Les filets de l'être critique. Lettre aux dissidents.

Publié le par Gauthier

La question aujourd'hui est de savoir si l'on doit voter pour le PS.

Non.

Je sais que par charité pour ceux qui souffrent, il faut empêcher Sarkozy de passer. Mais je pense qu'un tel système politique et électoral doit changer au plus vite. Et que c'est un horizon probable mentalement pour beaucoup de monde, et aussi en terme de proximité temporelle. Voilà une bataille que nous pouvons gagner. Ce vieux système dans lequel certains d'entre vous me demandent de m'engouffrer et qui fait que de tels extrêmismes sont possibles, doit et peut être aboli. Nous vivants.

En 2001 nous avions droite molle contre droite dure. En 2007 nous avons droite molle contre droite dure. Les électeurs parlent, s'expriment pour la droite, comme toujours. Le Suffrage Universellement con qui fait voter 50 millions de "nos concitoyens" pour n'en élire ... qu'un seul. Ce système n'a que l'aspect quantitatif du démocratique, et est contre la démocratie. Ou du moins pour l'inertie et le maintien des structures de domination dans lesquelles doiminants comme dominés sommes coincés et aliénés. 

Deux constats. D'abord nous sommes les dominants, nous en avons les attitudes et les attributs. Mais nous résistons contre ces formes d'exploitation de l'homme par l'homme qui oui, comme le dit Bourdieu, est une dialectique connue depuis Platon. Mais nous sommes des dominants qui avons choisi de reconnaître notre aliénation au bien-être matériel que nous procure (dans cette société-monde) l'existence de dominés. Un peu plus libres, peut-être, mais en résistance d'abord contre nous-même. Je parle en mon nom : c'est dur de dissider.

Ensuite, il y a une différence avec 2001, c'est qu'aujourd'hui Sarkozy a plus de chances de passer qu'hier n'en avait Le Pen. Il y a une menace. Je ne céderai pas pour autant à ce chantage. Je ne crois pas que les conditions sont particulières. Ou si elles le sont, trouvons maintenant une des causes qui fragilisent les logiques unitaires, qui fragilisent la lutte, qui fragilisent la dissidence. C'est une vie politique usurpée, et qui a pourtant, potentiellement (juridiquement et non factuellement), des pouvoirs réels.

C'est l'occasion de consommer l'impasse. Se dire que si l'on se jette dans la gueule de ce loup invisible et informe, sur ce plan, rien n'avancera. Consommons cette rupture. Que Sarko gagne, et le combat commence. Je suis de ceux qui pense que le PS de gestionnaires est allé trop loin pour qu'on puisse même le considérer comme meilleur. Inutile de vous rappeler au bon souvenir. Pour de vrai, si cette enflure absolue et totale de Fabius est ministre, je préfère encore Sarko.

La violence, et son statut dans l'état de droit, y pensons-nous assez souvent ? Je suis contre lorsqu'elle s'avère improductrice. Mais je crois que comme toujours, les sociétés y reviendront. La notre de violence doit être symbolique. Car ce monde l'est. 51% d'abstentionistes c'est de la violence. L'Histoire sans le conflit n'existe pas. Elle est succession de tensions et de luttes. Le CPE a montré que les rapports de forces étaient déséquilibrés, débonnaires. Mais ne lâchons pas ce rapport au pouvoir, pourtant, des fins de manifs. Le dialogue serein avec le pouvoir politique nous dessert. Depuis quand voter PS ne signifie pas se résoudre ? Pour vous depuis toujours peut-être, mais pour les autres ?

En démocratie la lutte a une seule chance de survivre, c'est les autres. Car elle survit grâce aux autres. A la confiance qu'ils ont en elle, la légitimité qu'ils leur donne. Beaucoup de politologues ou sociologues font le constat que la gauche bénéficie d'une bien plus large crédit, au sens des valeurs, que la droite. Pourtant, c'est la droite qui gagne dans les faits. La droite fait près de 80% et la gauche un faible 20%. ce sont les vrais chiffres et personne n'est dupe. Alors je vous le dit, et je vous montre que je ne suis pas puriste, mais bien pragmatique : la dissidence aura bien plus le vent en poupe sous la droite que sous la gauche. Sales logiques de merde, dont nous dépendons hélas.

