute personnalisation médiatique du parti autour de Besancenot, qu’il n’est qu’un porte parole, que c’est le collectif de la Ligue qui prime, etc.
La LCR a produit un candidat séduisant qui passe très bien dans les médias et, comme les publicitaires, elle entend rentabiliser le capital sympathie de Besancenot. Que la Ligue commence donc par assumer son choix de la stratégie marketing en politique. Ensuite, nous pouvons discuter de ce choix. Mais si la Ligue pratique la langue de bois, en faisant comme si elle refusait toute compromission avec les formes médiatiques dominantes, alors il n’y a même pas de débat possible. Qu’ils nous disent « nous avons fait le choix d’une campagne utilisant les stratégies de communication et de marketing issues de la publicité, et la focalisation médiatique sur une personne. » Car c’est le cas. Ils pourront ajouter ensuite « car nous considérons que c’est une nécessité politique dans le contexte présent. » Ce qui ouvre le débat. Première mise en garde donc, sur la tendance à l’hypocrisie, peu constructive. Amis de la Ligue, arrêtez de nous prendre pour des cons, et de nous dire « mais non, c’est faux, on ne fait pas de comm’ ! ».
Tout d’abord parce que c’est de l’espace pour l’information politique sur les tracts et les affiches qui est sacrifié. L’espace consacré à l’information réelle, et donc subversive, est tellement limité qu’on ne peut se permettre de le remplir de photos design ou de symboles 100 % marketing.
La publicité mérite toujours un décodage. La phrase de comm’ à partir de laquelle nous discutons signifie en clair "X est copain/copine avec le facteur que vous trouvez sympa, donc c’est super, votez pour lui/elle !" Le but est clairement de créer une effet cognitif de séduction, utilisant le capital sympathie du leader d’extrême gauche le plus médiatiquement côté. La démarche est donc anti-réflexive : c’est de la publicité.
Faut-il rappeler que les voix de personnes qui ont besoin des mentions "vu à la télé" et "soutenu par Olivier Besancenot" pour se prononcer, ne nous intéressent pas pour construire une résistance durable ? Maintenir ces personnes en situation de client errant dans le supermarché politique, c’est permettre qu’à la première réforme anticapitaliste menaçant le confort de leur non-vie, elles votent pour nos ennemis, exactement comme elles avaient voté pour la résistance, selon les mêmes procédés publicitaires. La prise de pouvoir ne doit que succéder la prise de conscience ! Toute prise de pouvoir déconnectée d’une prise de conscience, d’un changement profond dans les mentalités, n’est qu’illusoire, et donc dangereuse car elle débouche toujours sur un bain de sang. Tirons des leçons de l’histoire :
« Les révolutions qui commencent en troupeau finissent à l’abattoir. »
L’urgence est au contraire d’informer sérieusement ces personnes pour qu’elles ne choisissent plus leur candidat comme elles choisissent entre Fanta et Coca, en fonction d’un slogan martelé pour éviter toute réflexion, en fonction de la tête maquillé d’un candidat formaté et fashionisé. 
On est d’accord pour dire que la spectacularisation de la politique, débutée dans les années 1960, a dramatiquement appauvri le débat d’idées. Pourquoi dans ce cas décidez-vous d’y participer allègrement ? Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Mêmes recettes marketing, mêmes gâteaux aliénants. Comme elles sont dramatiquement oubliées, les critiques de l’industrie culturelle et de la société du spectacle. Avec comme leader de l’anticapitalisme, un beau petit prince mis en scène et qui signe des autographes, les bourgeois doivent tranquillement sourire et se reposer sur leurs billets.
Utiliser des procédés cognitifs de persuasion, (usage cynique de la psychologie et de la sociologie), qui font d’autrui un être passif, un client à séduire, malgré lui, c’est clairement collaborer et prendre joyeusement part à la mortifère mascarade spectaculaire qui colonise l’ensemble de nos vies.
Nous cherchons à convaincre des humain-e-s que la seule vie qui vaille est une vie digne, debout. Nous cherchons à expliquer à nos proches que courber l’échine sous les coups de la domination, ou participer par l’inaction au massacre collectif de l’espèce humaine et de son ecosystème est insupportable. C’est un constant travail philosophique, de dissidence, c’est-à-dire un effort pour nous arracher les un-e-s les autres à ce monde que nous contestons. Nous ne cherchons pas à exploiter les failles psychologiques des quelques âmes qui se posent quelques questions pour les amener à foutre un bulletin inutile dans une boîte magique.
Le but de l’information politique est que les gens ne votent plus pour des candidats-stars. Comme disait Coluche, « il suffirait que les gens arrêtent d’en acheter pour qu’ils arrêtent d’en vendre. » A mesure que le travail critique progressera, le système se videra, les candidats fantoches perdront, les Mac Do seront désertés. On n’est pas arrivés, certes, mais le constat pessimiste et déprimant ne doit pas démotiver l’action, et encore moins la compromission.
Nous ne croyons plus à la stratégie court-termiste disant qu’il faut d’abord utiliser la pub pour faire élire un candidat-star pour, une fois au pouvoir, abolir la pub. D’abord, parce qu’une fois au pouvoir, on cherche avant tout à s’y maintenir. Ensuite, parce que l’électorat ainsi berné refusera toute révolution de sa vie quotidienne.
Face à la puissance des idéologies qui nous formatent (rapport au corps, à l’autre, à la nature, culte de l’image, du paraître, etc.) nous luttons ensemble pour une désintoxication collective. C’est pourquoi il nous semble impossible employer des moyens grossièrement toxiques tels que la pub et le fashion style de la Ligue.
Vous invoquez sans cesse le sacro-saint argument du « pragmatisme » et du « réalisme politique ». Mais en quoi est-ce pragmatique d’utiliser des techniques de comm’ pour perdre des législatives pourries ?
Amilitant-e-s de la Ligue, les deniers que vous versez au parti ont servi à financer un marketing politique nécessairement aliénant. Des milliers d’euros pour maintenir l’électeur et les lecteurs de tracts dans l’apathie spectaculaire, des milliers d’euros dépensés pour faire moins de 3% à des élections qui ne nous intéressent pas, des milliers d’euros qui auraient pu servir à construire une résistance de fond contre un capitalisme de fond, ou à aider concrètement les victimes de la répression politique et économique.
Soutenir les victimes du capitalisme nous semble être une nécessité éthique, mais c’est aussi un premier acte de politisation. Une victime de la justice d’abattage aidée par une association sera bien plus politisée qu’un consommateur temporaire de slogans sur papier glacé ou de photos à la mode.
Chaque année vous achetez un stock de drapeaux neufs aux couleurs du Parti. C’est ça, le pragmatisme ?
Quittez les partis (Réaction à la lettre de démission de la LCR par Willy Pelletier)
"On ne fait pas la loi à qui risque sa vie devant le pouvoir" (Réaction au "je désapprouve" d’Olivier Besancenot, suite aux révoltes du second tour)
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La question aujourd'hui est de savoir si l'on doit voter pour le PS.
Non.
Je sais que par charité pour ceux qui souffrent, il faut empêcher Sarkozy de passer. Mais je pense qu'un tel système politique et électoral doit changer au plus vite. Et que c'est un horizon probable mentalement pour beaucoup de monde, et aussi en terme de proximité temporelle. Voilà une bataille que nous pouvons gagner. Ce vieux système dans lequel certains d'entre vous me demandent de m'engouffrer et qui fait que de tels extrêmismes sont possibles, doit et peut être aboli. Nous vivants.
En 2001 nous avions droite molle contre droite dure. En 2007 nous avons droite molle contre droite dure. Les électeurs parlent, s'expriment pour la droite, comme toujours. Le Suffrage Universellement con qui fait voter 50 millions de "nos concitoyens" pour n'en élire ... qu'un seul. Ce système n'a que l'aspect quantitatif du démocratique, et est contre la démocratie. Ou du moins pour l'inertie et le maintien des structures de domination dans lesquelles doiminants comme dominés sommes coincés et aliénés.
Deux constats. D'abord nous sommes les dominants, nous en avons les attitudes et les attributs. Mais nous résistons contre ces formes d'exploitation de l'homme par l'homme qui oui, comme le dit Bourdieu, est une dialectique connue depuis Platon. Mais nous sommes des dominants qui avons choisi de reconnaître notre aliénation au bien-être matériel que nous procure (dans cette société-monde) l'existence de dominés. Un peu plus libres, peut-être, mais en résistance d'abord contre nous-même. Je parle en mon nom : c'est dur de dissider.
Ensuite, il y a une différence avec 2001, c'est qu'aujourd'hui Sarkozy a plus de chances de passer qu'hier n'en avait Le Pen. Il y a une menace. Je ne céderai pas pour autant à ce chantage. Je ne crois pas que les conditions sont particulières. Ou si elles le sont, trouvons maintenant une des causes qui fragilisent les logiques unitaires, qui fragilisent la lutte, qui fragilisent la dissidence. C'est une vie politique usurpée, et qui a pourtant, potentiellement (juridiquement et non factuellement), des pouvoirs réels.
C'est l'occasion de consommer l'impasse. Se dire que si l'on se jette dans la gueule de ce loup invisible et informe, sur ce plan, rien n'avancera. Consommons cette rupture. Que Sarko gagne, et le combat commence. Je suis de ceux qui pense que le PS de gestionnaires est allé trop loin pour qu'on puisse même le considérer comme meilleur. Inutile de vous rappeler au bon souvenir. Pour de vrai, si cette enflure absolue et totale de Fabius est ministre, je préfère encore Sarko.
La violence, et son statut dans l'état de droit, y pensons-nous assez souvent ? Je suis contre lorsqu'elle s'avère improductrice. Mais je crois que comme toujours, les sociétés y reviendront. La notre de violence doit être symbolique. Car ce monde l'est. 51% d'abstentionistes c'est de la violence. L'Histoire sans le conflit n'existe pas. Elle est succession de tensions et de luttes. Le CPE a montré que les rapports de forces étaient déséquilibrés, débonnaires. Mais ne lâchons pas ce rapport au pouvoir, pourtant, des fins de manifs. Le dialogue serein avec le pouvoir politique nous dessert. Depuis quand voter PS ne signifie pas se résoudre ? Pour vous depuis toujours peut-être, mais pour les autres ?
