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et proposer textes, liens, photos, vidéo, musique, etc.            > fonctionnement

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Derniers articles :

Nous reprenons ici un texte paru sur Indy Grenoble:

POURQUOI NOUS DEVONS TOUS ETRE A VICHY LE 3 NOVEMBRE PROCHAIN.


Les 3 et 4 novembre prochain, la présidence française de l'Union Européenne réunit, à l'iniatitive de Brice Hortefeux, l'ensemble des 27 ministres européens de l'Intérieur et de la Justice, à défaut qu'il y ait, ailleurs que dans notre beau pays, d'autres ministres "de l'Immigration, de l'Intégration et de l'Identité Nationale". Elle les réunit à Vichy. Là on s'entretiendra gravement du contrôle des flux de main d'oeuvre immigrée et de l'application de la fameuse "directive retour". On imagine sans peine avec quel rire gras l'idée d'une telle provocation a pu surgir dans le crâne d'un ministre qui est partout caricaturé en nazillon. Ha Ha Ha.

Voici quelques raisons pour lesquelles nous serons dans la rue, à Vichy, le 3 novembre, et pourquoi nous jugeons impensables de n'y être pas par milliers, et bien décidés à empêcher la tenue de ce sommet :

1. A l'heure où les sans-papiers répondent à la chasse qui leur est livrée par l'incendie des centres de rétention dans plusieurs pays d'Europe, c'est la tâche minimale de ceux qui les soutiennent que de perturber le banquet des ministres.

2. Certaines provocations symboliques, laissées sans réponse, constituent d'authentiques défaites pratiques. Elles sont conçues pour démoraliser ceux qui luttent, et les démoralisent effectivement. Elles désarment préventivement toute contre-attaque en normalisant l'intolérable.

3. Par la provocation systématique, le pouvoir en place entend acculer ses opposants à l'indignation, et par là les isoler. Car aucune personne sensée ne souhaite se retrouver à bêler dans le troupeau de ceux qui s'indignent: l'indignation est le cri de l'impuissance et nul ne goûte l'impuissance, parmi les gens sensés en tout cas.

4. La "directive retour" n'est pas une "directive de la honte", c'est une directive de collabo et la collaboration n'est pas du tout honteuse dans cette époque, elle y est au contraire parfaitement à son aise : elle est "décomplexée", comme elle dit. La collaboration n'est pas honteuse : elle est à détruire. En appeler à la morale, ici, c'est s'abstenir de lutter.

5. Au moment où Brice Hortefeux porte plainte contre SOS-Sans-papiers et veut faire porter aux "terroristes" de RESF la responsabilité de l'incendie du centre de rétention de Vincennes, au moment où l'on cherche à nous intimider, c'est là, précisément, qu'il faut faire dans la rue une démonstration de force. Ce gouvernement ne comprend pas d'autre langage. Il continuera à écraser tout ce qui s'oppose tant que l'on s'opposera mollement.

6. Chacun sent que nous ne pouvons pas laisser passer une couleuvre aussi grosse que cette réunion à Vichy, mais la provocation est tellement énorme qu'elle effraie. C'est le moment de laisser toute peur de côté, ou la peur finira par nous engloutir.

7. Une simple manifestation digestive le dimanche ne serait pas une réponse à la hauteur de la provocation. Ce serait au contraire une démonstration d'impuissance. Ce qu'il faut c'est empêcher physiquement la tenue de ce congrès, investir la ville le 3 novembre, bloquer ses accès, s'approprier l'espace public, perturber le cours normal de la vie à Vichy jusqu'à ce que l'occupant s'en aille. Nous pouvons compter sur cet avantage que des scènes de répression féroce à Vichy seraient du plus mauvais effet pour ce gouvernement "démocratique".

8. Depuis dix ans qu'il y a des contre-sommets et que des milliers de gens de France et d'ailleurs s'y sont aguerries, il est grand temps d'appliquer des tactiques éprouvées, et dont nous savons qu'elles marchent, aux luttes hexagonales.

Organisons des réunions publiques sur ce thème dans nos villes. Affrétons des cars pour s'y rendre en masse. Parlons-en dans nos orgas, à nos camarades. Faisons tourner l'information en Europe.


TOUS  ET TOUTES A VICHY LE 3 NOVEMBRE !
(le temps est court, mais la force est avec nous.)


Pour info, un forum social vichyssois regroupant plein d'orga et d'assoc' appelle déjà à une manifestation le lundi 3 novembre à 18H00.

A Lyon, des réunions se tiennent pour organiser la mobilisation et préparer des départs en car.
    Le comité de soutien de l'IEP-Lyon contre la répression a lancé la pétition
"Non aux violences policières contre le mouvement étudiant"

    Si une pétition a par nature une portée limitée, elle peut avoir du poids sur le bureau d'un juge, lui montrant que les accusé-e-s ne sont pas isolé-e-s, et à l'heure où plusieurs militants sont en procès, ce moyen ne doit pas être négligé. C'est pourquoi nous relayons cette pétition et le lien permettant de la signer.

     Faites la connaître autour de vous, et n'oublions pas que les deux syndicalistes arrêtés sur les quais pour de prétendues violences sur la police (alors même que c'est la police qui a scandaleusement matraqué les étudiant-e-s) passent en procès le jeudi 10 janvier au TGI de Lyon, rue Servient.

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" Le mouvement étudiant contre la LRU fait l'objet d'une répression inacceptable.


Nous sommes indigné-e-s par les arrestations arbitraires, les brutalités policières et le recours systématique par la présidence de l'université Lyon 2 à la force publique et privée contre les étudiant-e-s.

Nous refusons la criminalisation du mouvement et la gestion violente dont il fait l'objet à l'université de Lyon2.

Le contrôle systématique des cartes CUMUL pour rentrer sur les campus universitaires, les fouilles de sac et la banalisation de la présence des forces de l'ordre et de vigiles privés dans des universités nous apparaissent particulièrement inquiétants.

Nous exprimons notre solidarité avec l'ensemble des inculpé-e-s dans le cadre du mouvement et demandons l'arrêt des poursuites engagées.

