Biréli La Gangrène, polémiques.

Publié le par D i s s i d e n c e

http://www.dissidence.libre-octet.org/ecouter/bireli.html

Cet article a donné lieu à une polémique dans le mini-milieu du jazz manouche sur internet…

A lire ici :
http://www.manoucheries.com/phpBB2/v...
Je vous en copie-colle quelques extraits :


ca fait pitié un article aussi con..
que celui ou celle qui l'a écrit se dénonce..
c'est de la pure provocation, soit d'un gros frustré qui s'est fait refuser une signature par Biréli, soit d'un gros frustré qui arrive pas à reproduire le solo sur "Un certain je ne sais quoi"..

Oui et puis on irait lui casser la gueule

c'est juste un site de petits jeunes idéalistes.

Ouais on va le saigner ce fumier

Uns fois de plus des gens complètement extérieur à un milieu se permettent d'en parler, tombant dans autant de clichés que ceux qu'ils souhaitent dénoncer...

ON TOUCHE PAS A BIRELI!!!!


Mais aussi quelques mots moins agressifs (certes minoritaires dans les réactions)


" Il a au moins le mérite de faire une critique constructive, du guitariste et du système, de plus les passages qu'il indique correspondent efféctivement à des pins "

" Je suis d'accord avec lui..., et quant on lit bien ce type est tombé amoureux de Biréli... mais il l'a déçu...J'ai moi aussi l'impression que Biréli enchaine les cd, il est à la mode ça marche alors ils profitent (lui, les producteur...), c'est presque normale..., dommage que Biréli passe plus dans les bar, pour moi le jazz manouche ça marche pas à l'Olympia... "



Je choisis donc de me dénoncer.

Cet article était volontairement polémique (comme son titre l’indiquait). Le but était de lutter contre la mythification de Biréli Lagrène. Ce texte a suscité des réactions, c’est déjà une bonne chose je pense. Des fans diront « y a des cons qui trouvent cet albums nul ! », au moins ils savent qu’il n’y a pas consensus, c’est déjà ça.

D’emblée je m’excuse (sans m’aplatir, ni renier ma critique) d’avoir pu choquer certaines personnes en m’attaquant à Dieu. Mais cela montre bien qu’ils sont dans une idolâtrie qui fait problème. On doit pouvoir critiquer Biréli, sinon on entre dans un rapport mal-sain à l’artiste. (Après je l’ai ptet fait de façon un peu hard-core, c’est vrai… mais ça fait réagir au moins, nan ?)

A tous les spécialistes du webmanouche, je pose une question :

Suis-je le seul à trouver que Biréli donne un peu dans le commercial ces derniers temps, notamment avec le Gyspsy Project ?

Bon.

J’ai toujours commencé par dire que Biréli Lagrène est un grand guitariste (évidemment, faudrait être sourd pour ne pas le savoir), qu’il avait fait énormément pour le Jazz Manouche et son renouveau. Et c’est justement pour ça que je le critique ! Si c’était juste un con et un mauvais, je l’abandonnerais au silence. Là non, je lui dis « Déconnes pas mec !! on veut t’entendre vraiment nous ! »

Comme tout le monde s’étend mieux que moi en éloges, j’allais pas m’attarder là-dessus, j’ai préféré mettre l’accent sur autre chose.


Savez-vous que Biréli a joué en play-back chez Pascal Sevran (sarko-raciste notoire) ? C’est ça l’esprit manouche ?

On pourrait quand même pointer cette forme de dérive sans être menacé de mort…
Posez la question dans le milieu des musiciens (pas celui des fans qui cherchent à imiter), demandez leur s’ils font de « Move » un album génial, extraordinaire, qu’ils ne se lassent pas d’écouter, demandez à Angelo s’il ne trouve que Biréli s’est un peu commercialisé.

Croyez-moi, si ce sont de vrais guitaristes, ils vont au minimum sourire à la question, d’un sourire entendu, mais ptet gêné. Angelo dirait « Bah ouai mais c’est normal cousin, Biréli il peut, il le fait, y a pas de mal à ça, on lui en veut pas. »

Et moi non plus je ne lui en veut pas d’aller faire le con chez Sevran (encore que ça fait un peu mal au cœur qd même…), à la rigueur qu’il leur prenne leur fric à ces abrutis, il en fera un meilleur usage. Et puis tout le monde sait dans le milieu que l’actualité du Jazz manouche, c’est pas le Gypsy Project, on sait que c’est pas là que ça se passe, ça c’est pour les bobos qui lisent Télérama. Que Biréli leur prenne 23€, après tout tant mieux ! L’actualité du Jazz Manouche, c’est bien plus l’apparition incontrôlée de Joscho. Ça c’est du dossier pour tout le monde dans le milieu. « Move », c’est pour les gadjos, ça les amuse. Et je voulais les égratigner dans leur fascination béate.