Je sais aussi que la plupart d'entre vous ne croient pas à la politique du pire. Moi non plus, je n'irai pas voter Sarkozy. Mais je veux vous dire à quel point il y a décalage entre le fait que vous niez l'importance qu'a cette élection (et qui vous permet de voter PS), et l'importance que LES AUTRES donnent à cette élection. C'est ce qui devrait vous montrer qu'elle est importante aussi pour nous cette élection : c'est qu'elle est importante pour les autres ! Or il faut dire que c'est honteux que la politique prenne ces formes ! Il fautr déserter ce mode d'action que légitiment les autres. Le pouvoir qu'a cette élection est dans l'onction légitimatrice (car démocratique) dont elle pare les dominants. Dé-légitimons ceci, tout de suite !


Je ne veux pas hâter la libération du peuple russe. Je ne suis pas un bourgeois perdu dans les idées et qui ne voit pas le peuple souffrir. Mais je ne suis pas non plus un bourgeois qui choisit la charité et malgré lui conserve toutes les raisons des souffrances qu'il guérit un peu, pour à chaque fois éviter le pire. Courons après chaque sarko, mettons les en prison, il y aura tant à faire ! Alors que l'on sait depuis toujours qu'il ne suffit pas de combattre l'injustice. Il faut donner de son intégrité. Qui est le plus pur? Pas moi ! Je reconnais que mon comportement est égoiste et bourgeois. Je l'assume. Il est nécessaire pour déserter ce mode de scrutin de salauds qui nous remettra sur les mêmes rails dans cinq ans.

L'élection est importante car il faut lutter contre elle. Si vous dîtes qu'il faut participer car ce scrutin est particulier, je pense que vous participerez et légitimerez cette façon de faire de la politique à chaque fois. Car les prochains scrutins risquent d'être encore particuliers. Mais si ce n'est que ça.


Publié dans Penser

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ADG 28/04/2007 02:43

Je me demande si j'aurais le temps de faire tout ce que j'ai prévu ce week end, ah la la... Déjà, il faut prendre des douches tous les jours. Sans compter sur les heures passées au toilettes, qui sont un grand gâchis si l'on pense au temps que j'aurais pu investir en tentant une nouvelle fois de sauver l'humanité, en me dominant mieux, en manifestant au bon endroit, en gueulant quand il fallait contre tous ces petits dictateurs qui nous gouvernent, merde !Oui ! enfin, Non ! je n'ai pas peur de pousser un gros coup de gueule, car même si tout le monde veut nous faire taire, nous sommes une minorité grandissante, agissante, une minorité de justes qui ne cessons de penser à leur prochain.Il y a les salauds, il y a les nigauds, et puis il y a nous. Dans le regard de chaque passant je vois celui d'un sans papier qui n'attend que ma main tendue. Dans le regard d'une petite fille j'imagine celui de tous ceux qui comme moi, comme toi, comme nous quoi, n'attendent qu'une étincelle pour faire péter le système.1789, 1968, 2007 : l'élection de Sarko le goret assoiffé de chair humaine sera pour nous un déclic, la goutte de formol qui fait déborder le vase d'arsenic : on va se faire des flèches de nos dreadlocks, des massues de nos bouquins de socio.Le bourgeois implorera qu'on l'achève, les curés traîneront leurs tripes éventrées en fuyant sous les huées, la gauche droitisée et la droite fascisée voleront en poussière, balayées par le souffle de notre révolution joyeuse, du sang sous les godasses et des fleurs entre les dents !Debout les gars (et les filles) réveillez-vous, il va falloir en mettre un coup

lucie 25/04/2007 23:56

Merci Gauthier pour cette lettre posée qui contribue au débat, nous ne pouvons pas balayer l'abstention d'un revers de main. Et il faut vraiment qu'on réfléchisse sérieusement. Je vous copie/colle un échange de mails avec un inconnu (présence commune sur une même liste CCRASeuse) justement sur ce thème. Réagissez, précisez, affinons.
BIses à tous (même les inconnus)
(mes mails sont en italique)