En démocratie la lutte a une seule chance de survivre, c'est les autres. Car elle survit grâce aux autres. A la confiance qu'ils ont en elle, la légitimité qu'ils leur donne. Beaucoup de politologues ou sociologues font le constat que la gauche bénéficie d'une bien plus large crédit, au sens des valeurs, que la droite. Pourtant, c'est la droite qui gagne dans les faits. La droite fait près de 80% et la gauche un faible 20%. ce sont les vrais chiffres et personne n'est dupe. Alors je vous le dit, et je vous montre que je ne suis pas puriste, mais bien pragmatique : la dissidence aura bien plus le vent en poupe sous la droite que sous la gauche. Sales logiques de merde, dont nous dépendons hélas.
Je sais aussi que la plupart d'entre vous ne croient pas à la politique du pire. Moi non plus, je n'irai pas voter Sarkozy. Mais je veux vous dire à quel point il y a décalage entre le fait que vous niez l'importance qu'a cette élection (et qui vous permet de voter PS), et l'importance que LES AUTRES donnent à cette élection. C'est ce qui devrait vous montrer qu'elle est importante aussi pour nous cette élection : c'est qu'elle est importante pour les autres ! Or il faut dire que c'est honteux que la politique prenne ces formes ! Il fautr déserter ce mode d'action que légitiment les autres. Le pouvoir qu'a cette élection est dans l'onction légitimatrice (car démocratique) dont elle pare les dominants. Dé-légitimons ceci, tout de suite !
Je ne veux pas hâter la libération du peuple russe. Je ne suis pas un bourgeois perdu dans les idées et qui ne voit pas le peuple souffrir. Mais je ne suis pas non plus un bourgeois qui choisit la charité et malgré lui conserve toutes les raisons des souffrances qu'il guérit un peu, pour à chaque fois éviter le pire. Courons après chaque sarko, mettons les en prison, il y aura tant à faire ! Alors que l'on sait depuis toujours qu'il ne suffit pas de combattre l'injustice. Il faut donner de son intégrité. Qui est le plus pur? Pas moi ! Je reconnais que mon comportement est égoiste et bourgeois. Je l'assume. Il est nécessaire pour déserter ce mode de scrutin de salauds qui nous remettra sur les mêmes rails dans cinq ans.
L'élection est importante car il faut lutter contre elle. Si vous dîtes qu'il faut participer car ce scrutin est particulier, je pense que vous participerez et légitimerez cette façon de faire de la politique à chaque fois. Car les prochains scrutins risquent d'être encore particuliers. Mais si ce n'est que ça.
Ok pour la condamnation de Royal, et plus largement du PS, n’épiloguons pas là-dessus, sauf si certains ne sont pas d’accord, dans ce cas faudra de la patience pour leur expliquer….
Ok sur l’idée que le vote FN a des causes structurelles qu’il ne faut pas se cacher. Par contre je ne comprends pas pourquoi tu réduis le vote utile Royal à l’anti-FN ? Pour toi c’est vote Royal, pour éviter un Sarko-LePen (> LP) et un remake de 2002 ? Je pense, mais certains ne sont pas d’accord que Sarko-LP c’est pas trop possible car ils chassent sur les mêmes terres. J’ose espérer que Nico a réussi à ratisser sur le FN. Mais s’ils s’avèrent qu’il y a assez de malades dans ce pays pour mettre les deux en Faf à Faf, alors est-ce vraiment un pb pour nous ? Doit-on lutter contre un scénario Sarko-LP ? That is A question. Vu ma réflexion sur 2002, moi je serais pas contre ce genre d’événement très rigolo, parce que j’adorerais voir la gauche écartelée. Le PS voterait Sarko ?!!! Et la Ligue trahirait son incohérence avec 2002 (car son vote de 2002 a mis Sarko à l’Intérieur !) Bref le ridicule exploserait, ce serait un grand n’importe quoi, et notre appel au boycott électoral prendrait du sens, serait repris par les mêmes qui me lynchaient en 2002. Des fois je me demande même si ce serait pas marrant de voter Le Pen rien que pour voir le bordel général que ça foutrait. Enfin bordel… Sarko serait élu. Mais dans de sacrées conditions, et les idées anar prendraient du vent en poupe. Tout serait radicalisé, personne ne pourrait voter Sarko et se dire vraiment de gauche. Bref, le spectacle politique qui séduit encore la gauche, serait mis à mal. Pour la droite pas de pb, eux ils votent toujours. En tout cas moi si c’est sarko-LP j’ouvre le champagne, sérieux. Sarko élu avec 60% d’abstention ce serait sympa nan ? Je suis tellement distant ac le jeu électoral que l’idée de voter LP pour créer ça ne me dégoute pas du tout, certainement pas plus que voter Royal, et voter tout court. Alors les morales « mais tu peux qd même pas voter lepen ??? » je m’en tape. C’est de l’idéologie pure. Si un LP-Sarko est possible, alors c’est bon pour nous, je pense, car ça crée de la tension, des problèmes politiques graves. Mais je ne crois pas que ce soit possible d’avoir les deux (c’est les mêmes) donc je ne voterai pas Le Pen. Mais le vote LP était une des alternatives assez sérieuses pour moi. C’est déjà tellement con de se poser ces questions sur le vote, qu’il n’y a aucune raison, sinon moralisantes et idéologiques, de ne pas se les poser toutes.
Je trouve que tu évacues un peu vite le vote Royal. Ya d’autres raisons pour voter Royal. D’abord éviter un Sarko élu dès le premier tour, aussi improbable qu’un Sarko LePen, donc pas recevable.
Ensuite pour éviter un Sarko-Bayrou, ça c’est déjà plus compliqué. En fait, pour résoudre la question du vote utile, il faut poser la question du second tour dès le premier : en cas de Sarko-Royal, tu votes Royal ? Admettons que oui (moi oui). En cas de Sarko-Bayrou tu votes Bayrou ? Si NON alors il faut voter Royal dès le premier tour, vu que Bérou a qqes chance d’être là au deuxième et qu’on veut barrer la route à Nico ? Tu me suis ? Dans quelle mesure veut-on barrer la route à sarko ? Pas dans la mesure d’un sarko-LP, faut pas déconner, mais Sarko-Royal, oui. Or, pour moi la différence entre Royal et Bérou existe, mais elle est minime. Et ce qui compte c’est que Bérou n’est pas sarkosiste, pas plus que Royal. Alors ? Je pense que le PS est vraiment à droite, et que Bayrou est vraiment… rien. Biensûr il était pour le CPE, mais si le PS avait pu il l’aurait fait lui-même le CPE, on le sait tous !
Pour moi ya des questions de stratégie à moyen terme que tu n’abordes pas. D’un côté, on sait que si le PS est au pouvoir, on aura bcp de mal à mobiliser, et il n’y aura aucun mvt social, comme d’hab, atonie. Mais le bon côté c’est que si les soces sont au pouv, ils vont montrer leur inefficacité, et ça les grillera à jamais (je l’espère) et peut-être faut-il se les taper encore 5 ans pour qu’il en soit fini avec leur aura de gauche. Du coup 5 ans après, Sarko passerait, nous on fait 15 % dans l’unité, pendant 5 ans Sarko révolte tout le monde, et après ça joue sérieux. Je tire des plans sur la comète mais puisqu’on parle élections… Si Sarko passe aujourd’hui, on va pas pouvoir se mobiliser parce qu’il va réprimer et qu’on n’est pas encore assez organisés. Si Bayrou passe, là c’est tout bénef. On a un ennemi clair (contre le PS on mobilise moins), et facile à abattre car il est bidon, pas assis sur de sérieux appuis. La droite, qui formerait son gvt, pourrait s’en désolidariser (autour de sarko) et ce serait bien la merde. Par contre le PS ferait toujours mine de gauche, et ça repousse la question de son éradication. C’est pour ça que je réfute le vote Bayrou, par lequel j’étais très sérieusement tenté (c’était tout bon : on barre Sarko, et on garde un ennemi de droite pour créer de la tension, ce qui évite de se taper l’aura du PS qui ferait la même politique de toute façon, mais mollement).
Maintenant, jme dis que si Sarko passe, c’est la merde tout de suite, et ptet trop tôt. Parce que lui il va pas plaisanter ac les collectifs, etc, et il va mettre RESF hors la loi, et on est trop faibles pour résister contre son muselage. En plus c’est deux fois la merde, parce que les soces vont avoir le beau rôle à côté et vont continuer à nous casser les couilles comme en ce moment, en se posant comme alternative. Nan, c’est sûr que Sarko c’est pas bon du tout là, et que foutre Royal aux affaires, c’est pas si mal. Du coup, si notre stratégie c’est barrer Sarko ce coup là, pour l’affronter dans 5 ans, quand on aura tué le PS, alors il faut voter Royal, dès le premier tour, pour éviter tout risque tels que Sarko-LP ou Sarko-Bérou (qui n’est pas si avantageux, en fait).
Pour moi la question du vote Royal se pose donc encore dès le premier tour.
Sur le PC, son histoire me fait vomir, comme certains de ses membres connus, et il est bien trop à droite pour moi. C’est un parti qui est pour le productivisme industriel, et qui garde la main tendue vers le PS, car c’est désormais sa seule façon d’exister. Il faut achever le PC. D’ailleurs, je n’en parle plus qu’au passé. Le PC a passé. N’en parlons plus jamais, ça énerve tout le monde. Mais attention, je fais une bise aux militants de base, qui ne peuvent que pleurer (sérieusement) devant la décomposition de la charogne. Je leur fait donc une bise chaleureuse pour les réconforter (sisi, je serais prêt à le faire en vrai) et leur propose de faire ensemble du nouveau. Tournons cette page usée, on ne s’en portera que mieux à gauche pour travailler ensemble.
Donc le PC, c’est mort (j’essaie la parole performative…).
La Ligue.