Et je suis sûr que Biréli serait d’accord. Je ne pense pas qu’il aît attaché beaucoup d’importance à cet album. Ce n’est pas un événement dans sa vie d’artiste, certain.

Moi je voulais juste dire aux gens qui ne connaissent pas trop « Attention !! il y a milles choses mieux à écouter ! ». Et puis je pense que les fans inconditionnels, qui adorent systématiquement tout du Dieu qu’ils vénèrent, emmerdent les artistes, et nuisent un peu à l’art en perdant tout sens critique.



Ce qui me dérange c’est qu’il cache la forêt. Et là-dessus aussi je suis sûr qu’il serait d’accord. Il dirait « Mais j’y peux rien, les médias m’appellent tout le temps. Si j’y vais pas, on parle pas du Manouche, alors… Pourtant y a plein d’autres choses que moi à écouter, mais qu’est-ce tu veux… » Et il aurait raison. Seulement il faut que nous les aficionados, on mettre le reste en avant, et c’est vrai que c’est super quand lui il fait monter les copains sur scène.
Et puis moi j’aime les artistes, pas les stars. Qd Biréli devient une star marketing, moi ça me blesse. J’aime le Biréli artiste qui tente des choses avec Jaco Pastorius, qui joue Nuages en fusion à l’électrique (même si c’est un peu limite et vieilli, j’aime le geste). Le Biréli qui s’en foutait du look, avec ses lunnettes braquées sur le manche, ses complexes et son autisme d’artiste. Maintenant il présente bien, mais il ne joue pas mieux. Au contraire, je le trouve moins créatif, et je ne suis pas le seul à penser ça « dans le milieu », comme vous dites.

Je trouve qu’aujourd’hui il n’est bon que quand il y a du monde avec lui sur scène (live 2003, etc.). Là il est booster, et il va jouer sérieux, pas que pour les gadjos-bobos.
Je l’aime aussi en accompagnateur d’autres artistes. C’est un très très grand accompagnateur.

Mais quand je l’entends chanter Fly Me To The Moon (parce que Monsieur chante maintenant, le saviez-vous ?) dans une salle remplie de bourgeois qui ont payé 35€ pour écouter un peu de « Tzigane, parce que c’est cool », là je me pose des questions. Dans ces concerts là, je vous jure qu’il ne s’amuse pas le pépère. Il fait plie son set vite fait, un rappel et basta, il touche le cachton, et une heure plus tard, il est loin, rentré, à l’abri des flash. Ça l’emmerde, ça se voit, et ça se sent dans sa musique.
Et puis merde, Biréli qui chante ! Si l’un d’entre vous a déjà discuté avec lui, il admettra qu’il n’a pas une voix qui… Enfin après tout s’il veut se faire plaisir, avec une grosse réverb, qu’il le fasse. Mais qu’on ne dise pas que c’est l’événement artisitique du moment, et qu’on admette la critique, laissez nous ça.

Quelques critiques ont été très justes. Avec celle qui disait qu’on n’a pas à juger un solo sur ses imperfections, je suis entièrement d’accord. Le parfait n’existe pas, et voiloir l’être ça stérilise la musique. Je voulais juste casser le mythe selon lequel Biréli est un monstre de la technique. Et puis ne pas reprendre une intro, quand on est en studio, c’est un peu du vite fait qd même nan ?

Je ne suis pas un guitariste raté qui n’arrive pas à signer, j’aime juste la musique au point de prendre le risque de signaler quand elle meurt un peu, sur ces scènes ridicules ou chez Sevran. Si vous doutez de ma passion, jettez un œil ici :

http://dissidence.over-blog.com/article-5818893.html
Et écoutons plutôt le vrai Biréli, les frères Ferré, Babik, Moreno, Alfonso Ponticelli, Raffalli, et bien sûr Joscho. Là y a matière à discussion ! Tout ça c’est de la créativité artistique, qu’il ne faut pas occulter derrière un Dieu.


Je ne m’attarde pas sur les critiques qui disent que je ne connais rien au milieu, ou que nous sommes une bande d’ados idéalistes. Ça fait sourire, et j’aime sourire.