Bon ben hier bonne déception, l'extrême gauche se prend une claque et le facteur trouve le moyen d'être content pour son petit score à lui, j'ai bien pris conscience d'un coup qu'il raisonne pluss en termes de chapelle que d'unité. Jlui ai laissé un commentaire sur son blog (qui n'as pas été mis en ligne hihi vive la censure), expliquant pourquoi j'ai voté Bové (même si je continue à emmerder les donneurs de leçons "républicaines" du genre "il faut voter quoi que tu votes", allez vas-y glisse tes petites cendres de révolte dans l'urne funéraire. D'ailleurs ça n'a pas loupé, PPDA et lote Chazal nous l'ont bien répété "quoiqu'il arrive, les Français sont gagnants, et on a là la preuve que la démocratie est en bonne santé". Oui oui une démocratie tellement en bonne santé qu'elle n'est pas participative, qu'elle accouche d'un monstre comme l'aute nabot, qu'elle bafoue clairement les droits de toute une partie de la population, qu'elle entretient une police/milice assassine (qu'elle soit de proximité ou pas, ne change rien à mes yeux) enfin bref il est temps de refermer cette parenthèse bien trop longue). Jlui ai demandé aussi à Olive, pourquoi il arbore une alliance (est-ce bien libertaire le mariage?), et pourquoi il signe des autographes à des gamines en ticheurte che guevara, et pourquoi il dénonce pas un peu cette société du spectacle médiatique qd il en a l'occaze. Bon, et ben j'aurai pas de réponse, parce qu'avec tout ça jme suis fait censurée, pourtant j'étais sympatoche qd meme... Pas grave un jour viendra j'irai entarter Olive, juste pour tester son sens de l'humour et sa distance face aux rôles médiatiques. :) Jsuppose que vous allez poser la question : doit-on voter ségolène royal? Déjà oui elle se pose et c'est pas si clair que ça (jdis ça pour les socialistes de cette social-liste). Moi jpense qu'on devrait le faire (mais jsuis pas trop sûre encore) parce que même si on sait que la dame nous prépare un nouveau cpe, qu'elle est la frange autoritaire d'un PS déjà bien à droite et qu'elle va ni régulariser les sans pap ni écouter les banlieues, on peut qd même pas se retirer dans notre tour d'ivoire de libertaires (enfin notre notre, jdis ça pour claire et clément et qq autes :D ) et déclarer que ça nous est égal d'assister au décollage de nombreux charters sous l'impulsion du nain, que ça nous est égal que les banlieues se fassent réprimer violemment (et nous aussi à la prochaine manif vous inquiétez pas y'en aura pour tout le monde). Donc je suis prête à voter Royal pour un peu moins de coups de matraques. Un bon exemple de ce principe je trouve est la question des prisons: même si je souhaite à terme l'abolition des prisons, je ne peux pas ne pas militer en même temps pour la suppression du mitard à l'intérieur des prisons, l'interdiction des fouilles intimes etc.... Dites-moi ce que vous en pensez, et Elsa file le numéro d'Olive j'ai 2 mots à lui dire :D
 




Un jour, un ancien ami devenu social-traitre à l'UNEF et étudiant en médecine, m'a affirmé aussi sérieusement qu'il etait capable de le faire (et on connait bien la fierté que tirent ces syndicalistes de leur sérieux) qu'en cas de victoire de sarkozy, sa solution sera la violence.    Le pouvoir dans les mains de sarkozy, c'est (a priori) pire que dans les mains de royal, donc il faut voter contre sarkozy. C'est logique seulement si le pouvoir est comparable quelle que soit la personne, et si le vote est notre seul moyen d'action : ce n'est pas logique.  Depuis quelques années, nous faisons de la politique en tentant de contrer le pouvoir du gouvernement, et pour chaque abus de pouvoir particulierement osé, on pense mobilisation, action, insurrection. Et à la fin, caramba encore raté. Pourquoi deviendrait on d'honnetes citoyens cette fois ci ? Nous n'avons aucune raison valable, à l'occasion de cette élection, de changer de mode d'action politique. Nous, les post-democrates.    Nous avons donc deux solutions : on peut faire elire le candidat qui nous est le moins hostile, et on peut faire echec au pouvoir du candidat élu. Le point amusant, c'est que plus le candidat est hostile, plus nous aurons de force pour le contrer.  Empecher le ps de gouverner serait impossible. Par contre, l'opposition a l'ump est beaucoup plus virulente. Pour le reste, "la nécessité évidente et secrète de la révolution" suffit : rien n'est acceptable.  On ne sait pas la forme que prendra l'opposition a un nouveau gouvernement ump, et si on pourra réellement reduire son pouvoir. Ce sera l'occasion de voir si l'echec de l'année derniere a été utile.    Voila, en gros rien n'est sur, a part qu'on est dans la merde, mais c'est pas nouveau.   