Là, ça se complique. Moi j’suis contre la ligue parce que j’suis contre les partis. Je vois vraiment pas à quoi ça sert un parti, encore moins qd le parti en question refuse toute « responsabilité politique », toute gestion du pouvoir. Si encore c’était faire un parti pour intervenir au niveau local dans les conseils... Et encore je préfère les collectifs (> Les motivés de Toulouse, ont fait plus que la Ligue n’a jamais fait en 40 ans, alors faites pas chier avec vos autocollants LCR !). Je rappelle que la LCR fait partie de la 4e Internationnale. Nan mais c'est quoi cet archaïsme ?! Amis de la Ligue, pensez-vous que la luttre contre le capitalisme se fera dans la 4e Internationale ? Bon. Alors pourquoi entretenir cette mythologie moisie ? J'ai encore trouvé sur un tract de la Ligue une faucille et un marteau. Au meeting de Besancenot à Lille, les paroles de l'Internationale étaient distribuées à l'entrée, et on trouvait plusieurs livres de Trotsky sur la table de presse. Vous nous cassez les couilles ac ce folklore. C'est totalement inutile et ça ridiculise la Ligue. C'est pittoyable que l'appareil n'aie toujours pas entendu les critiques des libertaires, c'est un signe évident de connerie sclérosante. Dramatique de voir des JCR de 16 ans ac leur faucille et leur marteau sur leur tract. Quelle régression mentale et politique par rapport au 22 mars 68. Ca fait 40 ans qu'on leur dit d'arrêter ac les mythologies trotskistes à la con. Pensez-vous que faire apprendre par coeur l'Internationale aux jeunes que nous sommes nous aidera à lutter contre la domination ? Alors arrêtez de gaspiller de l'énergie, de l'argent et du papier avec ce folkore sclérosant. En quelle langue il faut vous dire d'arrêter de débouler sur les marchés ou dans les facs ac des brochures sur la 4e Internationale. Le sigle LCR veut déjà tout dire sur la sclérose. La résistance anti-libérale ne se fera jamais à l’intérieur d’un parti, car elle se fera avec les jeunes, et les jeunes et les partis, ça fait 4. Les jeunes (anticapitalistes j’entends) sont anti-orga hiérarchiques, ils sont devenus libertaires, sachez-le. Ils ne colleront pas d’affiche avec une tête dessus. Et pourtant ils ont su lancer un gd mvt ya pas longtps, et pourtant ils se battent contre les G8, etc. Bref, j’suis d’accord avec l’essentiel des militants de la Ligue, mais arrêtez avec l’idée de Parti. LO c’est quoi ? Quel est le but de LO ? Que le changement se fasse dans LO ? Restons sérieux… Bon alors ! Je réclame la dissolution de la LCR et de LO, pour qu’on puisse vraiment construire une dynamique en dehors des partis, un halo non quantifiable d’anti-capitalistes, prêts à faire des choses ensemble. Faut faire des collectifs organisés, mais ponctuels, pas des partis. (Je dévie un peu mais pas trop, c’est pour expliquer la suite.) Donc je suis d’abord contre la Ligue Communiste Révolutionnaire, parce que c’est un parti, et je trouve la notion de parti anachronique. Elle l’était déjà en 68, alors aujourd’hui… (je rappelle à tous les trosts, maos et coco de l’époque que 68, la plus grande grève de notre histoire, ne l’oublions pas, a été lancé par des « inorganisés », par le mouvement du 22 mars à Nanterre, pluriel, ponctuel, et essentiellement libertaire-situ. Les autres ont suivi, comme d’hab. Les grèves de LIP, idem.) Bref, les Partis politiques sont toujours des masses inertes qu’il faut trainer. Nous jeunes, n’en voulons plus des Partis. Je sais que la Ligue c’est pas stalinien, je sais que c’est divers, dynamique, horizontal etc. Mais même, ça reste un parti politique, avec ses autocollants LCR, son système pyramidal et à vocation à massifier. Nous on veut des collectifs de résistance, en réseau, diffus, on sait pas trop qui en fait partie, mais ils sont bien organisés et présents. Aujourd’hui l’action politique, c’est RESF, DAL, etc. pas LCR. Le fait que des militants de la Ligue participent à ces assos, c’est bien la preuve que militer dans un parti ne suffit pas, et ne sert pas à grand-chose, si ce n’est faire 3%. Moi je voudrais qu’on m’explique en quoi imprimer des autocollants ac dessus un sigle LCR, c’est faire avancer la résistance contre le capitalisme. Je vois pas le lien entre se battre pour que les gens votent et entrent dans ce parti (ce qui est un peu vain, convenons-en ensemble, amis militants de la Ligue) et la résistance effective. Rien que les collectifs d’actions anti-pub ont déjà beaucoup plus d’effet ! Enfin ça doit être une question d’époque…
Donc la ligue m’ennuie en tant que parti. Je reste poli parce qu’il ne faut pas blesser les militants (je suis sérieux). En plus, j’accuse la Ligue de pas-clairisme sur la question du productivisme, de flirter avec une forme d’islamophobie (on a vu des ligards se braquer bêtement contre des gamines voilées) et surtout de collaborer au cirque électoral. Besancenot est très utile au champ politique, il est décors à gauche sur les plateaux de télé. Qu’il y a aille pourquoi pas, mais alors qu’il dénonce le spectacle ! Ya déjà Arlette qui nous fait le couplet sur les actionnaires, pourquoi le répéter ? Moi je trouverais ça beau qu’il dise sur un plateau :
« Bon écoutez madame la journaliste qui gagne trois smic par heure, je vois bien que vous me poser des questions débiles pour vous foutre de moi (« Si vous augmentez l’impôt, les patrons vont partir ! »), que mes idées (présentées à l’instant par ma camarade Arlette) ne peuvent pas passer sur vos plateaux, alors je vous invite vous, télescpectateurs (regard caméra) à venir discuter avec nous, militants, et pas seulement moi-même, sur les marchés, dans la rue, etc. »
Il faut mettre à distance ces saloperies de médias ! (Par exemple en pratriquant des mises en abîmes critques.) Pourquoi il rit à leurs blagues dans les Talk shows ? Pourquoi il y a des photos de Besancenot en train de signer des autographes sur le site du Monde? Pourquoi ya sa belle petite tête de piaf révolutionnaire minion gentil à côté de celle Sarko sur les panneaux de pub ? Comment de telles associations sont possibles ? Arretez de faire comme si c’est évident, merde c’est grave ça ! Et après j’entends les militants de la Ligue gueuler contre la « personnalisation de la politique… » Besancenot est un people, et il ne faire rien contre. Il fait parti du show, il est dans la politic-accademy avec les autres bouffons, sans dire en direct qu’il est contre tout ça. Pour moi qui pense que les formes sont primordiales, le pas entre compromis et compromission et trop souvent franchi, avec les dédicasses, les affiches, les briquets, les meetings spectaculaires, etc. Ca prouve qu’ils ignorent les analyses situ, et c’est de l’ignorance crasse.
Tout ça pour dire que, en négatif, Bové me déplait un peu moins. Attention, c’est un opportuniste, prêt aussi à se prostituer pour les médias (ptet même ac plus de plaisir que Besancenot), menteur qd il a dit ce soir « Si les collectifs m’ont désigné… ». Il fait comme Buffet sur ce coup, ils se font passer pour LA personne des anti-libéraux. Mon cul. Bref, il est chiant avec son ego manipulateur. Par contre il a des attouts que les autres n’ont pas. D’abord il est décroissant, et en tant que paysan, il suggère concrètement un refus de la société de consummation. Sa lutte dès l’origine de la société industrielle, est louable, surtout qd tout le monde hurle que « qd même, MacDo, c’est du boulot ». Ensuite il a été en taule. Ça c’est bon. Action directe, refus immédiat des lois bourgeoises. Bref, c’est bien l’héritier du Mai 68 libertaire, et le Larzac reste une belle réussite, c’est pas du passif comme au PC, ou du rien comme à la Ligue. Il est dans l’illégalité et se prend la répression. (A la Ligue, ils n’ont pas senti une matraque depuis longtps, c’est pas bon du tout). Il est donc de fait avec les quartiers populaires contre la répression.
Bové est un émeutier.
Ensuite son meeting à Lyon était un des moins pires. Ça commençait pourtant mal avec son arrivée napoléonienne (saleté d’égo) sous les flashs, avec sa cour des suivants. J’ai eu peur en voyant ça. Mais après il n’a pas bronché. Il est resté discret pendant le meeting et a laissé parler des assos, ce qui est rare. C’était un meeting simple, pas une grand messe. Une femme voilée est venue témoigner de ses problèmes, des jeunes rappeurs du quartier ont faits qqes morceaux. Ça a révulsé les gauchistes traditionnels. Moi je jubilais devant leurs hauts le cœur contre « l’islamisation de la politique » et « cette musique de sauvage, incompréhensible, en plus ». Burk. Hi hi.
C’est bien ça déride ces cons là. Et surtout c’est pas un parti, c’est bien une dynamique collective, même si c’est mister ego qui l’incarne un peu artificiellement, c’est qd même très divers, et un peu nouveau. Ça ouvre sur l’avenir au moins.
Donc Bové c’est bien le moins pire, je suis d’accord avec toi.
L’abstention ? Bah ce coup là je le ressens pas. J’pense que voter Bové ça n’a rien de trop critiquable, alors pourquoi ne pas se donner un peu de visibilité, même si c’est dans ce cirque là. J’veux bien donner de l’espoir à cette dynamique naissante. Y qd même des collectifs qui se défonçent avec lui, jme vois pas rester insensible à l’énergie qu’ils dépensent. Par contre l’abstention m’intéresse toujours pour le second tour, en cas de Sarko-LP. Et surtout après avoir tant fait de plans à la con (c’est vraiment chiant de perdre son tps à ça qd même), jme dis que merde, ça ne nous regarde pas après tout. On prendra l’oppresseur qu’ils nous auront désigné de toute façon, et on se débrouillera pour résister, comme toujours. C’est des conneries à eux tout ça, et ils veulent qu’on s’y intéressent, qu’on tergiblog là-dessus, mais merde, ce sera pareil on le sait, passons notre tps à agir et à nous organiser !
Mais bon, c’est une fois tous les 5 ans, c’est vraiment pas important. En fait, le vote, c’est tellement pas important, qu’on peut voter, nan ?
Le choix se limite donc à Royal ou Bové. Pour l’instant je pense que Bové est le meilleur coup à jouer sur cet échiquier pourri. Parce que c’est quasi sûr qu’on aura la chance de voter Royal au deuxième tour (mais plus rien n’est sûr depuis 2002 ?). Là je me fis au sondage, et jme dis que Ség n’a pas besoin de moi au premier tour. Et puis si c’est Sarko-Bérou, je voterais Bérou. Sans regrets de n’avoir pas fait mon possible pour que Royal soit au deuxième round, et ce sera freestyle droite ac Bérou président et assemblée UMP.
