KYMA - "Lettre d'un dissident"

Publié le par Rehan

Je suis un putain de franc parleur car j’aime la vérité,
Tant pis si je dois saigner pour aller te la chercher ;
Fais le soldat, soit «  ve-bra », ne baissons pas les bras,
Gardes la foi, mets en l’air ton poing ou ton doigt.
Surtout ne lèves pas le pied même si la mort doit te palper :
Reste vrai car on a tous peur d’un homme déterminé.
C’est pas le discours de la télé, mais celui d’un fêlé,
L’adepte du mot vrai, de la secte des mauvais.
Marginalisez nos récits mais l’eau continue de couler,
Et le flow de toucher un peuple qui se transforme en armée.
Les sourcils froncés commencent à se remarquer,
Matte il y a de plus en plus d’armes aux ceintures des policiers ;
La France d’en haut pleure déjà dans les jupons de Sarko,
Et la peur qu’on suscite n’est que le début du fléau.
Plus de keufs ça veut dire qu’il y a plus d’inquiétudes,
Ils savent bien que notre rage pèse autant qu’un missile «skud».
Agents de sécurité, flics en poste à roder,
J’crois que les riches ont compris, et commencent à flipper.
Sarko resserre l’étau autour des corsaires et des salops,
Mais tu pourras pas m’empêcher de brailler au micro.
Ok parfois je flambe quand je fais ma ronde en ville,
Mais chialer sur le riddim , je le fais pas pour le style ;
Intoxiquer les gamins, les faire devenir putains,
Les assoifer de butins, les tunes avant l’humain….
Le marchand de sable est devenu marchand de marques,
Plus de berceuse derrière l’écran que dans une pipe de crack.
De Popstar à StarAc’, la même arme dans le même sac :
T’endormir mec, et que ta vie soit une arnaque.
On est combien à se faire croire qu’on voit clair dans ce brouillard,
Je crois surtout qu’on se suit les uns les autres sans trop y croire ;
Des queues leuleu de moutons qui broutent même sur le bitume,
Tous des fourmis trompées qui courent après une tune.
On se clone, on se ressemble, pourtant tout le monde se sent seul,
Je ne suis pas dans la course de notre époque, le chacun pour sa gueule :
J’ai du mal à écraser un frère pour une bouffée d’air,
Ou abuser des autres pour faire rempart à l’enfer.
Ils ont même plus besoin de matraque pour contrôler nos actes,
Plus besoins de missiles, juste d’une dictature habile…
Hein monsieur Chirac !??? Et toute ta bande d’énarques…
Mais t’inquiète mec, on sait encore comment taffer au black ;
Baiser les Assedics, c’est récupérer mon fric,
Je veux pas que tu t’en serves pour augmenter les flics.
L’heure tourne mais pas la roue, le peuple devient fou,
Vas-y lâche des sous si tu veux pas qu’on te casse les genoux.
Je croyais qu’on t’avait dit que les oreilles c’est pour écouter,
Alors pourquoi le peuple doit sans cesse se répéter ???
Te dire que ça va pas, que certains l’hiver ont froid,
Qu’il y a des familles aux abois, et que c’est « auch » pour les fins de mois…
T’entends pas ou quoi ??? Mais j’espère que dans haut tu le vois,
Qu’en bas ça s’agite, que la France d’en bas s’excite.
Faudra pas trop nous pousser malgré les « kil » cramés :
Un crew à cran… un clan telle une bombe pleine d’écroux…
C’est les dernières sommations qui sont faites à la nation,
Allonge tes derniers pions, j’espère que ce sera les bons…
Lassée de tous tes mirages, la France t’attend au virage,
Commence les partages et rouvre nos putains de cages ;
Remuer le rasoir dans la plaie, et quitte à l’infecter,
Me demande pas de stopper les feux que tu as allumés.
Barre toi avec ton calumet, je ne suis pas venu faire la paix :
Je ne vais pas négocier avec un mec qui me manque de respect…

J’fais du son pour qu’en France grandisse la dissidence,
Pas de variét’ et qu’dans les clubs y’en ait dix qui dansent,
Mais mille qui pensent, des centaines qui s’avancent…
Que nos villes soient en transe et qu’nos rêves soient une lance…

J’fais du son… Pour qu’en France…
Grandisse… La dissidence…


 


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