 
Loin de moi l'idée de devenir une honnête citoyenne et de dire que le vote doit être notre seul moyen d'action. Bien au contraire je considère qu'il n'est que peu important face à la force d'une mobilisation, qui elle nous fait vivre réellement. J'aime bien l'idée de "post-démocrates", vraiment ça me plait. Bonne trouvaille :)     Jpense qu'il faut pas se planter sur "LE pouvoir", pour moi le pouvoir ce n'est pas l'Etat (en tout cas pas seulement), on est tous impliqués dans des rapports de pouvoir, en tant que dominés et dominants. Il n'y a pas d'abstraction du pouvoir, pas une cible qui serait à renverser et ensuite le monde gazouillerait en coeur. On est chacun responsable, dans notre vie quotidienne, de relations de pouvoirs où on peut influer (consommation, refus de l'ordre établi, par exemple refus de la sacralisation du professeur dans la relation enseigné/enseignant...). Bref, je crois beaucoup plus (comme Foucault) à un pouvoir diffus, ce qui est aussi encourageant: la résistance peut être diffuse et constante. Comme  je l'ai déjà dit je ne crois pas trop à la révolution,  au renversement lors d'un grand soir, DU pouvoir. Je suis cependant d'accord avec toi, sur le fait que "le pouvoir" (ce qu'on définit ici comme le président/gouvernement et les appareils d'Etat à disposition, non?) n'est pas acceptable. Mais je voudrais poser la question: crois-tu vraiment que le pouvoir étatique aux mains de Sarko ou de Marie-Ségo soit la même chose ? Tu vas me dire, si on te demande de te couper soit un bras soit une jambe, tu choisis pas, parce que ce n'est pas vraiment un choix. OK,mais hônnetement, jcrois qu'on choisirait tous quand même, alors allons-y pour le bras, comme ça il me restera les deux jambes pour courir après/devant les flics. :) Jsuis d'accord avec toi sur le fait qu'on aura beaucoup plus de mal à mobiliser contre un gouvernement socialiste/droite molle que contre une droite ouvertement dure. Pourquoi on voterait pas Sarkozy alors? Politique du pire et de l'émeute (la question se pose en termes stratégiques). Moi jdis non parce que si jveux bien qu'on parte pour 5 ans d'émeutes (encore que, avec des CRS remontés à bloc sous sarko, va vraiment falloir s'entraîner avant), y'a des gens pour qui j'ai pas le droit de décider ça. D'abord parce qu'avec ma gueule de ptite fille sage-étudiante-poilauxdents-à-l'IEP c'est pas moi en premier qu'on matraquera, mais les sans papiers, les djeun's de banlieue... Qu'est-ce que tu réponds à un sans-pap qui t'explique que lui ça lui importe, même s'il a pas d'illusions sur ce que sont les socialistes, d'avoir plus ou moins de chances de se faire interner dans des camps de rétention inhumains? Après, d'autres disent qu'en mettant  le PS au pouvoir, au moins ce sera une bonne fois pour toutes clair qu'ils ne peuvent pas se dire de gauche. Moi jdis bof sur cet argument, puisque Mitterand est déjà un de ceux qui a le pluss privatisé et ça empêche pas les MJS d'avoir les larmes aux yeux devant une Royal blairiste. Enfin, jsuis d'accord avec ta conclusion, quoiqu'il en soit on est dans la merde, mais voyons le côté positif: quoiqu'il en soit on se battra. :)
 