Par contre si vous faites la fine bouche en cas de Sarko-Bérou, alors je pense que vous devez poser la question du vote Royal dès le premier tour. Ce ne serait pas cohérent de boycotter le second tour, sans avoir voté pour Royal au premier ! (sauf si c’est Sarko-LP, mais là champagne…)
Moralité : Je voterais Bové, parce que je suis prêt à voter Bérou.
Ma question existentielle est donc de mesurer la différence entre Bérou et Royal, qui me semble vraiment pas assez grande pour que je vote socialiste dès le premier tour.
Maintenant que les échanges semblent devenus à nouveau pacifistes, je me risque non pas à une analyse, car je pense qu’on en lit tous déjà trop, et que celles figurant sur ce blog me semble assez pertinentes, mais plutôt à une confidence sur mes préoccupations.
Bien sûr, on l’a déjà beaucoup rappeler, que ce soit en disant « la politique est autre chose que sont objet », en reconnaissant la futilité faussement démocratique de ce vote, la résistance que cherche à opposer dissidence aux enjeux de dominations sociales ou à l’effritement, l’érosion, la perte de profondeur des rapports sociaux et humains qui lient les personnes d’un même environnement, ne se traduit pas par un vote pour tel ou tel candidat.
A ce titre, je suis d’accord avec Rehan, il est nécessaire, afin de poursuivre au quotidien cette résistance, que ce soit en écrivant quelques conneries qui ne sont lues par presque personne, ou en activant autour de nous du lien social, ou plutôt en perturbant et en ébralant nos divers liens sociaux. Quoiqu’il en soit, je pense que cette lutte se fera beaucoup plus difficilement avec sarko à la tête de la dictature républicaine française, laquelle lui donnera largement les moyens de poursuivre sa lutte d’uniformisation et de conformation des relations sociales et humaines en mettant en place des structures neutralisantes de toute subversion.
Oh bien sûr, je ne cris pas au grand méchant loup et garde à l’esprit que l’action de ce pervers narcissique resterait relative, et ne serait effective que sur une partie des gens (plus ou moins grosse…peut être plus grosse que moins kan même).
Je tiens à être clair tout de même, il ne me semble pas que sarko soit ce gros méchant qui va guider ses moutons paitre dans les prairies poluées du libéralisme, mais juste qu’il est le symptôme le plus flagrant ou le plus apparent d’importantes dérives qui existe dans la société (pas seulement française), autrement dit, c'est parce qu'il y a des sarkozistes kil ya sarko. La preuve en est justement que comme tous ces connards en costars, il est capable de changer d’avis à la moindre hésitation de l’opinion. Il est donc nécessaire d’empêcher cette « opinion » de concrétiser ses conneries, car on rentrerait (et on est déjà) dans un jeu d’inter influences entre les conviction de sarko et cette opinion publique
Tous ça pour dire, je pense que si tous les candidats sont adversaires de la résistance à laquelle tend dissidence, celui-ci lui est nuisible et la met dangereusement en péril (moyens de diffusion mais également perception du message)
Donc oui, je suis prêt pour ces raisons à voter bérou ou royal au second tour, pour qu’on puisse encore avoir les moyens de lutter.
Cependant, je rejoins gauthier sur le dégoût profond que m’inspire chacun des candidats, chacune des campagnes, chaque jour compte un nouveau florilège de conneries qui me rendent de plus en plus impossible le vote au premier tour…
Tous, pour ne prendre que cet exemple, ont succombé aux délires publicitaires lancer par lepen. Je parle là des affiches de campagnes, une fois de plus, on peut vérifier que la concurrence (parce qu’il ne s’agit pas là d’un débat, qu’on soit d’accord, mais bien d’une concurrence entre différents produits éléctoraux) ne stimule pas la diversité, mais qu’au contraire, elle conduit à une homogénéisation du milieu dans lequel elle devient la loi structurante. Ainsi, tous les candidats (sauf peut être chivardi, mais lui….bon…) ont fait une affiche avec leur portrait et quelque personnes floutées dont on peut tout de même distinguer certaines caractéristiques…de même que la publicité vise certain consommateur en mettant en scène ou à l’écran un type de personne particulier (ménagère, jeune, etc…) ces candidats ont tenter vainement de représenter les français afin d’appâter le consommateur électoral…quel bande de con…ils ont donc procédé comme la pub, représentation = sélection, parce que de fait, une affiche est bien trop petite pour représenter tout le monde, on cherche alors à mettre en évidence une pseudo mixité sociale et culturelle (ou plus précisément ni l’une ni l’autre mais juste une mixité de pigmentation de la peau…) qui passe par une sélection d’échantillons représentatifs du peuple défendus…
Je ne m’attarde pas sur ce point, puisque nous avions déjà convenu de la connerie de tous les candidats sans exceptions…
Alors voila, je pense qu’il est nécessaire, évidemment, de se poser la question de l’abstention, mais surtout que cette question doit être posée pour les deux tours…gauthier semble préconiser une abstention totale, cette pureté que vous avez tous les deux quelque peu railler, et raf et rehan semble proposer un vote à chaque tour…
Ma démarche est peut être incohérente (et j'attends juste que vous me le fassiez remarquer pour, si j'en conviens avec vous, rayer ces quelques lignes tout de suite), seulement, je ne vois pas en quoi voter au premier tour serait d’une quelconque utilité, je suis plus amené comme gauthier à penser cette compromission avec ces positions, que ce soit celle du parti de la IVe internationale au relant de groupuscules trotskistes (LCR) ou celle du bové, qui il est vrai pratique la désobéissance civile (théorisée par Henry Thoreau je crois…en tout cas y a des idées sympas, pas que, mais y en a), l’illégalité (mais la ligue aussi je crois, bezan était présent lors de quelques dévastations de champs OGM), le fait de ne pas être un partit etc…
Je ne crois pas que bové soit dissident (contrairement à raf, je pense qu’il est important que ce concept de dissidence soit toujours redéfinit et interroger, afin justement d’en faire non pas un principe ou une idée fixe, mais bien une dynamique, je n’interroge donc pas ce que pense M. dissidence, qui agirait sur ma penser comme un Big Brother, mais je questionne un concept, je le malmène, je le bouscule), alors oui, si l’on ne veut pas sombrer dans le manichéisme, on peut dire qu’il est plus dissident que lepen (quoique :) )…mais je ne sais pas si ça me suffit. Rehan parle de visibilité, je suis mauvais moi en "politique", je ne comprends pas vraiment, si tu pouvais développer plus ( en aparte si ça fait chier ceux qui comprennent).
Enfin, rassurez vous, ce ne sont pas là des préoccupation qui occupent mes journées et bouleversent mes nuits, seulement, contrairement à gauthier (il me semble) je ne pense pas qu’il faille ne-pas-réfléchir aux élections parce que c’est de la merde, d’autant plus que ça se fait passer pour la liberté, mais je crois que même si son rôle est infime et minime, une petite réflexion, que ce soit en lisant un article aux chiottes ou en discutant dans une bagnole en écoutant de la musique trop forte, ou encore en prenant quelques minutes pour écrire sur ce blog, ce n’est pas non plus s’immerger dans ce réseau de valeurs « démocratiques et républicaines ».
Après si par là gauthier voulait secouer le cocotier par peur de nous voir nous endormir la dessus et nous rappeler qu’il y a et des choses plus importantes et plus intéressantes à réfléchir, interroger, ébranler et penser, on convient tous qu’il a sur ce point entièrement raison. Je me désespère d’ailleurs de voir que la rubrique « rire » de ce blog ne prenne pas de volume, mais également celle de lire, qui je crois devrait être la plus abondamment approvisionner…alors que la rubrique penser grossit à vu d’œil…cette rubrique penser est peut être la marque d’un discours se constituant et de vos productions croissantes, cependant, dissidence se proposait de participer à une prise de conscience (non à une prise de pouvoir), qui je crois passe par la perturbation de la relation conventionnelle que ce soit de la relation sociale et humaine, ou encore la relation à l’objet de connaissance, la relation entre soi et le monde ou entre un soi et un autre soi…Je peux alors me tromper sur les intentions de gauthier, mais il me semble qu’il enregistre à tort ou a raison, un déplacement du centre de gravité de l’activité dissidente.
Personnellement je ne vois pas ça comme une contradiction ou une perversion, mais juste comme un effet d’optique, auquel il nous faut tout de même faire attention.
Sur ce, je ne préconiserais pour ma part qu’une conduite :
Que les décidants décident et que les dissidents dissident ! :)
Pour moi cette citation permet de pointer l'islamophobie rampante d'un Julliard qui, sous couvert de vieux républicanisme laïcard, méprise et humilie la population musulmane de notre pays, dominée parmi les dominées.
Deux rappels du dogme dissident s'imposent. Tel Moscou précisant la ligne idéologique du parti contre tout déviationnisme, je fais ces rappels (à l’ordre) au nom de « Dissidence » ( ?!). N'hésitez pas, si nécessaire, à dire que c'est totalement faux, que notre ligne est toute autre, et il y aura débat (ou exclusion).
1) Dissidence, et le ton général en témoigne, est bien sûr radicalement anti-religion. Toutes les religions sont des aliénations. L'Homme n'a pas à se tourner vers dieu, mais vers lui-même, dans une lutte pour la dignité. Et puis en plus, dieu n'existe pas. Comme les autres religions, l'Islam est donc un obscurantisme réactionnaire liberticide. Je n'ai aucun complexe à le dire. S'il fallait argumenter, je rappellerais que toutes les religions sont systématiquement homophobes. Pour moi il n'y a donc pas de débat sur les religions qui, historiquement, ont presque toujours représenté des modes de domination.
Ceci étant rappelé, il faut affiner et préciser que, dans certains contextes, la religion peut représenter une ressource pour les résistances (révolutionnaires chrétiens en Amérique Latine…), ou peut aider certaines personnes à se construire, etc. Mais en définitive, la religion restera toujours une aliénation, contre laquelle il faut lutter. Les religieux sont donc bien nos ennemis.