Quoique l'on pense de la LRU et des formes de la mobilisation étudiante, ce sont des droits humains fondamentaux qui sont ici en cause."

POUR SIGNER > http://www.lapetition.be/sign_petition.php?petid=1466


 

Pour être tenu informé de la répression du mouvement
et de l'avenir de cette pétition, envoyer un mail à
:
infos@dissidence.fr




 
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Rien qu'à Lyon, l'arbitraire policier a amené 16 personnes en garde à vue dans le cadre du mouvement. 13 font les frais d'un procès. 2 ont eu des points de suture au crane suite aux violences policières...

> Sur l'affaire du Leader Price :
http://dissidence.over-blog.com/article-7285267.html

> Sur l'occupation du Musée des Télécoms :
http://rebellyon.info/article4787.html

> Vidéos des brutalités policières :
http://www.dailymotion.com/relevance/search/universit%C3%A9+Lyon/video/x3ooy6_etudiants-lyon2-face-aux-violences_politics
http://www.dailymotion.com/videos/relevance/search/r%C3%A9pression+lyon+2/1

> Des témoignages hallucinants :
http://dissidence.libre-octet.org/blog/r%e9pression%20doc1.jpg
http://dissidence.libre-octet.org/blog/r%e9pression%20doc2.jpg
http://dissidence.libre-octet.org/blog/r%e9pression%20doc3.jpg

Le site dissidences.net a précisé sur sa page d'accueil ceci :

" Dissidences n'a rien de commun avec Dissidence ! "

Qui renvoie vers la lettre qu'ils nous ont écrite. Cela mérite une mise au point car l'intégralité de l'échange entre nos deux sites n'a pas été reproduit.

Les correspondances qu'entretient un groupe, aussi informel soit-il, sont importantes dans la définition de sa position. C'est pourquoi nous reproduisons ici cet échange hautement dissident, dans son intégralité.

Découvrant par hasard le site et la revue dissidences.net, j'entrais courtoisement en contact avec ses animateurs :




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6 mai 2007 :

> Bonjour,

> un petit mail de reconnaissance dissidente. Nos noms de site et revue étant

> identiques à une lettre près, il se peut que des confusions apparaissent

> chez les lecteurs et visiteurs. En cas d'erreur (mails, etc.), sachez que

> nous renverrons vos visiteurs égarés à votre site et que nous vous tiendrons

> au courant.

> C'est à nous de préciser qui nous sommes, pour plus de clareté...

> Par ailleurs votre site m'intéresse dans la mesure où je mène une recherche

> sur Mai 68, plus précisément sur les libertaires et le 22 mars en Mai 68 à

> Lyon. Je vous recontacterais peut-être pour échanger sur ce point.

>

> Enfin, nous vous invitons évidemment à consulter nos ressources :

> http://dissidence.fr

 

> Cordialement,

> Rehan.

> ----------------------

> D i s s i d e n c e .fr

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Quelques jours plus tard je reçevais un mail, et une lettre, surprenante... :

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> Bonjour,

>     Notre réponse est en pièce jointe. Nous attendons la vôtre avec intérêt.

> Bien à vous,

> JG Lanuque pour Dissidences


Voici reproduite la pièce jointe, (unique pièce du dossier dévoilée au public par Dissidences.net)...

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DISSIDENCES n’a rien de commun avec Dissidence !
 
 

Le 27 février 2007, un site est créé : dissidence.fr. avec une version interactive sur over-blog.com. Le 6 mai 2007, soit plus de deux mois après, ses initiateurs nous avertissent, par un message électronique à notre directeur de publication Jean-Guillaume Lanuque, que leur site/revue risque de causer quelques « confusions » chez les Internautes. Voici notre position.
 

Chers confrères,
                  
       Bien qu’ une quelconque notion de propriété, même pas intellectuelle mais tout simplement sémantique, soit très éloignée de notre vision du monde, nous ne pouvons que regretter très fermement votre décision de nommer votre toute nouvelle revue en ligne d’un nom similaire (mis à part le « s » de fin) à la nôtre. Notre revue Dissidences – nom que prit en septembre 2000 notre Bulletin de liaison des études sur les mouvements révolutionnaires (BLEMR), lancé en décembre 1998 – de l’Association des amis de Dissidences (association loi de 1901), est éditée par L’Harmattan depuis le mois de décembre 2005 (deux numéros parus à ce jour) et notre site, www.dissidences.net, est visible sur Internet depuis l’année 2000.

Même si la revue et le site ne sont pas parmi les plus connus de l’hexagone, nous ne pouvons penser un seul instant que vous en ignoriez l’existence, ne serait-ce que par Philippe Corcuff. Nous trouvons donc votre initiative pour le moins cavalière, source effectivement de futures « confusions », « égarements » ou « erreurs », pour reprendre vos termes (mail du 6 mai 2007), dommageables pour vous comme pour nous. Sauf, évidemment, que nous, à Dissidences, nous n’y sommes pour rien, et pour cause !

 
Nous souhaitons donc que vous réexaminiez sérieusement la question de l’appellation de votre site interactif/revue dans l’intérêt de tout le monde.
 

Veuillez agréer nos salutations confraternelles

Jean-Guillaume Lanuque, pour la rédaction de Dissidences/Dissidences.net et l’Association des amis de Dissidences

Dimanche 13 mai 2007



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Evidemment ça m'a fait sourire, et je n'ai pas pu résister : j'ai écrit une réponse dissidente, qui a fait l'objet de sérieux débats entre nous (certains trouvant mon texte trop gentil, je l'ai un peu acidulé).


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D i s s i d e n c e  n’a rien de commun avec DISSIDENCES  !

En effet.

 

 

Chers confrères,

 

Bon.

 

La tonalité de votre lettre me fait dire que peu de confusions sont possibles entre nos dissidences, et je fais confiance à la qualité de perception de nos lecteurs respectifs.

 

Nous accusons réception de votre missive et en prendrons acte, mais face à ce qui nous paraît s’approcher de l’esprit de sérieux et de la gravitude, que peuvent répondre les post-libertaires-situs que nous tentons de ne pas être...