 
Je suis d'accord, notamment sur la diffusion des relations de pouvoir aboutissant à l'ordre social.  Je ne crois pas en la revolution, mais je l'espere, et pas comme un simple coup d'etat mené par le peuple. C'est le monde qui doit etre renversé, pas le président.  Le pouvoir se renforce en s'atomisant. Le controle de l'organisation de nos vies est reproduit dans de multiples relations de pouvoir, et une resistance diffuse et constante est d'autant plus difficile a mettre en place. D'autant plus qu'une resistance partielle suffit souvent a rejeter l'individu à la marge de la société. Ce qui signifie, et il est pas difficile a le constater dans les faits, que se trouver en marge de la société ne signifie plus se trouver en dehors de la société. Je suis pas sur, mais peut etre que foucault, justement, a expliqué ca mieux que moi en parlant de biopouvoir. Le controle social ne prend plus essentiellement la forme de la punition, qui connaissait des limites physiques importantes.  Accessoirement, une resistance efficace contre ce controle n'est plus automatiquement une atteinte à son integrité. Echapper à une punition suffisait a remettre en cause l'autorité du pouvoir, et donc le pouvoir lui meme. Echapper aux rapports sociaux "normaux" n'est pas une attaque contre la normalité.  Pour avoir un mouvement révolutionnaire, c'est a dire un mouvement qui ne s'accommode pas de l'ordre autour, il faudra aller plus loin que la resistance. Il faut que des individus anciennement normaux vivent des circonstances anormales. Dans les remous d'une mobilisation, par exemple.    Le pouvoir de mon message precedent, c'etait effectivement une façon rapide de parler des institutions de l'etat. Bien sur, il n'est pas acceptable, mais en ecrivant que rien ne l'est je pensais plutot aux rapports "democratiques" avec lui, qui sont en definitive sa seule réalité. C'est un vieux slogan : "On ne revendiquera rien. On ne demandera rien. On prendra. On occupera."    >Mais je voudrais poser la question: crois-tu vraiment que le pouvoir >étatique aux mains de Sarko ou de Marie-Ségo soit la même chose ?  Objectivement, la premiere eventualité est pire. Mais je n'ai objectivement rien a perdre, et donc je me permet de juger subjectivement: l'horreur que m'inspire chacune des possibilités n'est pas comparable.  Je ne choisirais pas, car de toutes façons mon choix n'aura pas d'influence sur le resultat. Ca m'arrange, d'ailleurs. Mais si ce n'etait pas le cas, je pense que j'opterais pour la politique du pire.  J'ai parfaitement conscience que si moi je n'ai rien à perdre, ce n'est pas le cas pour d'autres, sans papiers ou jeunes de banlieue. Je pourrais me justifier en disant que les sans papiers ne pourraient gagner qu'un sursis, et qu'il n'est pas dit qu'un jour prochain la situation deviennent suffisamment favorable pour regler le probleme qu'on nos dirigeant avec eux sans risque, ou en pretendant que je suis moi meme un jeune de banlieue. Mais pour etre honnete, le fait est que je m'en fous.  Je ne suis pas pret a me sacrifier pour quelqu'un d'autre.  Et si un sans papier me dit tout ca, je ne sais pas trop ce que je repondrais. Probablement rien. Mais si il finit sa phrase par charter, je lui dirais que c'est la faute à voltaire, c'est la verité.    Demontrer par le fait que le PS n'est pas un parti de gauche ? Bof aussi. "L'operation a réussi, mais le malade est mort". Je ne sais pas qui tirera satisfaction d'avoir eu raison dans ce genre de circonstances. 
 