Amis mélomanes, je vous invite tous à réagir, posément si possible ici :


Ou à poursuivre sur le forum.


Je défends l'art contre la gangrène du spectacle.

Publié dans Ecouter

Commenter cet article

gauthier 05/02/2008 09:38

Biréli annule un concert sans donner de nouvelles à personne ici, à Grenoble. Sylvain Luc se retrouve seul sur la scène. Et là le mec tremble, sue, est pas serein. Il joue deux-trois morceaux... Et là il s'arrête, et demande au public ce qu'il veut qu'il joue. Et il joue tout, tout ce que lui demande le public, avec un feeling renversant, des idées de dingue. Bref une claque pour les spectateurs, ravis par cette complicité. Merci Sylvain, et merci Biréli de ne pas être venu.

tidske 08/01/2008 22:10

Bonsoir Dissident
Bravo et merci
j'adore ton écriture limpide et sincère tout ce que tu dis sur jeff buckley et plus loin sur birelli lagrène est tellement vrai. Les petits cons devraient vraiment apprendre à reconnaitre une personne qui parle sincèrement et qui possède avec une connaissance aigue. S'il te plait met plus d'info.

Gauthier 28/04/2007 16:59

Donc, inutile de perdre son temps avec Biréli quand on est pas fan ? Il y a tellement de trucs de malade pas encore découverts, et dur à découvrir, même quand on l'a sous la main ! Des putains d'explosifs, souvent à retardement. J'en connais qui n'ont fait que deux CD de leur vivant mais qui étaient de putains de révolution de malade ! Pascal parle de Bill Frisell, et là, y'a du dossier. Je vous prépare ça, attendez vous à voir la rubrique écouter gonfler, j'suis en vacances ! :)

Pascal 25/04/2007 17:41

Echange par mail avec Rehan, collé ici :Pour reagir a nouveau sur une partie de ton e mail (la partie qui dit que "Move" n'est pas un grande oeuvre artistique, rien de genial dans "Move"...), j'aurais tendance a dire "Evidemment non". Pas plus qu'un bouquin de San Antonio, ou qu'un film d'Audiard. C'est pas le but, c'est pas ce que l'on attend d'eux, et ca n'en est pas moins delectable pour autant.Bireli, tout musicien hors norme et surdoue qu'il est n'a jamais ete un createur d'oeuvres artistiques. Il n'a jamais ete un createur d'univers, a la Django, Monk, ou Bill Frisell, etc. Il ne le sera probablement jamais et je ne pense pas qu'il cherche a l'etre. Je ne connais aucun CD de Bireli qui soit une grande oeuvre artistique. C'est pas son creneau. Bireli, n'a pas vraiment de monde musical a lui. Il se glisse dans celui des autres (manouche, bebop, fusion, etc, et y evolue avec une aisance et un brio hors du commun). Si tu veux ecouter une grande oeuvre artisitique, n'achete pas un disque de Bireli. Il ne cree pas une oeuvre artistique. Il se contente de jouer de la musique belle et joyeuse, avec un talent hors du commun.Je ne pense pas que Move soit ni moins bon ni plus commercial que beaucoup de ses productions anterieures (souviens-toi de ses tentatives Satriani-esques). Ses CDs ont toujours ete inegaux. Batir un projet, avoir une direction artistique solide, ca n'a jamais ete son creneau. Bireli est un papillon musical. C'est plus un homme de rencontres que de projets. Ceux qui sont familiers de son travail le savent et l'aiment comme ca. Ca fait partie de sa personalite musicale. Il vit sa vie musicale, et de temps en temps nous envoie un carte postale-CD. Pas un chef d'oeuvre, juste des nouvelles. Ca a toujours ete sa facon de faire.Qu'ensuite il poursuive son projet manouche pour raison de succes public autant que pour le plaisir, sinon plus, peut-etre, peut-etre pas, je sais pas. Reste que ses galettes restent au niveau des meilleurs du genre. Et elles ne sont ni meilleures, ni moins bonne que sa production passee, a mon avis. Remarque egalement qu'il a d'autres projets en meme temps (recemment il tournait avec Dede Ceccarelli et Joey DeFrancesco, etc...)... il butine, comme a son habitude, mais avec le succes, nous envoie plus de cartes postales que d'habitude.A l'amateur de musique de faire son tri en fonction de ses gouts et interets du moment. Avec son cerveau, son coeur et son libre arbitre. -------------------ps:si j'ai accepte ta demande de publier mon mail sur ton blog, mon texte n'avais pas ete ecrit pour etre publie. Quand je le relis, il y a trop de choses que je  juge limite. Qui me feraient bondir moi-meme si je les lisais dans une publication, cyber ou pas. Et que je n'aurais pas ecrites pour une publication. Ca passe dans une conversation, mais une publication demanderait beaucoup plus d'exigence. C'est un texte a prendre pour ce qu'il est, donc, pas plus. Juste une suggestion d'un point de vue different, d'un eclairage different sur l'homme et sa carriere. En aucun cas des verites premieres. Quelques remarques mal torchees sur la facon dont moi, amateur de jazz lambda,  je comprends le bonhomme: comme un homme, musicien extraodinairement doue, dont je suis le parcours avec curiosite et plaisir, souvent delectation. Pas comme un Artiste-surhomme dont je n'attendrais (voire n'exigerais) rien d'autre que des chefs d'oeuvres revolutionnaires... perdant patience et pestant a chaque fois qu'il ne fait pas ce que j'attends de lui.Ce cote extrement humain est pour moi une des belles qualites de Bireli. Et il ne serait pas Bireli s'il ne l'etait pas dans toute son humanite et sa complexite.