 

Sachez avant toute chose que nous ignorions l'existence de votre site et de votre revue lorsque nous avons choisi de donner une forme publique au concept politique de dissidence que nous développions. (La rencontre avec P. Corcuff date d’au moins six mois après.) Il n'y avait donc aucune offense de notre part. Excusez l’ignorance crasse dont nous avons fait preuve ; de notre côté, nous excusons déjà le ton ferme (cf. mail daté du dimanche 13 mai 2007, paragraphe 1, ligne 3) et quelque peu judiciaire de votre renvoi.

 

Je comprends votre sentiment dans la mesure où vous aviez la primeur du terme. Je suis néanmoins contraint de vous faire part du décalage qui m'a fait sourire à la lecture de votre courrier : je ne vois dans cette bénigne coïncidence qu'une source potentielle de petits malentendus, et pas un problème aussi sérieux que vous, semble-t-il. Peut-être est-ce là une autre forme que prend notre étourderie, mais il nous semble qu'il faille justement rester lucide : nous couvrons un très faible espace publique et nos dissidences semblent bien assez différentes pour que les lecteurs fassent vite la différence. Notre site connaît depuis peu une certaine fréquentation, c'est pourquoi j'avais entrepris de vous contacter.

Mais rassurez-vous, le secteur que nous touchons reste assez bien délimité (militants, critiques radicales...), pour éviter les confusions.

 

D'ailleurs, il n'y en a point eu de relevable jusqu'alors, à ma connaissance.

 

Je vous propose donc d'éviter pour l'instant d'entrer dans une guerre des marques, laissons ces querelles aux publicitaires. Il ne nous semble pas y avoir de nécessité impérieuse de renoncer à notre dissidence, et cette coïncidence chagrine assez peu de notre côté. Nous n'avons qu'une existence informelle, et n'envisageons pas l'avenir autrement (création d'association, d'Internationale Dissidente, etc.). Le caractère souple de notre dissidence, son faible enracinement institutionnel, devrait vous rassurer.

 

Enfin, comme notre démarche initiale de reconnaissance devait vous en convaincre, vous pourrez compter sur notre courtoisie et notre confiance en cas de sous-mal-entendus.

Nous préciserons qui nous sommes et qui nous ne sommes pas. Il suffira sans doute de procéder à de petits réajustements, précisions et bricolages, quand cela sera nécessaire.

Notre proposition de coexistence pacifique est-elle vraiment contraire à « l’intérêt de tout le monde » ?

 

Excusez au besoin l’application pratique, dans ce courrier, de notre concept de dissidence : éthique de la sincérité et sortie des cad(av)res étouffants de l’interaction normée.

 

Veuillez agréer vous aussi nos salutations non seulement confraternelles mais qui plus est sincères, et, parce que l'agréable c’est encore mieux que l'agrément, bisous à la rédaction de Dissidences.net et à ses amis associés.

 

Simplement,

Rehan (et complices).



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Actuellement, nous n'avons reçu aucune réponse de nos confrères dissidents, ce que nous regrettons fermement...
Amis, si vous nous entendez, je répète qu'il n'y a chez nous aucun sentiment revenchard à votre endroit, juste un souci d'honnêteté et de dialogue.
Réaction à la



LETTRE DE DÉMISSION DE LA LCR PAR WILLY PELLETIER
 
 
Paris, le 22 mai 2007
 
 Cher-e-s camarades,
 
 
Par ce courrier je démissionne de la LCR. J'aurai pu a
ttendre quelques semaines voire quelques mois, ce qui n'aurait eu aucun sens. La Ligue comme organisation a su, durant les années 1980-1990, préserver intact l'esprit de révolte qui manque souvent à la gauche. Elle est composée de militants exceptionnels, désintéressés et extrêmement utiles, d'une culture politique élevée. Comme élu au Bureau Politique, au Comité Central, à la CNO et à la CNE, j'ai pu mesurer la qualité de ces militants qui, à tous les niveaux de la LCR, se dépensent sans compter pour, dans les entreprises et les associations, résister à la dérive de la gauche vers la droite. J'ai tenté toutes ces années de servir cette cause du mieux possible. J'aimerai donc démissionner de la Ligue en toute amitié militante.
 
Mais, à mes yeux, seule une gauche de gauche unie, ou confédérée, peut aujourd'hui faire contrepoids à la gauche qui dérive, et à ce qu'annonce Sarkozy. L'auto
-satisfaction de la LCR, consécutivement aux résultats du premier tour de la présidentielle, était, sous ce rapport, déplacée. Dans un champ de ruine, sauver sa peau ne donne pas matière à réjouissance.
 
Et la construction de la seule LCR comme perspective stratégique n'est pas une réponse, dans la mesure où, trop ouvriériste, elle ne parvient toujours pas à intégrer pleinement dans ses campagnes, l'écologie critique, le féminisme, les revendications homosexuelles, de même qu'un socialisme libertaire pragmatique - bref toutes les traditions de lutte : le rouge, le noir, le vert, le mauve. Cette force arc-en-ciel, de toutes les couleurs, reste à inventer, et rapidement. La LCR est la LCR, mais n'est pas cette force.
 
Je démissionne de la LCR pour des raisons stratégiques et théoriques, exprimées de longue date :
 
1) L'indépendance vis-à-vis du PS est obligatoire, la Ligu
e l'affirme à juste titre. A condition qu'elle n'enferme pas dans l'impuissance. Je crois, pour ma part, que seule une tension productive entre gauche de gauche et gauche de droite peut servir. Et il s'agit d'être utile, les mains sales si nécessaires : comment, très concrètement, le plus possible, le plus vite possible, changer au maximum les conditions d'existence de ceux qui ne peuvent se satisfaire de proclamations aussi maximalistes qu'inutiles. Ce n'est pas l'extériorité satisfaite qui a pu réduire le rôle des multinationales de l'eau dans la gestion des eaux de Paris, comme Anne Le Strat l'a fait. La gauche critique doit devenir une gauche du « faire ». Au lieu de rester une gauche du verbe.
 