2) Pour autant, Dissidence (qui se veut critique au possible) s’évertue à dénoncer toute la gauche française, y compris radicale, qui s’est fourvoyée dans l’islamophobie lors de la loi sur le voile, et continue depuis à tergiverser. Nous souscrivons à l’analyse clairvoyante de Saïd Bouamama dans (L’affaire du foulard islamique. La production d’un racisme respectable). Il faut être sans pitié contre ces profs de philo (des militants à la LCR, par exemple…) qui forts, d’un républicanisme ignorant ce qu’a été la République dans les faits, ont chassé de leur cours des jeunes filles voilées. Encore une fois cette gauche nous a montré de quelle bêtise et manque de distance critique elle peut faire preuve (comme lorsqu’elle votait en masse pour Chirac en 2002, comme elle peut condamner les méchants casseurs, etc.). Comment peut-on punir une jeune fille de 16 ans, qui appartient à la communauté la plus dominée de ce pays, humiliée en permanence, abandonnée par la gauche, et qui se tourne vers le culte comme dernier lien social, sous unique prétexte qu’elle porte un carré de tissu sur les cheveux ? Encore une fois, interdire l’accès à l’enseignement à ces jeunes filles, en plus d’être un non-sens effrayant (« elles font fausse route avec le voile, donc il faut les descolariser... »), cela revient toujours à punir les victimes. Or, notre place est clairement aux côtés des dominés. De même, il faut à la fois préciser nos profonds désaccords éthiques et philosophiques avec les organisations de résistance palestiniennes, et dans un même geste soutenir ces résistances contre l’une des plus infâmes agressions contemporaines, celle pratiquée par Israël.
Nous sommes contre le voile en tant que pratique religieuse. Mais le fait est que le port du voile aujourd’hui ne peut être résumé à la religion. La communauté musulmane étant objectivement dominée, c’est aussi un mode de résistance « ostentatoire ». Peut-être pas le meilleur, certes, mais les dominés se révoltent avec les moyens qu’ils ont. Nous ne nions pas non plus l’opportunisme des quelques religieux réactionnaires qui drainent à leur profit le désespoir social des quartiers populaires. Eux sont clairement nos ennemis aussi, car ce sont d’autres dominants. Il faut en effet lutter contre les endoctrineurs, de toutes les religions (sinon c’est de l’ethnocentrisme), mais pas contre leurs victimes.
Au-delà de l’Islam, c’est toute une culture qui est officiellement discriminée, agressée, méprisée, au nom des « Droits de l’Homme ». L’Islamophobie est devenue le cheval de bataille privilégié de l’idéologie dominante. Ce n’est pas parce que nous sommes philosophiquement antireligieux que nous devons céder à l’ethnocentrisme, et hurler avec la meute française dans une haine de l’autre.
Cette population a justement un énorme besoin de profs, s’ils veulent bien renoncer à leurs visions coloniales de mission civilisatrice des sauvages.
Notre rôle est de dénoncer ce pseudo féminisme républicain, qui entretien en même temps la domination masculine. Entend-on ces profs dénoncer le fait que l’agrégation de philo est presque entièrement réservée aux hommes ? J’aimerais aussi connaître un peu mieux leur vie domestique et la répartition des tâches au sein de leurs ménages… Bref pas de leçons à donner, et surtout pas au nom de la République. La question du voile, comme celle de la violence en politique, représente un cas typique de la façon dont la gauche peut se faire idéologiquement happer par le discours dominant. Le regard dissident, c’est une vigilance permanente, une distance critique de sécurité : quand nous nous retrouvons à partager les opinions de nos ennemis, c’est qu’il y a un vice idéologique quelque part.
Carton rouge donc à tous les islamophobes, surtout s’ils appartiennent à la gauche dite radicale. Lutter fermement contre les dérives de certains courants militants, n’a pas pour but de nous diviser, mais bien de veiller à construire ensemble une résistance cohérente. De fait ceux qui ne peuvent entendre et tolérer nos critiques ne sont pas prêts à construire avec nous. De notre côté, nous sommes réceptifs à toutes attaques car c’est de cette tension que naît la dynamique de contestation, et certainement pas dans l’unisson tricolore des chorales laïcardes moralisantes.
Communiqué de l’ID.
(Internationale Dissidente)
C'est bien toi Rehan? Essaie de comprendre car il n'y a pas de phrase plus simple que "la politique est autre chose que son objet". Médite la et souviens toi de ce que tu défendais il n'y a pas si longtemps, qui était une prise de conscience. Tu parles de domination. Tu pense que ce qui domine sont des hommes, mais ce sont des structures tel que le vote à 60 millions. Tu t'engoufres dans ce système de domination, un système de légitimation stérile dans notre lutte si c'en est une. Et puis tu es bête et méchant dans ta réponse car tu ne prend pas le temps de comprendre ne serait-ce que le sens. Avant d'essayer de me comprendre moi, ma psychologie, mes affects, mon orgueil qui ne regarde que moi, essaie au moins de comprendre le sens de ce que je dis, sois prosaïque comme tu sais l'être. Comprend qu'au lieu de te perdre dans les débats de l'hyperréel politique (d'où les simulacres, que tu n'essaies vraiment pas de comprendre), nous devons chercher ou créer le sens, et il est est ailleurs. C'est cela la morale, elle n'est pas dans le système, puisqu'elle n'est dans aucun système. Deleuze, Debord, Vaneigem, Baudrillard, allons les confondre, tu verras que tu t'éloignes d'eux, perdu dans ta conjoncture. Tu veux taxer le capital? Taxer le CAC 40, mais quelle bonne idée. Messieurs les réformateurs, merci pour un telle dissidence dans l'idée. C'est bien de ça dont nous avons besoin. Votons, votons votons. La politique est autre chose que son objet.
Je m'en fous complètement de bové, et des bobos qui le soutiennent,. Il y a peu de temps tu te foutais de donner de la visibilité à ton action. Surtout pas par ce moyen là. C'est déplorable, tu retournes ta veste, tu es un croyant désormais. Pourvu que Bové fasse plus de 2,6% pour que Sarkozy qui va passer de toute façon prenne en compte ses idées. Mais alors il devra aussi prendre en compte le vote Le Pen, qui lui, ne fera pas que 2,6% ! Vite donnons légitimité à ce système, participons à la mascarade, votons ! Comme les bons jeunes de banlieues auxquels bové s'adresse, de manière très pure, n'est-ce pas? C'est de l'ordre du mythe comme tout le reste, et je ne peux pas en être sûr, mais j'ai l'intuition que vous vous faites avoir. Là dessus, nous brisons un lien.
Pourquoi recourir au préfixe « néo » pour qualifier les formes actuelles du libéralisme économique? Selon certains, un tel usage du langage n’aurait d’autres fins que d’affubler la théorie des sinistres attributs d’un épouvantail : chargé d’éloigner les oiseaux un peu trop curieux, le préfixe permettrait ainsi de rendre hideux une pensée des plus respectables.
Il ne s’agirait donc que d’un simple artifice rhétorique, sans motif aucun sinon celui de salir la toge de la théorie économique dominante. Tel n’est pourtant pas le cas : le néolibéralisme, outre qu’il permet d’appuyer la distinction entre libéralisme politique, connoté positivement, et libéralisme économique, exprime tout à la fois le retour en force, depuis un quart de siècle, des présupposés libéraux, et le fait que les thèses récentes appliquées au Chili, à l’Argentine, en Afrique et ailleurs ne sont pas réductibles à ce libéralisme originel. Voilà qui rend nécessaire une approche globalement chronologique.
Notons que le texte qui suit se borne à porter un démenti à la cohérence supposée du socle théorique des néolibéraux, et ne constitue en aucun cas une réfutation du concept même d’ « économie » et des axiomes qui le maintiennent debout. C’est ainsi qu’il laisse souverains les a priori éminemment polémiques que sont le capitalisme perçu comme fin de l‘histoire, la croissance -et avec elle la consommation- comme ressort inusable de nos sociétés, le travail comme support inlassable à l‘émancipation des hommes… , a priori douteux qui restent autant d’impensés de la culture économique orthodoxe, et le resteront toujours à la fin de ce texte.
LA RESURGENCE CLASSIQUE
Les présupposés néolibéraux trouvent leur source originelle dans les idées développées par ceux que l’on nomme les « classiques ». Par « classiques », on entend généralement Adam Smith (auteur, au XVIIIème siècle, de l’ouvrage intitulé La Richesse des Nations), David Ricardo et John Stuart Mill (1806-1876), ainsi que Thomas Malthus (1766-1834).
L’objet n’étant pas ici de traiter de l’ensemble de la théorie classique, qui n’est au demeurant pas univoque, mais davantage de voir en quoi certains de ses préceptes ont pu influencer les penseurs néolibéraux, ne sont ici présentés que les points qui répondent strictement à cet impératif.
Le marché comme optimum social
L’ensemble des penseurs classiques et libéraux, depuis Adam Smith, ont l’intuition que le marché est autorégulateur, qu’il est lui-même suffisant pour assurer le bien-être social. Au moment où naît le libéralisme économique, c’est-à-dire vers la fin du XVIIème siècle, le contexte intellectuel est favorable à l’idée selon laquelle l’économie serait régie par des mécanismes naturels dont on ne saurait troubler le fonctionnement, sous peine de la mettre en péril. John Locke soutient ainsi qu’il existe des droits naturels de l’individu, que la société et le souverain ne peuvent remettre en cause. Le courant physiocrate invoque, quant à lui, la nécessité de préserver l’ordre naturel, le meilleur possible, ce qui conduit François Quesnay -son chef de file- à défendre deux principes : celui de droit de propriété, c’est-à-dire le droit naturel assurant la meilleure production possible, et celui de liberté économique, qui permettra à chacun de rechercher son plus grand avantage. Sont ainsi posés les fondements du libéralisme économique : la libre recherche des intérêts individuels apparaît comme condition de la satisfaction de l’intérêt général.
Car c’est en droite ligne avec ces principes que naît, sous l’égide d’Adam Smith, l’économie politique. La problématique smithienne s’articule autour de deux idées : celle de liberté naturelle, et celle d’intérêt individuel. La première apparaît comme le meilleur moyen d’accéder au bonheur, et suppose l’effacement relatif de la réglementation étatique afin de donner à l’intérêt individuel la pleine possibilité de s’exprimer.
C’est là qu’intervient le mythe de la main invisible, ruse de l’Histoire façonnant l’intérêt général sur la base de nos égoïsmes respectifs. Selon la vision smithienne, le marché est une entité naturelle, perçue davantage comme une organisation sociale que comme l’organisation la plus optimale de l’économie. Le marché est autorégulateur, ce qui signifie que la libre poursuite par chacun de son propre intérêt conduira d’elle-même à l’intérêt général. Il est autosuffisant, et assure à lui seul le bien-être de la société. Le marché, et le jeu de libre concurrence entre les individus sur ce marché, constitueraient donc non seulement une condition nécessaire et suffisante pour la promotion de l’intérêt général, mais surtout la plus efficace.