Pascal 25/04/2007 11:56

Biréli la gangrène - Don't move Déjà, tu commences ta critique du disque, objet musical, par un crachat sur l'homme. Ce n'est ni intelligent, ni respectueux, ni classe. Mauvais point, tu n'en sors pas grandi. Et ce n'est que le titre. Critiquer Biréli Lagrène paraîtra prétentieux à certains. Je ne vois personnellement pas pourquoi… mais j'admets que certaines réactions ici (que je trouve connes elles aussi) te donnent raison là-dessus. Mais cet album, qui s’inscrit dans la série pompeusement nommée " gipsy project " peux tu m'expliquer en quoi un artiste qui nomme un de ses projets, en l'occurrence projet de jazz manouche, "Gipsy Project",  c'est pompeux? … sent tellement le cd commercial enregistré en deux semaines, qu’il faut en passer par là. Peux-tu m'expliquer la notion de CD non commercial, ainsi que l'importance du temps passé en studio pour l'enregistrement? Combien de temps Miles passait-il en studio pour enregistrer son quartet? Deux semaines pour enregistrer un album, en jazz, c'est beaucoup. Hors norme. Le jazz est une musique de l'interaction, de la spontanéité, de l'instant, pas du re-re. Un critique de jazz devrait l'avoir compris, il me semble. Hors sujet, donc. Premier indice, les photos de la pochette, assez peu fournie d’ailleurs pour un album vendu 23 euros à la Fnac. Ces photos semblent toutes ou presque avoir été prises le même jour, comme si l’on avait convoqué vite fait un photographe pour faire quelques photos faussement sympas de notre prodige adulé des médias musicaux. Est-il même besoin que je commente sur l’intérêt de ce passage? Qu'est-ce qu'on en a à faire de combien de séances photo ont eu lieu? En quoi le prix de vente du CD à la Fnac apporte-t-il quoi que ce soit à une discussion sur la qualité artistique d'un album? Il serait meilleur s'il était moins cher? Si les photos avaient été prises sur plusieurs jours ? Hors sujet. Les autres indices, beaucoup plus inquiétants ceux-là, apparaissent à l’écoute. D’une part Biréli n’apporte pas grand-chose dans cet album qui, j’en suis sûr, ne fera pas date. Je ne sais pas s'il fera date ou pas, je ne suis même pas sûr qu'il essaye de faire date…quant à ne pas apporter grand-chose, tu le dis toi-même plus loin, rien que l'instrumentation du groupe en fait un projet hors norme dans ce genre très codifié. Faux procès, donc. Pire, le son est parfois mauvais. Perso, j'en sais rien, mais apparemment tout le monde n'est pas d'accord. Son jeu, certes toujours aussi alerte, est émaillé d’imperfections, de cordes qui frisent et de bavures qui sont impardonnables quand on connaît le niveau de ce guitariste, surtout dans le milieu manouche ou l’on préfèrera reprendre chaque morceau, pour l’honneur, ou ne rien sortir, que bâcler un album. Quelques prises en flagrant délit de travail vite fait, mal soigné : · Plage 1 : à partir de 0’50, accélération brouillon du solo (" Biréli joue de mieux en mieux, à chaque disque, avec de plus en plus de précision dans les traits rapides ", Télérama, 15/10/04) · Plage 2 : 1’42 · Plage 4 : 0’55 · Plage 10 : 1’54 · Plage 12 : 0’12 (ne pas daigner reprendre les douze premières secondes d’un titre relève vraiment de la paresse…) · Plage 14 : 1’20 ; 1’46 ; 2’02 ; etc. Biréli semble ici faire preuve de mépris envers l’auditeur attentif. Tu as toi-même avoué que ce passage était con, que c'est l'âme de la musique qui compte, la vie, pas la perfection technique de la réalisation. No comment. J’ose espérer qu’il n’est pas entièrement responsable, et qu’il est mis sous pression. L’art est ici encore sous le joug d’impératifs capitalistes : il faut exploiter le filon, produire toujours plus et tout le temps, même lorsque l’on a rien de vraiment très nouveau à proposer. De toute façon, personne n’écoute vraiment, et ces album vite oubliés. Sujet potentiellement