2) Les incantations guevaristes ou « révolutionnaires » m'apparaissent, sous ce rapport, déconnectées de l'enjeu (et, pour tout dire, d'insupportables poses, car personne n'est révolutionnaire antérieurement à une révolution, et les révolutionnaires auto-proclamés ont généralement trahis les processus révolutionnaires). Je ne crois, par ailleurs, ni à « la » rupture, ni au grand soir, ni aux avant-gardes, ni à l'héroïsation en politique, je crois à l'enchaînement des réformes imparfaites et humbles qui,
se consolidant, se rectifiant, révolutionnent.
 
3) Les théories du Pouvoir et du Capital, qui s'inspirent de Trotski et prévalent à la Ligue, n'ont pas intégrées, comme l'indiquaient Foucault et Bourdieu, que les pouvoirs et les capitaux sont partout, et partout des relations, non pas des substances, qui de surcroît agiraient « comme un seul homme ». De sorte qu'à la manière proudhonienne, je crois qu'il faut travailler les tensions entre les pouvoirs, et leurs équilibrages libertaires - au lieu de prétendre remplacer « le » Pouvoir (qui n'existe que comme fétiche) par un autre Pouvoir (qui risque fort, pensé dans ces catégories, d'être aussi tyrannique et fantasmatique que le premier).
 
4) Faute d'une théorie de la capitalisation en politique, la LCR reproduit aussi, depuis 30 ans, en son sein, de très conventionnelles monopolisations des pouvoirs de décider pour l'organisation. Je crois, à l'inverse, qu'il faut casser ces vieux modèles de délégation (et d'identification aux leaders).
 

J'ai cru devoir énoncer ces divergences (connues) car l'engagement politique - débuté il y a 30 ans à la Fédération Anarchiste - est une affaire sérieuse, qui exige d'être, entre nous, transparents. Faut-il répéter toute l'estime que je porte aux militants de la LCR, et la quitter ne s'effectue pas sans peine. Mais j'espère que nous nous retrouverons vite, coudes à coudes, dans les luttes, puisque la Fondation Copernic, depuis 1998, n'a cessé de faire trait d'union entre toutes les composantes de la gauche de gauche.
 
 
Amitiés libertaires
 
Willy Pelletier


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Réaction Rehan :




Je soutiens la récente entrée en dissidence de ce Willy qui m’est inconnu. Sa lettre de démission me parle. Je crains que la Ligue, qui peut désormais régner sur l’extrême gauche, avec ses archaïsmes, ne paralyse la gauche radicale, tout simplement car nous sommes très nombreux parmi les jeunes révoltés à refuser de voter LCR. Si on prend les milieux lyonnais ou grenoblois que je connais un peu, chez les jeunes, la Ligue est déconnectée de ce qui me semble être la dynamique en puissance. Peut-être que ce courant, très mal défini, me paraît dynamique parce que j’y suis mais il semble qu’il ait beaucoup plus attiré, suite et lors du mouvement contre le CPE et son monde, que les orgas traditionnelles. Entre autre indicateur du capital sympathie renouvelé pour le courant libertaire : le fameux « Moi je suis dans aucun parti », mis en avant par les jeunes qui intervenaient dans les AG, qui n’étaient pas « politisés » selon leur définition. Ils furent nombreux et ils rejettent les partis, (et aussi) tout autant les anars style « autonomes », c’est vrai. Cette dynamique ne peut se cristalliser dans la Ligue. A Lyon, l’activisme politique gravite autour de Rebellyon, à Grenoble c’est Indymedia qui joue ce rôle. Ces deux sites sont très fréquentés, et intéressent ceux qui cherchent à s’informer, à résister. Cette dynamique c’est aussi les coordinations nationales, et cette majorité de jeunes « non politisés », dans ces coord. Voilà l’avenir. Et les jeunes de la Ligue, malgré leur tentative en partie réussie, de mobiliser leur capital militant en s’imposant aux tribunes de ce récent mouvement, sont en fait complètement coupé-e-s de cette dynamique (on retrouve la même chose à Rennes, me semble-t-il). Pire, illes agacent car illes refusent de s’investir dans un vécu commun. Illes ne viennent qu’en tant que LCR.  Par exemple, une réunion, annoncée en tant que AG ne parvint à réunir qu’une quinzaine de personnes ; manifestement trop peu aux yeux de celles et ceux issus d’organisations traditionnelles pour qu’ils daignent intervenir, peut être par peur de perdre leur temps, illes quittèrent la salle très vite. Si nous avions été 100, ces « incarnations » (aussi bien de la LCR que de LO, ou d’autres encore…) auraient sans doute trouver là une « utilité » plus grande et auraient monopolisé la parole. Ces pratiques sont insupportables. Ce genre de discussion à 12 était justement l’occasion de se rencontrer, de dépasser les conflits douloureux entre libertaires et orgas. Mais cela ne les intéresse pas.





Les dynamiques jeunes à tendance libertaires pourraient très bien voter pour une alliance anti-libérale mais refuseront sans doute de voter LCR. D’ailleurs beaucoup d’entre eux ont voté Bové pour lancer cette perspective. Beaucoup ont aussi voté Royal au deuxième tour (la partie la plus dure s’est abstenue), donc ils sont prêts à voter. Si la Ligue reste cette LCR, alors cette énergie restera politiquement invisible. Par exemple, l’ensemble des jeunes hors des orgas, et qui se sont pleinement engagés lors du CPE, et sur des bases très radicales (cf. les coord) sont bien plus nombreux que les JCR et autres scories de l’histoire réunis. Les réseaux et dispositions rebelles travaillées lors de ce mouvement (et depuis le mouvement lycéen de 2005), actuellement en veille, ne peuvent être réinvestis dans un parti type LCR. Il y a une incompatibilité sociologique évidente. D’autant plus aggravée si Besancenot « désapprouve » les révoltes qui ont suivi le deuxième tour. A cet instant, il se coupe sciemment des quelques centaines de jeunes qui dans chaque ville ont tenté d’exprimer leur rage, certes de façon peu efficace et sur un anti-sarkozisme assez passionnel et parfois grossier, mais bon il n’y a pas à juger ce qui relève de la spontanéité. De toute façon, nous savons bien que nous n’intéressons pas le parti. Ce qui intéresse le jeune, beau et dynamique Olivier, c’est séduire à la télé et faire du chiffre. A la rigueur cela peut se comprendre, mais ce moyen apparaît vite comme très limité.