L’ Etat coercitif devrait dès lors se concentrer sur les seules tâches de défense et d’administration de la justice (fonctions régaliennes); son rôle d’acteur économique se réduirait à la construction et à l’entretien des ouvrages publics (les infrastructures), lorsque les particuliers ne trouveraient pas de profit à l’exécuter eux-mêmes. Bien que tout à fait lucide quant aux conditions d’existence infâmes des ouvriers, Smith considère que, sur le long terme, ceux-ci se trouveront bénéficiaires.
Une telle vision est un leurre. Le marché à lui seul ne permet pas d’assurer le bien-être collectif. Il s’agit d’une pure intuition qui n’a eu de cesse d’être démentie par la réalité, de même que par la science économique. C’est un leurre, d’abord parce que la théorie de la main invisible ressemble davantage à une jolie prouesse rhétorique qu‘à une observation systématique de la société.
La métaphore de Smith renvoie, au départ, à une fable de Bernard de Mandeville, publiée en 1714. Cette Fable des abeilles met en scène, comme son nom l’indique, de petites abeilles, soucieuses avant toute autre chose de leur seul profit; toutes mènent une heureuse existence, et vivent en parfaite harmonie. Jusqu’au jour où survient un obscur prédicateur, prêchant vertu et austérité. La ruche ne survit pas à une telle incursion, et disparaît peu après. La morale de l’histoire, c’est qu’en entretenant son égoïsme, l’individu assure la pérennité du groupe. Mais la clé de l’énigme, c’est qu’une telle harmonie repose sur une parfaite division du travail : le bonheur de chaque abeille va, en effet, dépendre du zèle avec lequel chaque autre abeille va remplir la tâche qui lui est dévolue. Pour dire les choses autrement, comme je ne suis que boulanger, le mécanicien aura besoin de moi, et vis versa. Or, une telle division du travail n’est absolument pas discernable à l’échelle globale. Les dysfonctionnements sont monnaies courantes, et le chacun pour soi n’est pas du tout le garant du chacun pour tous, la société n’étant pas réductible à un ensemble purement organique, aux membres parfaitement interdépendants.
De tels dysfonctionnements rejaillissent dès lors que l’on s’attarde quelques instants sur un des prolongements théoriques de la foi dans le marché autorégulateur, la « loi de Say » : cette loi, qui porte le nom de son auteur, énonce la chose suivante : l’offre crée sa propre demande. Deux employeurs ont besoin de main d’œuvre pour produire du pain et des voitures. En contrepartie de la production, les employeurs versent un salaire qui va servir à écouler cette même production. L’ouvrier Renault va ainsi pouvoir acheter sa baguette, et le boulanger sa voiture. L’offre est écoulée, la demande satisfaite. Nous sommes en situation de parfait équilibre, et d’universelle harmonie. Mais voilà, l’artifice ne résiste pas à l’évidence : les crises de surproduction, et un taux de chômage à 10%. Au moment où Say écrit, il n’existe pas de chômage, ce qui a de quoi entretenir l’illusion. Aujourd’hui, le mythe n’a plus de légitimité aucune; les crises de surproduction sont monnaies courantes, le chômage est une réalité structurelle.
Mais le pantin libéral tient prête sa réplique : le chômage n’est pas le fait d’une insuffisance congénitale du marché, mais trouve sa cause dans l’excès de réglementation. Las! Même les cautions scientifiques les plus honorées par les codes académiques admettent le contraire. Un seul exemple. La « flexibilité » -on se gardera ici d’estimer la pertinence du mot- ne crée pas d’emploi. Ceci n’a rien d’un axiome trotsko-léniniste, et tout de la conclusion que rend publique depuis dix ans un organisme peu soupçonnable d‘activisme anti-bourgeois, l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques[i].
Plus fondamentalement, la vindicte pro-marché aura tôt fait de se heurter à la cohérence logique, déduite des résultats de la pensée économique…d’obédience libérale. Gérard Debreu (néoclassique), prix Nobel d’économie, a pu affirmer avoir « démontré mathématiquement la supériorité du libéralisme » ; fatale erreur, car cela revient à démontrer par contrecoup la vacuité empirique de sa thèse. Ce qu’a démontré Debreu, c’est que dans un monde de concurrence parfaite, il pouvait exister un équilibre. Or, la finesse d’une telle démonstration ne fait que mieux ressortir le néant prospectif de son résultat : il est impossible de partir du postulat de base, à savoir une situation de « concurrence parfaite »[ii]. Les vertus du libéralisme économique ne présentent plus dès lors que les formes de douces coquetteries cognitives, tout juste bonnes pour les oubliettes de la mémoire.
Mais bien cerner les contours de telles fantaisies nécessite, de surcroît, de bien en éclaircir les termes. Il est ainsi tout à fait intéressant de s’attarder, ne serait-ce que quelques secondes, sur le concept de « libre concurrence ». Que signifie, ou plutôt que suppose le principe de « concurrence parfaite » chez les économistes libéraux? Une hypercentralisation des décisions, « plus proche de la planification soviétique que d’une économie de marché décentralisée », comme l’ont rappelé Matthieu Amiech et Olivier Vaury[iii]. C’est ainsi que dans le monde sur lequel spéculent les libéraux, le bon fonctionnement du système nécessite à la fois une information parfaite sur les prix, et l’absence de rencontres directes entre les agents. Ces deux principes, en effet, constituent les deux seuls moyens de préserver une situation de concurrence parfaite, et donc d‘égalité des chances: alors que la transparence de l‘information garantit les mêmes données de bases pour chacun, l‘absence d‘échanges directs évacue la part d‘arbitraire découlant du hasard des rencontres. Le problème, c’est que de telles…contraintes requièrent la présence d’une autorité centralisée, capable d’afficher tous les prix, et d’organiser l’ensemble des transactions. En d’autres termes, même en supposant (et c’est déjà faire preuve de beaucoup d’indulgence) que ce cadre organisationnel puisse un jour émerger, la concurrence sans régulation n’existe pas.
Ce n‘est pas finit. En 1956, deux Anglais, nommés Lipsey et Lancaster, en arrivent à la conclusion suivante : même dans le cas où un marché parfait existerait et que l‘on tendrait vers lui, le fait d’introduire davantage de concurrence pour s’en rapprocher ne déboucherait, à terme, que sur une situation pire qu‘à l‘origine. Exemple : on libéralise les petits trains de banlieue pour ne conserver que les TGV qui, eux, ne sont pas déficitaires. On assiste à la ruine des économies locales, à l’émigration vers les villes, à l’usage intensif de la voiture et à l’accroissement de la pollution. Et adieu l’universelle harmonie. On ne peut se rapprocher de la concurrence, car la concurrence est un tout. C’est-ce qu’on appelle le « paradoxe de Lipsey-Lancaster » : ou nous vivons dans un monde de concurrence pure et parfaite, ou il est vain de tendre vers lui.
Un ultime résultat issu de la science économique achève de torpiller le primat du marché : le théorème de Grossman-Stiglitz (1980). Celui-ci affirme en substance qu’un mécanisme de marché ne peut jamais améliorer le fonctionnement du marché. Le marché ne crée pas plus de marché, car il est une construction extra-économique : c’est le pouvoir politique qui l’institue et l’étend, rien d’autre. Pour assurer sa survie, le marché suppose donc à la fois et l’existence, et l’intervention du politique.
Ce premier point fut un peu long, mais il s’agit là du centre névralgique de la doxa libérale, et du levier idéologique des politiques qui continuent d’être menées.
Les vertus du libre-échange
Le second nœud théorique dont les néolibéraux sont aujourd’hui tributaires tient dans la conception ricardienne du commerce international. Cette théorie du libre-échange, édictée par David Ricardo au XIXème siècle, exerce un pouvoir d‘attraction qui n‘a sans doute jamais été aussi puissant qu‘à l‘heure actuelle. Le principe en est le suivant: le libre-échange vient, pour le bonheur de tous, combler les insuffisances intrinsèques des différents pays.
Cette idée découle de l’hypothèse selon laquelle le commerce international est le fruit des avantages dont peut disposer un pays par rapport à un autre. Par exemple, le climat, les ressources naturelles, la qualité de la main d’œuvre[iv]. Selon Ricardo, dès lors que deux pays ont chacun des avantages l‘un par rapport à l‘autre, les échanges entre ces deux pays seront nécessairement avantageux. C’est la théorie des « avantages comparatifs », selon laquelle le libre-échange profite à tous les pays. Si différents pays se situent à des degrés divers d’industrialisation, alors le résultat est le suivant: dans le pays de départ, la croissance repart. Dans les autres pays, elle démarre.
Reprendre la conception ricardienne du libre-échange pose au moins deux types de problèmes. Le premier tient aux implications qui sont celles de la théorie des avantages comparatifs, dont la spécialisation se présente comme le premier corollaire: la spécialisation ne peut qu’entraîner de fait la dépendance vis-à-vis des productions qui ne sont pas réalisées sur le territoire d’origine. Dès lors, un pays ne peut plus prétendre à l‘autosuffisance, et se trouve largement dépendant, par exemple, des coûts de l’échange de tel ou tel produit -avec toutes les conséquences que cela peut avoir au niveau intérieur. C’est pour cette raison que la notion de protectionnisme n’est pas réductible à un pur réflexe nationaliste -comme on l’assène sans l’ombre d’un doute la plupart du temps-, et peut simplement correspondre au seuil le plus pertinent permettant l’organisation saine et durable des sociétés.
Rappelons, d’autre part, qu’à l’origine, les écrits de Ricardo étaient motivés par l’idée de rendre moins chères les denrées et matières premières importées, et celle d’accroître les débouchés extérieurs de l’industrie anglaise sans la crainte de perdre des marchés au bénéfice de ses concurrents. Friedrich List lui répondit dans son Système national d’économie politique (1840) qu’une telle logique équivalait à une apologie d’un libre-échange agressif, qui interdirait à des pays moins avancés sur le plan industriel de pouvoir se développer. Marx prolongea cette idée à partir de l’exemple indien: la colonisation britannique eut ainsi pour conséquence la disparition progressive de l’industrie (notamment textile), qui devait rester l’apanage de la Couronne. La théorie des avantages comparatifs ne débouche donc pas mécaniquement sur le cercle vertueux initialement décrit, l‘histoire le rappelle.