(Bon les autres dites-le si on vous emmerde) Sur la lecture du pouvoir jpense qu'on a bien la même, et qu'on s'est trouvé un pote dans Foucault (même si, soit dit en passant, Michou a toujours été pro-israélien et a refusé tout soutien aux PalestinienNEs, si si jvous jure j'ai découvert ça dans sa bio). Jpense que t'as bien formulé sa pensée quand tu dis que maintenant se trouver en marge de la société ce n'est pas en être exclu, et c'est tout l'art du pouvoir d'organiser un milieu homogène fermé de "marginaux", notamment par la prison, à l'intérieur de la société. Ensuite entièrement d'accord avec le fait que les mobilisations permettent de vivre des situations nouvelles et "anormales", c'est d'ailleurs là tout leur intérêt. Rappelez vous tous: n'est-ce pas pendant la mobilisation qu'il a été courant d'aborder n'importe qui en manif, ou dans l'iep, pour demander des infos, s'organiser... Les mobilisations rapprochent! C'est ce que dit Bourdieu dans son concept de "crise" qui ouvre des possibles. (Bon après on arrête (enfin je) avec les auteurs empoussiérés.) Idem jpense que l'émeute suscite des situations inhabituelles et faut pas négliger l'impact psychologique que ça a : voir cramer un Mc Do brise notamment la relation sacralisée à la propriété. Je vois aussi une dimension poético-ludique dans l'émeute qui m'émeut :). Pareil pour les tags, j'adore!, voir par exemple marqué pendant le mouvement "certains naissent dans les choux, d'autres dans la merde" ou encore "nous sommes l'inaccompli de 68" réchauffe mon ptit coeur. Et plein de gens ont du se dire "Ah tiens c'est vrai, on peut écrire aussi sur les murs blancs, c'est rigolo!". Bon sur la citation des 68ards (On ne revendiquera rien. On ne demandera rien. on prendra, on occupera), moi jveux bien mais pour ça faut attendre un mouvement et un moment jpense. Donc tu peux ne pas voter, seulement si pendant que nous on se rend dans les urinoirs, toi tu prends et occupes. :) Et puis merde ya des gens qui se sont battus pour qu'on ait le droit de vote!!! MDR ok j'arrête, nan nan c'était juste une blague !! Donc évidemment on est pas là pour quémander des miettes, mais en ne faisant rien du tout on s'attaque pas au gateau non plus. Les charters décolleront encore (un peu moins) sous Royal, et les banlieues seront pas (beaucoup) mieux loties. Mais mais, ce sera un peu moins pire (je sais c'est gerbax comme raisonnement) et tu le reconnais. Donc tu t'en fous. Là ça te regarde, mais tu veux donc faire un mouvement émeutier juste pour toi?  Tu dis que tu n'es pas prêt à te "sacrifier" pour qqun d'autre, mais il ne me semble pas que voter soit un sacrifice si grand que ça, t'as qu'à faire une procuration (comme j'ai fait et je crois que je continuerai à le faire même quand je serai là) pour pas avoir la nausée commune aux post-démocrates en milieu de bureau de vote. SI t'as encore mauvaise conscience après, c'est que t'as des problèmes d'égo importants. Maintenant la question se pose en effet, si par le vote on légitime le système, c'est-à-dire si le vote ne sert finalement qu'à tenir en laisse en leur agitant un susucre devant le nez les millions de personnes qui auraient des raisons de se révolter. Jpense que ya de ça, mais en même temps jme sens pas moins radicale dans ma critique du système en ayant voté, jles encule tous autant que si j'avais pas voté (alala si jcommence à reprendre des expressions virilistes à présupposé négatif sur la sodomie on est mal barrés). Ah oui un truc aussi (décidément j'ai du mal à construire ce mail), tu dis que "Echapper aux rapports sociaux "normaux" n'est pas une attaque contre la normalité. " mais quand jtutoie un prof, quand jréponds gentiment à un Black qui veut me draguer la nuit dans la rue et qu'on se met à parler de la police, quand jdis à des gens que jconnais pas dans le tram qu'ici ça sert à rien de payer les tickets puisqu'il n'y a JAMAIS de contrôle dans les tram, j'ai l'impression de l'attaquer la normalité, et de déplacer le regard de ces personnes sur ce qu'est la norme. Moi jcrois beaucoup à ça, même si tu me diras, on a le temps avant d'arriver comme ça à une situation révolutionnaire. Poil à Baader.




 
Sur tout ce que t'ecris sur l'emeute et le reste, je n'ai qu'une chose a repondre : \o/    Pour ce qui est de prendre et d'occuper, je pense qu'on peut appliquer ca a plusieurs niveaux. Dans nos (?) solitudes habituelles, il est difficile de faire plus que voler les grands magasins et ecrire sur les murs. Un mouvement nous donne plus de possibilités.  Mais bon, c'est un slogan. Qui est d'ailleurs lui meme au futur. Ca sert principalement a se rappeller qu'il n'est jamais temps de mettre nos desirs au second plan face aux offres de nos adversaires, et qu'on ne doit plus jamais se satisfaire de ce qui nous a été accordé. Comme par exemple la possibilité d'attenuer nos souffrances et nos frustrations sous une présidence PS.  En attendant d'etre irresistibles, on ne prend que ce qu'on peut, c'est triste mais je le reconnais.    Voter n'a pas d'importance, ce n'est donc pas un sacrifice, c'est vrai. Je voulais juste considerer un instant que le resultat de cette election ne dependait plus que de moi. Car soit mon vote n'a aucune importance, et dans ce cas la j'aurais surement mieux a faire ce dimanche la, soit il en a une, et vu que le resultat est binaire son importance est absolument determinante.  Le suffrage universel n'a pas grand chose à voir avec le vote d'une personne, il faut un phenomene de masse pour lui donner un sens. Le suffrage universel légitime le systeme, car des millions de personnes en ont decidé ainsi. Par contre, c'est a toi de decider de la signification de ton vote, et de qui tu sodomises.  Bref, le vote n'est pas un probleme, le suffrage universel sera un mauvais souvenir, et les emeutes sont un plaisir pour chacun, mais pas juste pour chacun.    Les rapports anormaux, oh oui ! Pour l'instant, c'est la seule façon de rendre le monde supportable. Mais bientot (ne pas oublier : le grand soir c'est demain), ce sera le point de départ pour l'attaque contre la normalité. En fait, chaque rapport humain non conventionnel est une attaque contre la normalité des individus impliqués dans le rapport. Mais chaque rapport humain conventionnel est une attaque contre l'anormalité. Ce qui aboutirait a la fin de l'anormalité, si la normalité ne revelait pas elle meme la nécessité de sa destruction.  Nous sommes dans l'anormalité (certains plus que d'autres, remarque, et je ne parle pas pour moi), mais nous y avons été rarement été entrainés par un-e autre anormal-e, nous y avons été poussés par les gens normaux. C'est ce qui permet de distinguer une situation de marginalité d'une situation pre-revolutionnaire.   