Il faut surtout chercher à étendre le cercle des contestataires actifs, notamment en rompant avec la notion de militant. Les gens qui luttent contre le fichage ADN, les nanos, les pubs, le productivisme, le travail, etc. sont certes une extrême minorité, mais elle est dynamique, et la Ligue en restera coupée si elle reste un parti. Nous n’entrerons jamais dans un parti, surtout s’il entretient ses archaïsmes. Or, il est nécessaire de créer un commun, comme l’a été la lutte contre le TCE, comme a pu l’être la lutte contre le CPE. Il faut que ces différents secteurs contestataires et/ou subversifs trouvent l’occasion de vivre une communauté de lutte et d’expérience. Il faut donc dissoudre les partis pour constituer des unions localisées, des collectifs de lutte, sur des échéances courtes. Avec souplesse, se réunir pour une action, une élection, mais préserver ses identités, se séparer, grandir dans son espace, se fédérer à nouveau, etc. C’est une urgence historique, et les partis plombent la créativité dans les formes d’action politique en reconduisant des formes et des enjeux archaïques et réactionnaire comme l’explique Willy dans sa lettre. Un parti ne permet pas cette souplesse. La forme « parti », qui reste celle de la Ligue est de toute façon condamnée, car la relève c’est nous (proportionnellement la tendance jeune radicale libertaire est plus importante que les rares trotskistes étudiants), et nous ne porterons pas de drapeaux, c’est évident. Les drapeautiques se meurent (tant mieux), plus personne ne connaît le couplet n°2 de l’Internationale, elle est de plus en plus bâclée à la fin des meetings. Encore dix ans et elle saute. Mais ne tardez plus. Quand je vois qu’au meeting de Besancenot à Lille, plein à craquer, les militants de la Ligue n’ont rien trouvé de mieux à faire que distribuer les paroles du premier couplet, pour lutter contre l’histoire, alors je m’interroge. Pourquoi ne pas faire un court tract sur la répression dans les quartiers par exemple, pour sensibiliser les jeunes curieux, « venus là pour voir » ? 100% à gauche, mais quelques pourcentages hors du temps…












 De l'intégration spectaculaire.






Entrez tous en dissidence, videz la Ligue, cela rendra plus flagrante encore la nécessité de faire autre chose. J'appelle, sans voix, tous les gens de gauche, y compris au PS, à démissionner publiquement pour rendre nécessaire une union, ou plutôt des collectifs temporaires, coordination et organisation, mais souple. L'organisation « parti » ne sert strictement à rien, à part à maintenir le parti. Témoins Lyon ou Rebellyon, sur des bases d?organisations plus souples ont fait bien plus en quelques années pour nourrir la résistance qu'un parti ne peut le faire. Les médias alternatifs libertaires ont le vent en poupe. Vous croyez que les jeunes entrés en politique avec le CPE vont lire Rouge ?! Surtout, l'alliance avec les quartiers est impossible avec un parti type LCR. La rupture avec le MIB par exemple, est totale. La sanction contre la Ligue tombera une fois de plus lors du forum des quartiers en juin, mais il est sûr que la notion de parti politique est devenue archaïque, ce qui ne veut pas dire, ne nous faites pas l'offense de penser cela, qu'il ne faut pas s'organiser.

Quand on pense qu'au meeting de Lille on nous a parlé de la Quatrième Internationale! Et c'est nous qui serions des idéalistes déconnectés de la réalité...
 


Vous êtes vieux, nous sommes jeunes. Le temps nous donne raison. En toute amitié, militants passéistes, finissez de mourir, nous n'avons plus le temps d'astiquer les faucilles dans le musée de vos consciences.






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Lire aussi :

> Le parti, un Etat dans l'Etat, par Stirner.

> " On ne fait pas la loi à qui risque sa vie devant le pouvoir " (Réaction au "je désapprouve" d'O. Besancenot, suite aux révoltes contre l'életion de N. Sarkozy.)

Le désigné abstentionniste de la bande était dans la rue à Grenoble et s'est fait gazer la gueule hier dans la nuit. Dura de 21h à 1h du matin. Très bon travail des forces de l'ordre qui dès 20h45 virent "les anarchistes du siège de Carignon, le collabo local. Pourchassent les criminels jusque le plein centre où a lieu le grand rassemblement. Surprise les CRS et la BAC s'en vont. De là, on décide d'aller en banlieue "participer" aux émeutes. On se fait barrer la route par environ 300 CRS. Nous encerclent, nous gazent, sont partout. La BAC est survoltée. Vraiment nombreux, tabassent des types qui ont les mains dans les poches. Gros sentiment de révolte. Retour en plein centre par petits groupes, on parle à des RG, à des cons de flics au sourire narquois. L'un d'eux nous dit qu'on les fait bien rire depuis plus de deux heures, et qu'il n'aime pas les anarchistes. Un autre qu'il est en train de rater une série sur le cable, et qu'il aimerait bien aller se coucher. Après un moment ils nous cartonnent. Encerclé gazés, matraqués, il y en a pour tout le monde. Des arrêtés, il y en a. Et un mec qui s'est fait broyé les jambes, par une voiture de la BAC. On a croisé des gens choqués de voir comment ça partait. On a beaucoup parlé, avec des RG et des CRS, avec des anars, des socialistes, des sarkozystes... Des grosses têtes de flic. On a gueulé, etc.

 

Et puis soyez un peu tolérants. On croirait des socialistes putain ! Ca rime à quoi de culpabiliser les gens qui sont de votre côté ? QUI EST COUPABLE ? 

 

Et puis j'étais là, solidaire. On a parlé à des wesh, à des anars, et eux parlaient peu entre eux. Les wesh se foutaient de la gueule des anars. Y'a quand même des barrières de malade... Mais un peu d'espoir quand même parce qu'en s'y prenant bien, on parle aux wesh et hier c'est même eux qui m'ont tenu les "discours" les plus intéressants !