intéressant (à part la dernière phrase) mais très manichéen, pourrait mériter d'être développé (avec finesse, si possible) dans un article, dossier ou éditorial, mais n'a rien à faire dans une critique de disque. Hors sujet, à mon avis. Sans compter ta façon désagréable de coller des intentions aux autres, et de les juger en fonction des intentions que tu leur assignes. Ici, Biréli apporte peu sur le plan musical. S’il y avait un intérêt à ce disque, ce serait peut-être la présence d’un saxophoniste (Franck Wolf), chose originale dans le style. La meilleure partie de ta critique, à mon avis. La seule phrase que j'aurais gardée si j'étais ton éditeur. Le seul moment où tu parles effectivement du projet musical. Je t'aurais demandé toutefois de rajouter quelque chose sur la musique elle-même (l'esprit, etc) que tu oublies malencontreusement, alors que bon, un disque c'est d'abord de la musique, non? Les boss de Dreyfus Jazz, qui ont trouvé un super créneau avec le jazz manouche, entendent bien, à mon avis, sortir un maximum d’albums dans le style, tant que ça se vend. Encore une fois, pourrait passer en commentaire si c'était précédé d'une critique de la musique, et si tu laissais la voie au doute quant aux intentions, qu'encore une fois tu leur colles sans les connaître. Pourquoi pas reformuler ça sous forme d'un questionnement? Tu ferais passer la même idée, mais sans avoir l'air d'un donneur de leçons manichéen et méprisant. A son niveau, il aura fallu à Biréli quelques jours pour enregistrer une poignée de titres avec quelques copains. Après tout pourquoi pas, tout à fait d'accord: Pourquoi pas...Tous les artistes n'ont pas pour ambition de bâtir une œuvre. Certains ont pour ambition de travailler à leur vie, plutôt qu'à leur chef d'œuvre. Ils vivent, font des rencontres, évoluent, et une fois de temps en temps sortent un CD pour documenter où ils en sont à ce moment de leur vie musicale. Pour certains, leur oeuvre sera leurs CDs, ils travaillent à leur disque, pour leur disque, voire pour la postérité… Pour d'autres, leur oeuvre, c'est la musique qu'ils jouent tous les jours, ils travaillent à leur vie musicale, et leurs CD ne sont que des instantanés de leur trajectoire,  pour partager, pour documenter, et parce qu'il faut vivre. Certains considèrent même que le disque lui-même est déjà une trahison… Qui sommes-nous pour juger de qui vit sa démarche artistique d'une façon ou d'une autre? Disque-œuvre ou disque-document? voilà une discussion intéressante… s’il diffusait ça simplement, sans prétention. Ah bon? Biréli distribue son disque prétentieusement? Mais ce disque, vendu à prix fort, est célébré comme étant le dernier chef d’œuvre de celui que l’on considère comme le maître actuel de la guitare manouche. Accueillie à l’unisson par les médias " branchés ", ou de serviles " critiques ", autoproclamés experts, trahissent é longueur de papiers leur indigence culturelle, cette musique que l’on fait passer pour légitime, fait autorité. Elle entre bien en rang dans les bacs de la culture officielle, qui ne s’arrête pas certainement pas à la musique classique. Le danger est que le charisme médiatique du " Génial Biréli Lagrène " (L’Express, 29/11/2004) occulte le reste de la production artistique dans ce domaine. Encore une fois, il y a sans doute une discussion intéressante à tenir sur le rôle des médias dans le succès commercial d'un album, d'un artiste, d'un genre, mais ça n'a encore une fois rien à faire ici, dans la critique du disque. Ca n'a rien à voir avec le disque, objet musical. Hors sujet encore. Tu donnes l'impression que tu aurais trouvé le disque meilleur (ou que tu aurais écrit une critique plus positive) si il avait pas eu autant de papiers enthousiastes…oh, et s'il avait été moins cher, aussi. C'est évidemment idiot. Et je t'épargne la liste des gens que tu