Le second problème est relatif aux hypothèses de base de la théorie des avantages comparatifs. Revenons pour cela sur l’exemple qui est classiquement chargé d’illustrer les idées ricardiennes: pour produire une unité de vin et une autre de drap, le Portugal a successivement besoin de 80 et 90 heures. Pour la même production, l’Angleterre a besoin quant à elle de 120 et 100 heures. Les avantages absolus sont donc apparemment uniquement du côté du Portugal. C’est ici qu’intervient une subtilité dans le raisonnement de Ricardo: avec 120 heures nécessaires pour produire une unité de vin, l’Angleterre peut produire 1, 2 unité de drap. Au Portugal, le rapport n’est pas de 120 sur 100, mais de 80 sur 90. L’Angleterre a donc intérêt à se spécialiser dans la production de drap, le Portugal dans celle de vin, de sorte que la production de l’un et l’autre soit plus élevée que s’il n’y avait pas de spécialisation.
C’est ici que l’édifice commence à vaciller : Ricardo place le drap et le vin sur le même plan. Or la productivité industrielle dont l’unité de drap va dépendre ne va que progresser…à l’inverse de la productivité marginale de la terre dont dépend l’unité de vin -et ce précisément en vertu de la loi des rendements décroissants qu’expose Ricardo. Le rapport entre les deux pays va donc être considérablement modifié, car les avantages comparatifs ne sont pas constants. De cet exemple, il ressort en premier lieu que la spécialisation n’est pas toujours ni souhaitable, ni tenable sur le long terme.
Mais cette idée fait surtout rejaillir l’importance des facteurs qui sont à l’origine des avantages de tel ou tel pays. C’est ce que fait remarquer Bernard Guerrien dans son Dictionnaire d’Analyse Économique: les avantages comparatifs sont-ils réductibles à une situation naturelle, considérée comme donnée et définitive? Ou peuvent-ils relever de l’action des États? L’enjeu est de taille, car il fait des avantages comparatifs non plus une variable explicative des échanges, mais une variable devant elle-même être expliquée. Ceci met en lumière une dimension essentielle du principe de libre-échange, celle du rôle dévolu à l’État dans la construction de ces avantages comparatifs. Ainsi, les gouvernements des principaux pays industrialisés ont-ils souvent été à l’origine du développement des « avantages » de leur pays: c’est le cas de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne, de la France, des Etats-Unis ou du Japon, c’est encore celui des « dragons asiatiques » tels que la Corée du Sud ou Taiwan, qui ont tous connu de plus ou moins longues périodes de protection et d’intervention active de l’État, durant lesquelles leur base industrielle eut le temps de se développer sans être soumise à la concurrence des autres pays. Le « développement » n’est donc pas le simple fait du libre marché, et peut résulter de l‘intervention délibérée de l‘État dans la maîtrise des échanges, ainsi que dans le soutien à tel ou tel secteur de l‘économie.
La conséquence de tout ce qui précède est donc logique: derrière sa connotation positive, le libre-échange peut rapidement se transformer en formidable machine à légitimer la hiérarchie des nations, les puissances dominantes cherchant avant tout à préserver leurs avantages acquis -voire à les accentuer. Alors qu’elles se spécialisent dans les secteurs à haut rendement (industries de pointe, services), les pays dominés se contentent de fournir les matières premières, et s’en tiennent à la production agricole, ainsi qu’aux productions de base. Voilà donc ce qui se dessine, en dernier ressort, sous le verni « libre-échangiste »: le maintien des liens de subordination entre pays.
L’APPORT NEO-CLASSIQUE
A la suite de ceux que l’on appela a posteriori les « classiques », l’histoire de la pensée économique identifie l’école « néo-classique » ou « marginaliste » (dont Léon Walras, 1834-1910, est généralement reconnu comme en étant le père fondateur), selon laquelle il faut chercher l’explication ultime des phénomènes économiques au niveau des comportements individuels, eux-mêmes guidés par le principe de rationalité. La théorie néo-classique constitue actuellement le paradigme dominant au sein du champ économique, que ce soit dans l’enseignement[v] ou dans la recherche (domination perceptible au niveau des présupposés, des méthodes, des objets d’études et des résultats).
Le choix de la modélisation
Une première caractéristique fondamentale de la théorie néo-classique tient dans son cheminement méthodologique, qui accorde à la modélisation mathématique une place essentielle, voire exclusive. C’est notamment ce primat des mathématiques dans la démarche scientifique qui est à l’origine de toute une rhétorique de l’expert contribuant à disqualifier toute critique émanant de la société civile. Loin d’être une misérable créature définitivement insensible aux malheurs des hommes, l’homme politique ne serait finalement que le modeste porte-voix des diagnostics et médications énoncés par « les plus grands experts », dont les méthodes éminemment sophistiquées interdiraient tout démenti crédible, toute contestation sérieuse et présentable.
Mais voilà: la modélisation n’est pas sans effets pervers, bien au contraire. On distingue généralement deux types de modèles. Les modèles formalisés, qui correspondent notamment aux modèles dits économétriques, au sein desquels on recourre abondamment aux mathématiques. Rien de plus logique, la modélisation mathématique étant le seul moyen de mettre en relations des dizaines, voire des centaines de variables.
Et les modèles, ou théories, non formalisés, qui tendent à rendre compte de réalités qui ne sont, elles, pas formalisables. C’est ici que l’on rentre dans le vif de la critique: appliquons à ces théories non formalisées le schéma tripartite de la « démarche scientifique traditionnelle »:
- Le premier de ces trois temps consiste à identifier les concepts et hypothèses de bases relatives aux comportements analysés. Ce serait faire injure à la science économique que de soutenir que cette étape est passée sous silence. Ce serait hélas lui faire trop d’honneur que de laisser penser que les hypothèses qui sont initialement posées dans ces types de modèles sont conformes à la réalité qu’elles prétendent représenter. Trois exemples:
1. La théorie néoclassique postule l’existence d’individus isolés, dont les intérêts demeurent indépendants les uns des autres, et qui ne communiquent que par le système des prix (les prix reflètent toute l’information disponible). Pourtant, la vie économique et sociale se caractérise, sans doute avant toute chose, par des logiques d’imitation, d’envie, et d’interactions de toutes sortes, qui rendent totalement absurde le biais « isolationniste ».
2. La macroéconomie néo-wallrasienne part de l’hypothèse suivante: « Notre modèle théorique de base comporte un seul type d’unité économique que l’on peut considérer à la fois comme un ménage et une firme » (R. Barro). En réduisant l’ensemble de la société à un seul type d’individu, il devient impossible de pouvoir expliquer le chômage, ou n’importe quel phénomène issu des conflits sociaux.
3. La construction néo-classique du « marché du travail » -sur lequel sont censés contracter offreurs et demandeurs de travail- nécessite les hypothèses techniques suivantes: la complétude et la convexité de la relation de préférence du salarié, la désirabilité des biens, l’absence de rendements d’échelle croissants pour le producteur, et la décroissance de la productivité marginale des facteurs. Au niveau des hypothèses institutionnelles, on a ceci: la liberté de contracter, la liberté de concurrence, l’information parfaite sur les prix, l’atomicité des agents (ou la libre entrée-sortie des agents) etc. Procéder ici à l’exégèse d’un tel torrent d’absurdités serait faire injure au bon sens du lecteur.
- Passons donc à la seconde étape, qui consiste généralement à formaliser l’ensemble des hypothèses retenues. Encore une fois, impossible ici de reprocher à la science économique de se soustraire à cet impératif, tant les contraintes en la matière sont devenues pressantes (inutile aujourd’hui de postuler pour un poste de chercheur au CNRS sans être passé par Polytechnique); plus facile, en revanche, de faire valoir qu’à l’étape de « formalisation » il serait sans doute plus judicieux de substituer celle du « raisonnement »,qui laisse la porte ouverte à une démonstration scientifique irréductible à la simple spéculation mathématique. Car en Économie, et comme le rappellent sans cesse ses historiens ou ses sociologues, nombreux sont les domaines qui échappent, en dépit de tentatives récurrentes, à la formalisation: les phénomènes de pouvoir, d’envie, de conflit-coopération, la prise en compte des organisations, institutions[vi] etc. sont autant de phénomènes saisissables par la science, mais pas par la simple mise en équation.
- Enfin, la dernière étape consistant à vérifier empiriquement la validité des thèses présentées demeure, quant à elle, régulièrement introuvable. Et de citer J.-Y. Caro, ancien secrétaire général de l’Association Française de Science Économique: « De longues années au service de l’économie pure et une carrière prestigieuse d’économiste peuvent laisser ignorant de l’économie réelle ». Aucun mystère à cela: dès lors que l’on postule l’existence d’une « économie pure » (les mots, ici encore, ne sont pas innocents), qui serait différente de « l’économie réelle », difficile de s’arrêter un instant, et de considérer l’impasse prospective à laquelle conduit la pure spéculation mathématique.
La parole à l’un des grands pontifes de l’économie contemporaine, Edmond Malinvaud: « Plusieurs paradigmes peuvent longtemps coexister dans notre discipline et (…) les changements dans les préférences de la profession entre paradigmes tiennent souvent plus aux déplacements des modes dans la communauté académique qu’à des preuves établissant l’adéquation aux phénomènes économiques réels et aux problèmes économiques réels. Si vous êtes d’accord avec moi sur cette dernière déclaration, alors nous n’avons pas à être fiers en tant que savants ; nous économistes pouvons alors apparaître plus intéressants comme objets d’étude dans la sociologie de la science que comme sujets contribuant au progrès de la connaissance scientifique. Réfléchissons à cette inversion possible de notre place et sachons en tirer les enseignements »[vii] (c‘est moi qui surligne). Voici donc les Gardiens du Temple placés devant une bien sinistre évidence: non seulement la place qu’ils défendent est vide, mais c’est précisément en vertu de l’insondable vacuité de leur labeur qu’ils s’épuisent ensuite à invoquer l’impérieuse nécessité de corriger les travers de notre monde[viii]. A celui qui s’étend sur son puit de science, il convient donc de rappeler de quoi est fait le fond du trône sur lequel il fanfaronne.
Homo Oeconomicus et anticipations rationnelles
Car si le lecteur est patient, il verra qu’au fond de ce puit l’attendent d’autres idées à l’exotisme tout aussi prononcé. C’est ainsi que, si l’on prend encore quelques secondes pour gambader dans le petit jardin modélisé, on est certain d’y surprendre l’économiste néoclassique en train de jouer avec sa petite poupée gonflable. La petite poupée gonflable de l‘économiste néoclassique porte un nom, elle s’appelle Homo Oeconomicus.