 

Après, je pense que les abstentionistes étaient au moins aussi légitimes que les votants. Nous, dès le départ on a pas accepté les règles du jeu, alors, on n'est pas des perdants. Ceux qui ont voté Ségolène ont accepté le jeu, ont joué, ont perdu. Ils ont joué à ce jeu démocratique, et on perdu légalement, légitimement. Il fallait être dupe pour croire que c'était possible.

 

Les votants SR qui étaient là hier sont de mauvais perdants. Mais je ne vous condamne pas, moi ! Merci d'être là, malgré tout, on est dans la même situation. On est unis, non ? Notre révolte était juste, c'était notre justification, face à celle du suffrage universel. Vous avez pensé que peut-être on pouvait le battre. Moi pas. Je ne pense pas hier qu'il y avait les abstentionnistes qui ont tout fait foiré et les autres qui se sont compromis dans le vote Royal, pour le bien des autres. Merde, il y a pas quelques voix de différence ! 2 600 000 voix, dit-on ! Et il fallait aller voter ?

 

Je pense que le débat ne tourne pas en la faveur des votants avec ce résultat. Il faudrait peut-être analyser comportements et conséquences. Un flic a dit que les anarchistes qui n'avaient pas voté étaient des cons parce qu'ils refusaient la démocratie, et que les autres étaient pas cons et qu'ils avaient cinq ans pour avaler "le suppositoire". Je crois que c'est équilibré, sur le fond ? On n'en pense pas moins, à dissidence?

J'sais pas si on est prêts :) mais apparemment eux le sont .
Que ceux qui parlent d'une abstention révolutionnaire assument! Mon ptit doigt me dit que ce soir, qui ne sera évidemment pas le grand soir, il y aura des arrêtés (et plus si affinités) et que ce seront les mêmes qu'avant. Que tous les abstentionnistes révolutionnaires propres sur eux (et les autres) se tiennent prêts à défendre concrètement leurs "frères et soeurs de révolte".

La police est sur le pied de garde

A deux jours du second tour de l'élection présidentielle, les policiers s'organisent. Ils comptent quadriller le territoire francilien pour contenir d'éventuels débordements, notamment en cas de victoire de Nicolas Sarkozy. « Un dispositif lourd va être mis en place, car les risques sont réels », avoue le syndicat Synergie Officiers.

Les 18e, 19e et 20e arrondissements de Paris seront particulièrement observés, tout comme la Seine-Saint-Denis. Sept à dix compagnies de CRS seront mobilisées, ainsi que des gendarmes mobiles, prêts à intervenir « en renfort en cas de besoin », confirme la préfecture de police de Paris. Un hélicoptère doté de moyens de surveillance nocturne sera mis à la disposition de la police, a-t-on appris hier. A la cité des 4 000 de La Courneuve, les CRS sont déjà déployés à grande échelle, selon l'association Africa.

Dimanche soir, les forces de l'ordre se concentreront aussi autour de Matignon, de l'Assemblée nationale, du Sénat, de l'Elysée, mais aussi à Bastille et à République, « lieux de rassemblement politiques », selon Synergie. Elles seront également présentes aux Halles et dans les gares de Lyon et du Nord « pour filtrer » les arrivants de banlieue.

La Seine-Saint-Denis est très observée par les Renseignements Généraux, et des policiers locaux sont « persuadés qu'il y aura des affrontements ». Selon l'un d'entre eux, les soixante voitures brûlées le soir du premier tour dans le Nord-Est parisien n'étaient qu'un « avant-goût ». Du côté des associations, on assure au contraire que le risque est faible, pour éviter de donner des idées aux casseurs.

Présentation sur inydmedia paris d'un collectif de colleurs et colleuses d'infos sur bouygues, sarkozy.... Le FTP a pour cible le légume scotché devant TF1, et colle donc dans les abribus (de préférence sur les panneaux JC Decaux) là où les gens "normaux" (nan pas vous et pas moi les étudiants radicaux infiltrés à l'ENS où embastillés dans les facs) ont le temps de lire.

http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=80494#commentaires

Suite à l'excellent article qui suit de Raf, je propose pourquoi pas qu'on écrive ensemble une lettre de ce genre à la presse. Une lettre virulente mais fondée à ces journalistes conquis qui font comme s'ils avaient tout compris et qui endorment l'esprit d'une même idéologie pourrie.

Je pense qu'on ne devrait pas rentrer là dedans et jouer au grand jeu des médias. Mais si on leur dit d'emblée que c'est une concession, que ça nous embête de faire ce qu'on fait (comme Corcuff quand il explique pourquoi il vote Royal) ? Et puis on ne sera sûrement pas publié, faut pas rêver. En fait en lisant Raf je me suis dit que ce qu'il dit, il faudrait leur dire. Il faudrait montrer que la rupture, la cassure générationnelle et idéologique ne nous laisse plus dupes de leurs appartenances et convictions morales. Qu'une nouvelle éthique politique vit en dehors d'eux.

Tant pis si ça tombe dans l'oreille de sourds. Car ils sont sourds ceux qui nous disent ce que les autres leur ont dit. Mais le mieux serait peut-être de parler aux électeurs...  Attendre les résultats du second tour ? Dites moi si je mégarde, car je pressens aussi que c'est inutile.

Dazibao

 

 

 

« C’est quoi ?

 

- un mot chinois y paraît.

 

- ouai bon, à la limite, mais ça veut dire quoi ?

 

- ben…c’est du chinois, on y comprend rien ! »

 

 

 

            N’en restons pas là, c’est peut être du chinois, mais il est possible que ce soit dissident, alors ça peut nous parler.

 

            De 1966 à 1979, les murs de Pékin, mais aussi d’autres cités interdites de l’Empire chinois, ont été ponctuellement recouverts d’affiches aux caractères subversifs qui tentaient d’entretenir apparente la tension née de la nécessité de lutter et de résister.

 

            Ce mode d’affichage illégal était un véhicule d’informations et se présentait parfois sous la forme d’une page de journal « artisanal » collé au mur, d’une image, ou encore d’une simple phrase.