insultes au passage. Dommage que Biréli, qui a montré dans le passé son talent réel, ne sache pas prendre ses distances avec le rôle qu’on lui fait jouer… Encore une fois, qui es-tu pour juger de Biréli et du rôle qu'on lui fait jouer. Bireli est un artiste qui gère sa carrière de son mieux. Il a joue des décennies au plus haut niveau sans gagner une thune. Ces jours-ci, ça marche, il fait à mon avis de son mieux pour jongler entre profiter de la vague, en faire profiter la scène manouche en général, jouer avec les médias/se jouer des médias, travailler en parallèle sur ses autres projets pour lesquels les portes s'ouvrent brutalement grâce au succès du gipsy project, etc. On peut le suivre ou pas dans sa démarche, adhérer ou pas à ces projets. Bireli marionnette ou mouton? Je crois qu'il est plus intelligent que ce que tu sous entends. Qu'il est aussi pragmatique. Là encore, de mon côté je ne juge que le projet, pas l'homme. Ca n'a pas l'air d'être ton cas… mais peut-être me trompe-je. Ce cas de dérive commerciale, peut-être trop longuement développé, vaudra pour exemple. Et il apparaît nécessaire d’armer les artistes en outils réflexifs pour qu’ils prennent une conscience active des récupérations dont ils peuvent faire l’objet, et se tiennent ainsi à bonne distance de la société du spectacle, dans une dissidence artistique. Les artistes du monde entier te seront bien sur reconnaissant des lumières que tu leur apportes sur comment gérer leur carrière sur le plan artistique comme professionnel. Tu es trop bon de leur indiquer LA VOIE, comme ça. Belle leçon que tu leur donnes. Et aucune arrogance, bien sûr. ------------- Si je résume ton argumentaire, tu n'aimes pas la musique sur ce disque, parce que: - le nom du groupe est prétentieux - le disque a été enregistré en deux semaines - le livret n'est pas épais, et les photos proviennent toutes de la même séance - tu as payé ta copie 23€ - musicalement rien de vraiment nouveau (faux procès, et tu le sais) - les musiciens ont privilégié la spontanéité de la musique par rapport à la perfection technique de l'enregistrement (tant mieux, et tu l'admets) - on en a trop parlé dans les médias - tous des pourris ou des moutons Tu réussis quand même la performance de ne même pas  évoquer du tout la musique ! Si tu étais critique d’art parlant d’une statuette Dogon, ta critique serait : "c’est cher, c’est vite fait, on voit les coups de ciseau à bois, au poids on en a pas pour son argent, en plus ça ressemble beaucoup à d’autres statuettes Dogon…. Et d’ailleurs les Dogons, c’est quoi cette mode, y’en a marre".. Si tu critiquais un Van Gogh, tu te plaindrais que ça fait vite-fait, mal fini, qu’on voit les coups de pinceau. Et que ça fait cher au kilo. Je suis pas sûr qu’un papier comme ça serait accepté par une revue d'art.  Aucune substance. A côté de la plaque. Rien compris. Je ne dis pas que tu n'as pas des choses intéressantes à dire par ailleurs, qu'il n'y a pas des discussions constructives à tenir (avec finesse si possible), mais ta critique de disque, là, excuse-moi, mais en tant que critique de disque, elle est nulle. Inexistante. Et méprisante (pour les artistes, pour les labels indépendants, pour le public, pour la critique... bref, tout le monde, sauf toi). Bref, elle est bête, et méchante. Ou, plus grossièrement, elle est conne, puisque c'est ce que j'avais écrit. Voila donc pour les explications à ma réaction à ta critique de disque. Et pour finir sur une note positive, une suggestion: la prochaine fois que tu as des trucs à dire, mais pas à propos d'un disque en particulier (sur lequel tu n'as au contraire rien à dire), n’écris pas une critique de ce disque. Ecris autre chose à la place. Non? Enfin, à mon avis. Amicalement. Pascal. (qui n'a pas acheté le disque de Biréli parce qu'il a préféré acheter -et écouter- autre chose)