rasko le nikoff 25/04/2007 22:53

"on va le saigner ce fumier"

athanor 25/04/2007 22:29

"On peut cracher sur l'élection, c'est clair, mais on peut pas ne pas voir ses conséquences directes."Je crois qu'il s'agit pas vraiment de ça dans ce que dit Gauthier! Enfin tout le monde en a déjà beaucoup parlé alors inutile d'en rajouter....Moi je dis que de toute façon ça fait du bien que l'abstention retrouve un peu de visibilité sur dissidence. Je trouve ça bien qu'il ait fait un message peut-être plus compréhensible que le dernier.. C'est dans la multiplicité des voix qu'on trouve la sienne et l'abstention n'est pas une aphasie!!bisous :)

Rafi 25/04/2007 20:08

Bon c'est un peu frustrant parce que je pressens encore le dialogue de sourds. On connait chacun les arguments de l'autre. donc pour la forme.
Je crois qu'il faut toujours penser son action dans un contexte. Faire d'un principe un impératif, c'est se condamner à l'autisme. il faut toujours être en tension ou, pour parler comme Marie-Ségolène Royal, "être en dialogue" avec ce qui est autour.
Cette fois-ci, quel est le contexte? Premièrement, une participation électorale estimée à 80%, soit un score jamais vu depuis  1965. Dans une telle situation, comment veux-tu que l'abstentionnisme représente une alternative audible et crédible? Alors il s'agit pas de dire "le troupeau troupeaune, donc troupeaunons avec eux".
Il s'agit de rechercher les outils à disposition pour faire évoluer la situation dans un meilleur sens. L'abstention n'en est pas un dans un contexte de crystallisation des opinions, parce qu'elle n'a aucune chance d'être entendue.
Ensuite, s'il n'a aucune chance d'être entendu, c'est parce que -et c'est un fait- la situation est très particulière, car Sarkozy est plus dangereux que Chirac, à des millions d'égards.
Moi c'est vrai, perso je m'en fous car les conséquences concrètes de sa consécration sur mon petit quotidien seront pas gigantesques. À vrai dire, moi ça m'excite plus qu'autre chose de voir ce fils de pute ramner sa sale fouine cinq longues nouvelles années, parce qu'effectivement POUR MOI ça sera synonyme de luttes, et moi j'aime bien ça.
En revanche, c'est pas du tout le cas pour ceux dont le sort va dépendre de ces luttes. Et ça, on peut pas faire l'impasse dessus mec. On peut se permettre le luxe d'avoir des positions radicales jusqu'à temps que ça n'altère pas trop gravement l'existence d'autres que soi. Tout réside dans le "trop gravement", où est ce k'il commence , ou est ce k'il s'arrête. C'est souvent chaud à trancher, mais là pour une fois, je trouve pas. A court terme, c'est tous les pauvres, tous étrangers, tous les dominés qui vont souffrir plus que de coutume. A long terme, c'est 60 millions d'individus qui vont incorporer peu à peu un discours incroyablement réactionnaire qui a la`prétention de s'ériger en normalité.
On peut cracher sur l'élection, c'est clair, mais on peut pas ne pas voir ses conséquences directes.
Face à ça, je trouve pas du tout que "Je suis bourgeois et je l'assume" soit une réponse satisfaisante.