 

L’illégalité de l’action tenait à la fois au mode d’affichage, un affichage sauvage, dans des lieux publics comme privés, mais également aux propos et aux informations détenues dans ce qui pouvait parfois ressembler fortement à des pamphlets. Ce genre de manifestations est également visible dans le Tag, sauf que dans ce dernier, le message et l’information qu’il renferme sont totalement absconds pour beaucoup, et tout juste cons pour encore plus. Quand je suis remonté à Lille (subtil introduction de l'anecdotique...), j’ai revu des potes grapheurs (ONIR, PMU et NEKO), on discutait du Tag et on parlait de la propriété, PMU et NEKO me disaient qu’ils ne taguaient pas sur des maisons, c'est-à-dire, pas sur ce qu’ils appelaient  « l’espace privé » (en opposition à espace public, qui est à tout le monde), alors ONIR (grand lecteur de Boris Vian à ses heures retrouvées ou perdues) entre dans la conversation en citant Proudhon « La propriété c’est le vol »…je ne poursuis pas plus loin ce couplet sur l’éloge de la subversivité du Tag, qui est bien trop souvent récupérée, anesthésiée, voire annihilée.

 

 

 

            D’abord vous allez me dire que ce n’est pas nouveau, on me parlait à juste titre du journal Mur-Mur qui se frayait une chronique sur les murs de Grenoble pendant Minatec.

 

Je ne connais pas ce « journal d’information direct », comment était il organisé etc…

 

Si vous avez des infos, je suis preneur.

 

 

 

            A côté de ça, il y a les actions anti-pub, les déboulonneurs etc…Des gens qui entrent dans l’illégalité parce qu’ils s’attaquent ouvertement au matraquage publicitaire, lequel est, dans un cas sur trois, illégal. Ils s’attaquent donc à ces panneaux illégaux et ont par exemple comme revendication de réduire l’affichage publicitaire à 50 x 70 (je crois que c’est ça…).

 

            Tout en étant solidaire de leur lutte, je n’en démords pas, qu’il soit légaux ou non, qu’ils fassent 50 x 70 ou moins, que le « seuil » de supportabilité soit dépassé ou non, je pense qu’il faut s’attaquer à ce media qui, au sein du panthéon des véhicules et des relais des enjeux de dominations, figure parmi les plus abrutissants, les plus avilissant qui soient.

 

 

 

            Rosa Luxembourg ou les situationnistes véhiculent cette même idée de la perturbation du lien social, d’interrogation de la norme, non pas de sa destruction, mais bien de son ébranlement, de son déplacement. Parce ce que c’est dans cet interstice où le décalage implique une remise en question, consciente ou non, brève ou non, que peut germer la prise de conscience.

 

 

 

            Une amie, étudiante en psychologie, m’a déjà suggéré quant à ce genre de « chocs » qu’ils pouvaient générer une violence psychologique, pouvant se révéler ingérable (racisme, xénophobie etc…ou encore comportements violents reflétant la violence ressentie) et que de plus, c’est quelqu’un qui choisissait d’imposer à un autre cette violence, elle avait l’air de me dire  « au nom de quoi imposer cette violence ? ». Elle désapprouvait ce genre d’initiatives.

 

            Et pourtant…retournant contre elle ses propres armes ; tout ce qui se passe dans le psychisme et dans l’inconscient doit s’exprimer, d’une manière ou d’une autre. La violence est là, quel soit physique, visuelle ou symbolique, et la nier, la taire et l’empêcher de s’exprimer aurait, on peut le penser, des répercussions bien plus dangereuses pour le réseau social. Alors oui, il s’agit d’imposer, ou plutôt de s’imposer, il s’agit d’imposer cette perturbation tout comme l’on s’impose quotidiennement aux autres (enfin, c’est plus eux qui s’imposent à moi en général…). Et puis cette perturbation n’est qu’une porte que l’on ouvre, ce n’est qu’une possibilité, pas une obligation ou une attaque…l’attaque n’est pas portée contre la personne elle-même, mais contre un fonctionnement qu’elle porte et qui la penche vers la terre.

 

 

 

            L’autre question qui s’impose, dans quelle mesure peut on considérer qu’une dynamique subversive et contestataire n’est pas elle-même une sous-pape de ces tensions, un moyen d’exprimer et d’expulser cette violence, tant que celle-ci n’a pas changer ou renverser l’ordre établi ?

 

Peut être que pour vous la réponse apparaît comme évidente, je pense que la question est utile et nécessaire, attaquons nous à l’évidence, aux évidences, que ce soient celles des autres ou les nôtres.

 

           

 

            Voila une idée, j’attends ce que vous en pensez : pratiquer l’affichage illégal et régulier de textes, d’images, de photos, de dessins, de phrases. Je ne parle évidemment là d’aucune organisation, chacun affiche ce qu’il veut, en nombre d’exemplaires réduit, peut-être parfois unique. Je parlais des déboulonneurs, parce que je pense que s’attaquer à l’affichage publicitaire, le recouvrir, est cohérent avec ce moyen de diffusion, et parce que ces dernières ont un statut privé/public mal défini. Que ce soit clair, je ne préconise cette cible que parce qu’elle me semble stratégique, d’autres le sont aussi, qu’elles soient privées ou publiques. Ces affiches auraient pour but de mettre à profit la créativité de ceux qui les font et la réactivité de ceux qui les voient, qui les regardent, qui les lisent. Parce que « créer c’est résister… ». Par ce biais, on trouverait le moyen de résister sans militer. Pas de sigles, pas de logos, pas d’adresses, pas de noms sinon ironiques…

 
 

           
           
Les écueils à éviter peuvent être nombreux, comme celui de remplacer la pub par une autre pub, cette action se voudrait à la fois non moralisante et claire, il serait question de ne pas détruire le lien social (comme le suscite parfois le Tag sur des gens qui ne comprennent pas pourquoi, et donc s’en éloignent) mais de créer et générer une interaction qui entraînerait une remise en cause des conventions sociales et de l’évidence.