Cet aspect de l’armature théorique néolibérale revêt une importance bien particulière, si l’on garde en mémoire qu’il est désormais invoqué en dehors du seul cadre marchand, car censé conserver toute sa pertinence confronté à des domaines aussi différents que la sexualité, la politique, l’avortement ou l’infraction[ix]. La construction théorique de cet individu achevée, et agrémentée de quelques vœux pieux dans les vertus sociales du marché, pourra alors émerger ce genre de raisonnement selon lequel l’éducation doit faire l’objet d’un achat par chacun: de la sorte, et pour le plus grand bonheur de nous autres individus rationnels, la demande d’éducation s’arrêtera à partir du moment où elle n’est plus strictement rentable.
Mais commençons donc par les présentations: l’Homo Oeconomicus est l’artifice théorique auquel recourent les néoclassiques pour bâtir les modèles appartenant à la microéconomie. La microéconomie, elle, se propose d’expliquer les phénomènes économiques à partir du comportement des unités de base -les consommateurs (ou ménages), d’une part, et les producteurs (ou entreprises), d‘autre part. Pour que ces modèles puissent tourner, les néoclassiques ont postulé l’existence d’un individu, l’Homo Oeconomicus, dont le mode d’être tient dans un effort constant pour maximiser ses gains.
La deuxième caractéristique de cet Homo Oeconomicus est son indéfectible rationalité. En effet, l’individu vu sous l’angle néoclassique[x] formule, en toute circonstance, ce que l’on appelle des anticipations rationnelles, c’est-à-dire des prévisions que l’on peut qualifier de « parfaites », car effectuées à partir des lois de probabilité. L’individu dispose de toutes les informations disponibles; la rationalité suppose ainsi une connaissance de l’ensemble des caractéristiques de l’économie dont l’individu est lui-même partie intégrante, et non uniquement des paramètres qui le concernent directement. C’est donc sur la base de l’ensemble des options possibles qu’il se déterminera.
En fait, l’indéfectible rationalité des agents naît de deux postulats pour le moins confortables: l’omniscience des individus, et la situation de concurrence parfaite au sein de laquelle ils évoluent. Ce passage, peut-être en dépit des apparences, requiert la vigilance particulière du lecteur: ce qui peut ressembler au prime abord à une simple querelle entre universitaires n’est pas sans influence directe -et c‘est un euphémisme- sur le contenu du discours et de la pratique économique et politique, et participe largement de la vision du monde qui tend à se propager.
C’est ainsi que, pour ne prendre qu’un seul exemple, le fait d’invoquer l’existence de l’individu rationnel permet de discréditer toute intervention de l’État. On sait qu’un des rôles traditionnels de l’État consiste, en cas de crise conjoncturelle, à relancer l’économie au travers d’investissements productifs. Cette relance aurait ainsi pour effet majeur d’endiguer la montée du chômage, et donc de retourner, à terme, vers un relatif (j’insiste sur le relatif ) équilibre économique et social. C’est ici qu’intervient ce que l’on appelle la théorie de l’équivalence ricardienne, selon laquelle le mode de financement de l’État (par exemple le recours à l’emprunt) n’a pas d’influence à terme sur l’activité. Les ménages étant constitués d’individus rationnels, ils vont effectuer des prévisions parfaites: si l’État investit en période A, alors il cherchera à combler le déficit contracté en augmentant les impôts en période B. Ce serait donc une erreur que de profiter du surplus salarial que semble m’accorder l’État, puisqu’il finira par le récupérer une fois la crise terminée. Peu importe les exhortations de mes gouvernants, pas question de consommer, je préfère garder mon argent pour le moment où mes impôts augmenteront. Conséquence: la tentative de relance initiée par l’État est mort-née: je n’ai pas consommé, donc les entreprises n’ont pas augmenté leurs investissements, donc elles n‘ont pas embauché -si bien qu’au final, le chômage et la crise demeurent. Conclusion: l’État est un bien piètre agent économique, mieux vaut laisser jouer les mécanismes de marché plutôt que de solliciter ce cancre arrogant voulant toujours tout régenter.
Le mythe, puisqu’il faut bien appeler les choses par leur nom, de l’individu à la rationalité parfaite mu par son seul intérêt maximisateur s’est rapidement trouvé aux prises avec un ennemi de taille, à savoir les acquis des sciences sociales. De cette confrontation, il en est ressorti laminé. Depuis Max Weber jusqu’à Karl Polanyi, en passant par Émile Durkheim, l’immense majorité des grands historiens ou sociologues de l’économie s’est attachée à mettre en pièce le présupposé selon lequel l’homme se caractériserait avant tout par cette propension constante à faire fructifier son utilité. Ce type d’ « agir » n’est pas un mode d’être consubstantiel à l‘individu, en tant qu’il est à la fois situé historiquement, et géographiquement. L’« agir économique » naît avec le capitalisme, c’est-à-dire en Occident, aux alentours du XVIème siècle, dans un cadre normatif et institutionnel original (rôle de l‘idéal ascétique d’inspiration calviniste, de la constitution des grandes villes, du droit rationnel etc.)[xi]. Il ne coïncide alors en rien avec la plupart des autres cultures.
Déterminé, cet agir l’est aussi socialement, en ce sens qu’il n’est qu’une des multiples facettes qui composent le comportement, lui-même variable et jouet des trajectoires, des habitudes et des croyances; ce qui signifie en définitive que ce type de comportement varie, non seulement au gré des époques et des nations, mais encore au sein d‘une même société, selon les différents milieux sociaux envisagés. Et que le naturaliser, le substantialiser, l’universaliser, relève de la plus pure imposture intellectuelle.
Quant à la rationalité parfaite proprement dite, qui ferait sourire à peu près tous les sociologues, on se contentera ici de renvoyer à ce que le champ économique a été lui-même capable de produire. C’est ainsi qu’en 2002, le psychologue Daniel Kahneman et l’économiste Vernon Smith sont venus apporter une caution scientifique à ce que tout le monde pouvait saisir par le simple usage de son modeste sens commun: l’homme n’est pas un individu rationnel. Dans les situations d’incertitudes, les individus jugent et décident sans faire aucun cas des lois élémentaires de la probabilité, ainsi que des règles du calcul probabiliste. « (Daniel Kahneman) a montré comment la décision des individus peut systématiquement s’écarter des prédictions de la théorie économique traditionnelle ». Ce fut donc en ces termes que l’on remis à Kahneman le Nobel d’économie[xii], par là remercié d’avoir introduit dans le champ scientifique cette petite évidence: la variable d’irrationalité.
Il ne s’agira pas ici de dénier toute valeur euristique à de telles hypothèses. Par exemple, le paradigme de l’homo oeconomicus a pu être utile dans l’analyse de certains comportements sur les marchés financiers. Fondamentalement, l’imposture réside avant tout dans la systématisation absurde de tels présupposés qui méritent, d’autre part, d’être mis en balance avec leur impact performatif. Il y a en effet de quoi s’interroger sur le type de société vers lequel on s‘achemine, si l’on entreprend de normaliser progressivement, depuis les manuels d’économie jusque dans nos représentations les plus immédiates, la logique d’un calcul rationnel constamment tendu vers le gain, et la figure triste de ce pauvre « animal content de son économie du profit supplémentaire ».
Prenons donc au mot la mise en garde de Nizan: « Homo oeconomicus marche sur les derniers hommes. Il est contre les derniers hommes et veut les convertir à sa mort »[xiii].
LA REVOLUTION MONETARISTE
Reconstituer et destituer le prisme néo-libéral impose, ensuite, de se confronter à ce qui représente sans doute sa marque la plus évidente, reconnue usuellement sous le nom de « monétarisme ». Par « monétarisme », il faut entendre plusieurs choses: cette no
Ok sur le fait qu'il faut rester distant ac ces conneries, je comprends le rejet global qui se dégage de ton message (même si je ne comprends pas trop son fondement). Ok aussi sur l'idée qu'il faut faire attention à son ego. Ok aussi sur les contradictions, mais il y en aura toujours, l'enjeu est de les gérer, pas de vouloir être pur.
C'est qui Naipaul ?
" Le "vote Bové" (est-ce autre chose ? Non, entendez-le!) est un simulacre qui fait espérer encore que la morale est viable."
alors là... de quoi la morale? j'comprends rien. Si par morale tu entends la lutte contre la domination, alors oui c'est encore viable, c'est même presque ce qu'il nous reste pour tenir debout.
"Simulacre qu'est le changement, simulacre qu'est la crise."
Alors là... pareil ?!
En quoi le vote bové est-il "destructeur" ? qui ferait-il souffrir ? Tu attaques quoi? son programme? Le fait qu'il veuille redonner à la collectivité 1 dixième des bénéfices du CAC40 ? c'est ce type d'idée concrète que tu dénonces? Où le fait qu' on vote Bové pour donner un peu de visibilité à notre résistance ?
"Ne considérez pas l'égo dont vous parlez comme une faiblesse."
Quel est le lien ac les arguments avancés dans les deux textes qui précèdent? Pourquoi tu discute pas, par exemple, sur l'idée qu'on peut, par ce vote, soutenir les collectifs comme RESF ou DAL, qui sont dans la dynamique Bové?
"La politique est autre chose que son objet."
Dandy de la langue ! Nan mais c'est quoi ces quoi ces phrases à l'abscons ! Arrête un peu ton délire d'essayiste poétique mec. On est ptet cons qd on parle d'élections, jte l'accorde, mais tu ne nous fais pas du tout avancer ac tes juxtapositions de mots. Tu m'attaque sans m'aider. Mais ne t'inquiète pas je ne me sens pas con quand je ne te comprends pas. J'ai pas tort parce que tu fais du genre. C'est pas suffisant...
C'est toi qui fait mousser ton ego ac ces phrases lyrique pseudo savantes. C'est un refus de l'échange. C'est de l'autisme de fausse avant-garde puriste.
J'espère que ça provient d'une révolte authentique et d'une vraie tension intérieure chez toi, qui te fais voir à tort un bobo derrière tout Bové ; et pas d'une mise en scène de ton personnage... C'est toujours un peu des deux, non ? Pas trop du second j'espère...
On peut essayer de discuter plus calmement sur des points plus précis qu'un rejet général (et légitime) ?