 

            Je ne crois pas qu’il puisse exister d’autres moyens, plus puissants que l’art pour susciter ce trouble. Celui qui ne tente pas de convaincre ou de manipuler, parce que l’art n’a rien à prouver.

 

            Peut-être certains d’entre vous vont considérer cette solution comme « bien gentille » mais totalement inefficace et à la portée microscopique. Cependant je crois que c’est un mode de lutte qui illustre très bien la résistance que nous sommes forcés de porter.

 

 

 

veni, vedi, dissidi.

 

 

 
 
 

 

En Mai 68, ceux que l'on appella les inscrivains, donnèrent la parole aux murs. 40 ans après, c'est affligeant de constater qu'on aît tous oublié ce mode d'action hautement politique.

Pas tous. Une lycéenne nous envoie trois photos, et ce texte :


 

 

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Extrait de l'article 322-1 du code pénal (Partie Législative)

« La destruction, la dégradation ou la détérioration d'un bien appartenant à autrui est punie de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende, sauf s'il n'en est résulté qu'un dommage léger. Le fait de tracer des inscriptions, des signes ou des dessins, sans autorisation préalable, sur les façades, les véhicules, les voies publiques ou le mobilier urbain est puni de 3 750 euros d'amende et d'une peine de travail d'intérêt général lorsqu'il n'en est résulté qu'un dommage léger. »

 

Bon voilà ce qu’on aurait pu encourir… C’est un peu démesuré tout de même. Mais on l’a fait. Et puis faut dire qu’on n’y pensait pas trop avant, on ne voyait que l’action. Avoir l’idée, la réaliser, c’était un peu ce qui nous obsédait en ce moment, parce qu’on entend plein de choses, on est contre et c’est bien joli, mais agir c’est quand même mieux…

 

L’idée, c’est un peu ce site, Dissidence.fr, qui en donnait l’envie. Et de l’envie au projet, c’est pendant les retours en bus du lycée que ça s'est concrétisé, là où on ne peut justement rien faire, où les idées mûrissent grâce à la léthargie d’après cours. Agir ! Ça faisait longtemps qu’on en parlait ! Alors, après les tracts au CDI, c’était plus fort qu’on voulait frapper. Qu’il n’y ait non pas une trentaine de lycéens touchés mais un village de 3 800 habitants très majoritairement de droite (extrême) et 2 000 automobilistes frontaliers qui y passent chaque jour. Alors, c’est une inscription qu’il faut ! Mais il faut qu’elle détone des tags racistes, et pour marquer la différence entre des graffiti rapides, qui n’ont d’autres intérêts que l’acte en lui même, on voulait cumuler « acte de vandalisme », signification percutante et réalisation graphique classique, les lettres attachées. Tout ça, histoire d’attirer les regards et de les amener à y voir autre chose qu’un tag habituel. Pour être lu sérieusement quoi de mieux qu’un écrivain sérieux et indiscuté ? D’abord Musset s’imposait : « Qu’importe la conscience, si le bras est mort ? ». Elle nous semblait parfaite cette phrase, pas trop virulente, politiquement plutôt neutre, et bien générale. Hélas, un petit problème technique intervient : un brouillon dans une poche, le jean lavé, les poches vidées, une maman qui lit… et une nouvelle phrase à rechercher. Alors le vandale, ce sera Victor Hugo !



 
 

Vu le personnage et sa légitimité, ça sera un peu dur à blâmer… La phrase choisie, on se procure une bombe aérosol, et tant qu’à faire, pour s’inscrire totalement dans la logique, on la vole. C’est le premier acte illégal qui nous condamne à aller jusqu’au bout.

 

On fixe la date, le 11 avril, pendant les vacances, avec un petit alibi gentillet pour les parents : voir « Kill Bill » chez le complice ! Le film est sympa, mais on a la tête ailleurs, le réveil sera à 2h00. Pas la peine de dire qu’on essaie de dormir avant, en vain, vu l’excitation. 2h00, ça y est. Survet’, bonnet, capuche, la bombe dans un sac. On sort discrètement, le stress nous brasse bien le ventre, et après 20 minutes de marche, on commence direct sur le mur de la grand’ rue, bien éclairée. Une voiture nous interrompt, on court, on se cache, et on recommence…

 

Un autre mur puis un autre. Personne. Tout s’est bien passé. Mais mine de rien y’a du trafic à 2h30 !

 

A 3h00 on est rentrés, c’est parti pour la nuit blanche ! Le lendemain, on sent que les autres et nous mêmes avons quelques choses à nous reprocher, on fait parti des « délinquants » en quelques sortes, on va être responsables de la réaction mécontente des gens. Rô ! Ben ouais, c’est nous, et alors ? Maintenant faut assumer. Quelques jours après, ma mère me demande « T’as vu les inscriptions de Victor Hugo ? », « Ah non ! Où ça ? C’est bizarre Victor Hugo ici !» et puis plus rien. Re-belote, le lendemain «  C’est quand même marrant ces phrases dans C*** ! » Petits rires intérieurs mais mine désintéressée… si elle savait ! On en entend parler autour de nous, au lycée… « Tiens ! L’insurrection approche ! ».

 


 

 


 

Mais finalement pourquoi on a fait ça ? On doute. Est-ce que ce n’est pas un simple moyen « de se sentir vivre » pour des jeunes désabusés, plutôt qu’une réelle marque de conscience réfléchie, même si on est d’accord avec le principe et l’action ? Mais bon, les gens ne se posent pas cette question, alors peut-être que ça en fera réfléchir un deux minutes, ou plus longtem'ps. Peut être que ça leur montrera qu’il n’y a pas que des attentistes à C***, ou peut-être encore que ça leur rappellera des souvenirs de leurs jeunesse autrefois un peu plus engagée, disparue. Au fil des jours s’égrainent les souvenirs comme des cheveux morts, laissant apercevoir le crâne dégarni de l’inaction.

 

 

 

Anne Onyme

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D'autres photos de guérilla ludique ici :
http://dissidence.libre-octet.org/regarder/glad.html

 



Tant que la Justice d’Etat ne sera que violence, la violence du peuple ne sera que justice.

 

 

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